Villefranche sur Mer


Ah Je ne sais donc plus si tes deux ports réveillent
Aux pierres des remparts des marins sans sommeil
Mourant avec la vague au creux de ton berceau
Nagent les galets d'or comme toi c'est si beau

Ah Je ne sais donc plus si tu pêches encore
Toi qui de loin en loin te matine à bâbord
A peine débarqué comme un ange à Marseille
On dirait tes filets vivant avec tes peï

Ah Je ne sais donc plus si ma maison s'exile
Le long de cette route au parfum de l'avril
Tes maisonnettes d'ocre autour de cette croix
Souvenirs de la mer qui regarde par foi

Ah Je ne sais donc plus mon chemin de la Ronde
Où je rêvais ta mer dans le fond de ses ondes
Cette place de Paix dont j'attends le tabac
Où se jouait la vie et ses tristes états

Ah Je ne sais donc plus si ta rue de l'Obscur
Me cache quelque chose ô galère future
Tes placards amassant rouillés ces fers et chaînes
Ces canons désespoirs sur le port qui s'enchaînent

Ah Je ne sais donc plus si l'eau de tes baigneurs
Dans la vague et dans l'algue est nourrie de pudeur
La Rade de tes yeux tu la tournais à l'Est
La falaise Ligure a du filet ton lest

Ah Je ne sais donc plus si à ton clocher l'heure
Sonne toujours la veille aux poissons dans le cœur
Et si dans cette Ecole où s'en va ta jeunesse
Mes billes et Amis roulent des yeux d'ivresse

Ah Je ne sais donc plus si sur ton carrefour
Où j'Octroyais mon sel tu danseras toujours
Tes remparts je les vois d'un bout de l'horizon
Quand j'arrime parfois tes quais et tes prisons

Ah Je ne sais donc plus si ton silence rêve
Quand s'éveille l'azur dans l'oiseau et la sève
Si les bateaux cordés veillent sur ton histoire
Citadelle du cœur et jalouse d'espoirs
Ah Je ne sais donc plus si ton cap de Saint-Jean
Protège plus que la Chapelle tes enfants
Ton phare éclaire encor tes bateaux dans la brume
Dans ce petit matin quand ton moteur s'allume
 
Bernard Flucha
 
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