Fleur d'étranger


J'habite le village en lacets de ma mémoire
les rideaux tirés sur mes fenêtres
l'antre melliflue d'un corps à portée d'odeur profonde

J'habite la levée d'un voile
qu'une main buissonnière me tend au-delà de ses ponts

J'habite le coeur au vagabond de quelques traits humides
le reflet alizé d'un souffle de bitume
une arche
un instantané de porte

J'habite une photographie du puzzle de mes saisons
une étoile rouge nimbée de rais et de lumière naine
une embrasure de feu

J'habite un instant de pluie

J'habite le village enlacé de ta mémoire
 
 
Bernard Flucha
 
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