|
Les
portes de Steam Park se referment, une légère
brume envahit les lieux. Et au loin, une bande de garnements
venue soffrir un dernier tour de manège.
Surprenant, speedé et dénué de bulles.

Le
sourire béat, les yeux écarquillés,
la petite goutte de sueur au front, les cinq gamins hésitent
une dernière fois avant de sengouffrer dans
le train fantôme, attraction terrifiante pour minots
en mal de sensations. Lil mi-enjôleur,
mi-balafré, le caissier a la gueule de lemploi.
Le petit train sélance à grande vitesse.
Dabord folle de joie, la fine équipe déchante
très vite. Les wagons se détachent. La terreur
devient réelle. Dans la salle des machines, logre
se gargarise. Ses proies prises au piège, il va
pouvoir samuser à son tour. Mais alors quil
stoppe le train fantôme, un court-circuit vient
bouleverser le cours du drame. Les pensionnaires des lieux
prennent vie, comme cette citrouille volante aux yeux
globuleux, et sallient pour prêter main forte
aux enfants. Mais rien ne sera possible sans laide
précieuse du vieux clown paumé, gorgé
dalcool.
Steam
Park est en tout point mystérieux. A limage
de ce dirigeable qui survole le parc dattraction,
la première collaboration des italiens Filippo
Neri et son prof de BD, Piero Ruggeri flotte
dans le brouillard. Ce même dirigeable qui nous
souffle un indice dès les premières images,
sur la toile du ballon, cette inscription : « Dream
tour ». Il sagirait donc bien dun rêve
épique conté en BD, ce qui expliquerait
le silence intégral, quasi antinomique avec la
peur justifiée des enfants. Filippo, chimiste
de métier, et Ruggeri, lui est architecte
( ! ! !), bâtissent une fable fantastique au découpage
ultra dynamique aux larges et hautes cases proches par
moment de lillustration. Le dessin, aux tons pastels,
est tout en rondeur, presque en relief. Steam Park
se lit à toute allure et laisse une impression
grisante une fois la morale finale venue.

par
Nicolas Fréret
|