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"A
quoi tu penses?"

Une histoire, deux meurtres, trois récits.
Une manipulation, deux victimes, trois regards.
Un polar dont tous les protagonistes, qu'ils soient victime ou coupable,
entremêlent leurs visions du drame, une technique déroutante de scénario
qui parvient à rendre chacun des personnages profondément attachant.

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Martin
est beau, fort et musclé. Mais pas trop fut-fut. Un peu simple, quoi.
Faut dire qu'il a pas eu une enfance très heureuse. Envoyé à
l'Assistance Publique à huit ans par sa mère, parce qu'il encombrait son
nouveau mec. Depuis, il n'a pas arrêté de se faire la malle. Jusqu'à ce
qu'il rencontre Audrey.
Audrey,
elle n'a pas eu une vie plus heureuse. Elle a même passé quelques jeunes
années en prison. Sortie pour être "réinsérée" dans des
boulots minables. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Martin et qu'elle trouve
des idées pour, à deux, sortir du merdier.
En
commençant par braquer des bourgeois. Puis, en utilisant les avantages
que la nature a légués à Martin pour séduire de riches vieilles et
leur extorquer quelques briques une fois qu'elles sont bien
"accros". C'est comme ça qu'il lève Karina, sur la plage, et
qu'il entame une double-vie, dont Audrey tient les rènes.
Enfin,
au début. Car, accro elle aussi à Martin, elle commence à trouver saumâtre
qu'il passe autant de temps à baiser la vieille, ne lui laissant que les
miettes. Et finit par ne plus rien supporter. A se gaver de
tranquillisants. Martin, de bonne volonté, a du mal à suivre, entre les
exigences des deux femmes. Aussi, quand Karina lui demande de choisir
entre elles deux, de "trancher", il la prend au mot. Martin
n'est pas très fut-fut et il tranche vraiment. Ce n'est pas tout à fait
ce qu'elle voulait dire. Mais elle n'aura pas le temps, vraiment, de le
regretter. Quand on est mort, on n'a plus de regrets.
Un
petit bijou de scénario, dont chacun des protagonistes raconte les différentes
étapes, de son propre point de vue, à la première personne. Déroutant
au début, ce procédé de narration permet de rentrer dans la peau des
personnages et de bien ressentir la manière dont ils ont vécu le drame.
Les textes, ciselés, font le reste: on reste accroché jusqu'à la
succession de dénouements, tous inattendus.
Patrick Albray |