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Mon cher neveu, commençons notre balade d'aujourd'hui par quelques
mots sur la forteresse de la Bastille. D'abord une première précision,
la place de la Bastille telle que nous la voyons aujourd'hui n'est
pas située sur l'emplacement exact de la prison...
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Pourtant, j'aurais juré, mon oncle !
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Eh bien non, vois-tu ! D'après ce que j'ai appris dans les livres
d'histoire, la forteresse de la Bastille
était un énorme complexe militaire comprenant la prison
bien sûr, mais aussi des bastions, des portes fortifiées, des
courtines et des fossés raccordés à l'enceinte de Philippe Auguste
et qui était située plus vers l'autre côté de la place, vers la
rue saint-Antoine et le boulevard Henri IV...
On peut découvrir le tracé
de la forteresse par un pavage rue Saint-Antoine, place de la
Bastille et boulevard Henri IV. Cette prison avait 66 m de long
et 30 m de large. Les huit tours avaient moins de 24 m de haut,
un diamètre extérieur de 11,3 m, une épaisseur de 2 m. Ces tours
faisaient une saillie de 6 m environ. Chacune de ces tours avaient
un nom : tour du "Coin", tour du "Puits",
de la "Comté", de la "Bazinière" etc. Ces
tours servaient de prisons : les cachots en bas, les prisons au-dessus.
Ces cachots étaient situés à 1,50m au-dessus
du niveau du fossé avec pour seul ouverture une mince fente donnant
sur le fossé avec l'eau qui suintait, ce qui entretenait une humidité
malsaine avec rats, crapauds et araignées. Dans l'épaisseur de
ces huit tours existaient des escaliers à vis afin de desservir
les différents étages. Le fossé qui ceinturait la forteresse était
profond de 8 m et large de 24 m. Il fut alimenté en eau de la
Seine jusqu'en 1650 et ensuite asséché. Il n'y eut alors plus
qu'un mince ruisseau (sauf les jours de crue) au fond du fossé.
Cet état améliora considérablement les conditions d'hygiène des
prisonniers.

La
construction de la forteresse remonte à Etienne Marcel, prévôt des marchands en 1356, qui fit commencer sa construction,
à la hâte, pendant la captivité en Angleterre du roi Jean le Bon.
Son but était de mettre à l'abri des Anglais les quartiers de
Paris qui s'étaient développés hors de l'enceinte de Philippe
Auguste. Après l'assassinat d'Etienne Marcel, le roi Charles V
reprit possession de la capitale et il confia à Hugues Aubriot
le soin d'agrandir les premières constructions et fit de la forteresse
un château-fort, d'abord à quatre tours d'angles et à deux portes.
Puis dès 1370, occupant tous les oisifs de la capitale, il doubla
le nombre de tours avec quatre autres tours et entoura le tout
d'un fossé, "aussi large que profond" qui fut alimenté
par la Seine. On peut voir aujourd'hui, à la station "Bastille",
ligne n°5 du métro, un
vestige de la contrescarpe du fossé oriental de la forteresse.
La fin des travaux eut lieu en1382, au début du règne de Charles
VI. Sous Henri II, on renforça la défense extérieure en construisant
de 1557 à 1559, quelques bastions, dont un devant la Bastille.
Pour
entrer à la Bastille, on s'engageait à droite
de la rue Saint-Antoine.
La formation de cette
place date de 1792, c'est à dire juste après la démolition de
la forteresse au lendemain du 14 juillet 1789.
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Au cours des prochaines balades nous continuerons à parler de
la forteresse, car il y a beaucoup de choses à raconter. Engageons-nous
maintenant dans la Rue du Faubourg Saint-Antoine...
Ce
fut au départ une voie romaine qui conduisait jusqu'à Meaux. Sa
situation sur la route menant à Vincennes en fit un lieu privilégié
pour les cortèges princiers et royaux. En 1239, c'est Saint-Louis
revenant des Croisades et portant la Sainte épine ; le 2 décembre
1240, entrée, dans Paris de la reine de France, Isabeau de Bavière ;
le 31 décembre 1536, entrée de Jacques V d’Écosse, allié de François
1er contre Charles-Quint ; le 1er janvier
1540, Charles Quint lui-même passant par Paris pour aller réduire
la révolte de Gand ; le 14 septembre 1573, le duc d’Anjou,
frère de Charles IX, arrive de l’abbaye St-Antoine où il vient
d’accepter la couronne de Pologne ; le 6 décembre 1656, la
reine Christine de Suède vient en voyage d’agrément ; le
26 août 1660 c'est l’entrée de Louis XIV et de sa jeune femme,
Marie-Thérèse, infante d’Espagne, épousée le 9 juin à St-Jean-de-Luz.
Tu vois, mon neveu, que ce n'est pas l'Histoire qui fait défaut
dans ce quartier !
Quelque
chose de plus prosaïque : un phénomène constant de la rue du Fg
St-Antoine, c' est la perpétuation à travers
les siècles, des sorciers-guérisseurs. On dit même, qu'actuellement,
autour de l’hôpital Saint-Antoine, de nombreux cafés abritent
des rebouteux de père en fils, très prisés encore en 2002...Curieux,
non !
Pendant
longtemps, le faubourg Saint-Antoine est resté en dehors des circuits
touristiques.
C’est
au cours du XIXe siècle, à l’époque de la révolution industrielle,
puis de l’urbanisme du Second Empire que le quartier devint une
petite ville grouillante, où un peuple besogneux se regroupe autour
de métiers bien spécifiques. Mais depuis quelques années, - au
moment de la construction du nouvel Opéra - ce quartier a bénéficié
d'une mutation profonde avec une vague d’habitants "branchés",
comme on dit et petit à petit, les anciennes fabriques se sont
transformées en "loft" et les ateliers ou entrepôt ont
accueillis architectes, photographes, agences de pub ou galerie
d’art. Ainsi le milieu social a été radicalement modifié.
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Et avant cela, quelle fut l'histoire du faubourg Saint-Antoine
?
L’abbaye
royale de Saint-Antoine, fondée en 1198, donne son nom au Faubourg.
Cette abbaye possède un
immense territoire, c’est le couvent le plus riche après celui
de Montmartre. La présence de cette abbaye va permettre au quartier
de se développer pour deux raisons : D'abord, l’abbaye bénéficie
des faveurs de rois de France et, ensuite, les religieuses défendent
les privilèges accordés aux gens qui s’installent sur leur territoire
en baillant des terrains à construire et en organisant le ravitaillement
du Faubourg.
Dès
1471, le roi Louis XI accorde des franchises aux personnes des
deux sexes, de toutes professions et métiers et de toutes nations
travaillant sous le patronage de l’abbaye. Édit qui sera renouvelé
par Colbert en 1657 avec la proclamation de la liberté du travail
dans le faubourg et l’exemption pour les artisans des réglementations
corporatives. Cette décision permet aux artisans ébénistes de
laisser libre cours à leur imagination créative comme l'application
des bois des îles, l'incrustation d’écailles ou encore le placage
de noyer, cèdre, ébène ou tout autre bois. Ici ont lieu les premières
décoration en bronze et les imitations des meubles de Chine. Ailleurs,
les artisans subissent le joug des corporations
qui leur impose un droit de visite pour contrôler la qualité des
ouvrages et la saisie de ceux jugés mauvais ; interdiction
de livrer des ouvrages dans Paris, ce qui constitue une entrave
au commerce, obligation de perpétuer les modèles et les techniques
enseignées et codifiées... Interdiction de travailler la nuit,
car cela aurait pu permettre des malfaçons !
Quand
la Révolution supprime le monopole corporatif, la libre entreprise
se développe. Les activités du faubourg sont principalement dans
l’ameublement et la métallurgie. L’ameublement se concentre autour
du Faubourg St-Antoine et de la rue de Charonne. La métallurgie
autour de la rue Popincourt et de la rue de Lappe. Mais on trouve
aussi des activités concernant le verre, de faïence et le papier
peint. Par manque de place, les activités se sont développées
au fond des cours auxquelles on accède par des passages ouvrant
encore sur un lacis de ruelles. Véritables labyrinthes qui relient
le Faubourg aux rues avoisinantes. Le savoir se transmet de père
en fils. Mais aujourd'hui la fabrication industrielle a tué l’artisanat
qui a beaucoup souffert d’un manque de revalorisation.
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Cela, mon oncle, c'est le côté disons industriel du quartier,
mais il y a aussi le côté révolté, prêt à dresser les barricades
à la première escarmouche...
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Ah ! Nous y voilà, tu penses au côté historique, célébré par tant
de films. En effet, la rue du fg St-Antoine de la Bastille à la
Nation est le centre d’un quartier populaire qui, au XIXe siècle
est à l’avant-garde de toutes les révoltes. Le grand nombre d’ouvriers
et le milieu social qu’elle regroupe favorisent les soulèvements
populaires, les émeutes, les barricades : Sous la Fronde,
le 2 juillet 1652, ce faubourg fut le théâtre d’un combat entre
les troupes du roi et celles de Condé. En 1789, le 27 avril, huit
jours avant l’ouverture des États Généraux, le pillage et l’incendie
de la fameuse manufacture de papiers peints Réveillon ; en 1830,
pendant les Trois Glorieuses, le Faubourg est envahi par les barricades ;
en 1848, les combats y sont particulièrement violents ; en
1851 contre le coup d’Etat du Prince président, pendant la Commune
également... Une petite chose à préciser et qui a son importance,
cette rue, longue de 1810 m a une largeur qui varie de 17 à 30
m, ce qui explique la facilité avec laquelle on pouvait bloquer
la rue avec une simple barricade constituée de pavés et de charrettes
renversées. Malheureusement ou heureusement, comme tu peux le
voir, ce quartier a perdu aujourd’hui son cachet populaire...
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Je préfère dire heureusement !
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Les premiers numéros de la rue ne sont pas marqués. A notre gauche,
au tout début, c'est sensé être le n° 1.
C'était la maison où Fieschi prépara, dans l’arrière-boutique
d’un de ses complices, l’épicier-marchand de couleur, son complot
contre Louis-Philippe en juillet 1835 devant le 44 du boulevard
du Temple.
Sur
le trottoir de droite, aux numéros pairs, approximativement devant
le n° 4 fut blessé mortellement le 25 juin 1848,
Mgr Denis Affre (1793-1848), archevêque de Paris depuis
huit ans. Lors de l’insurrection de juin 1848, comme il désirait
arrêter l’effusion de sang, il se rendit à 16 heures devant la
barricade dressée ici dans le but de s’interposer entre les troupes
et les insurgés. Vêtu de l’étole, la croix sur la poitrine, escorté
de deux vicaires généraux, précédé d’un homme en blouse portant
une branche verte à la main. Il demanda aux troupes régulières
de cesser le feu, ce qu’il obtint. Il se rendit alors près de
la barricade lire aux insurgés une proclamation du général Cavaignac
et les adjura de cesser de tirer, lorsqu’une balle, partie d’une
fenêtre, lui brisa les reins. "Une balle perdue", selon
les militaires. Il expira le 27 juin, deux jours après, au 51
de la rue St-Louis en l’Ile à l’Hôtel de Chenizot. Ces événements ont été décrits dans Les Misérables de Victor Hugo.
Ses dernières paroles furent : "Que
mon sang soit le dernier versé !" Les barricades de juin 1848 prirent naissance le 22 juin, à la parution
du Moniteur qui, dans
un bref article, annonçait la suppression des Ateliers nationaux
et l’obligation pour tous les jeunes ouvriers de 18 à 25 ans de
s’engager dans l’armée. Ce fut le signal de l’insurrection. Le
lendemain 23, près de
400 barricades se dressent dans Paris, - dont 65 dans le Faubourg
St-Antoine - les manifestants réclamant le rétablissement des
Ateliers nationaux. Le 24, le général
Cavaignac est investit par l’Assemblée des pleins pouvoirs
pour rétablir l’ordre. La répression militaire sera violente.
Le 25 juin, 40 000 insurgés tiennent différents quartiers de Paris.
L’assaut est donné sans résultat probant. L’archevêque de Paris,
Mgr Affre est tué en tentant de s’interposer entre les combattants.
Le lendemain, un nouvel assaut avec des renforts de troupes
aboutira au prix d’une véritable boucherie, plusieurs milliers
de morts dans les deux camps. 1500 fusillés, 25000 arrestations,
4000 déportation en Algérie et de nombreuses condamnations aux
travaux forcés. Le 26 juin, c'est le général Lamoricière à 10
h du matin, qui fera tomber la barricade de la rue du Faubourg
Saint-Antoine.
Les Ateliers nationaux avaient été créés le 27 février
1848 pour employer les chômeurs dans de grands travaux financés
par l’Etat. À mi-juin, ils sont plus de 25 000 ouvriers dans les
Ateliers, mais le travail et surtout le financement manquent.
Contraints à l’oisiveté, les ouvriers se réunissent pour parler
politique et réclamer du vrai travail.
Au
n° 16 et 18 : Cartouches sculptés au-dessus des hautes fenêtres cintrées
de belles ferronneries qui entrelacent leurs courbes avec une
grâce toute Louis-quinzième.
Au n° 25 : Une architecture
de fer et de verre, (restaurée depuis peu), à la gloire de la
civilisation industrielle : des colonnettes en fonte aux
chapiteaux ouvragés sertissent les baies qui laissent pénétrer
la lumière dans ces anciens magasins-ateliers.
Au
n° 30 : magasin
J-P
Gaultier. Céramique "façon métro" aux murs et
plafond étoilé sur un sol de mosaïque et d’écrans vidéo. Photo.
Au
n° 38 : Maison
fondée en 1805-1810.
Au n° 46 : Restaurant
sur trois étages qui vient d’ouvrir dans l’immeuble Gouffé qui
est une ancienne manufacture classée Monument Historique. Attraction
spectaculaire : l’escalier classé. C'est l'archétype de la
nouvelle tendance du faubourg : le Barrio
Latino, bar à la mode installé dans l’immeuble Gouffé grâce
aux architectes des Bâtiments de France ce qui a permis de redonner
à l'ensemble son éclat d'origine. Photo.
Au
n° 50 : Passage
de la Boule Blanche
Cette
rue a été percée au travers d’une maison à l’enseigne de la Boule-Blanche.
En 1700, le roi Louis XIV voulut le percement d’une rue entre
les ateliers de la rue du Faubourg St-Antoine et ceux de la rue
de Charenton afin de les relier directement. Au fil des années
le passage sera investit par des ébéniste de renommée. Actuellement,
à-côté des artisans on peut voir d’autres activités, par exemple,
au n° 9, la revue "Les cahiers du Cinéma" sous une verrière croulante de verdure
qui évoque les noms de Truffaud, Chabrol, Godard...
Toujours à ce n° 9 : Lacenaire commit à cet endroit, en 1829, l’un de ses crimes. Après
avoir tué en duel le neveu de Benjamin Constant, il s’était réfugié
dans le milieu des assassins et des voleurs ; devenu chef
de bande, il se spécialisa dans l’assassinat des garçons de recette.
Il devait être arrêté avec deux de ses complices en novembre 1835
et décapité le 19 janvier suivant. Revoir le film avec Daniel
Auteuil !
Au n° 56 :
Cour du
bel-Air. Incontournable, la librairie
"L’Arbre
à Lettres" dont l’entrée donne sur le faubourg au
n° 62. Dans une de ces maisons, magnifique escalier en bois, dit
des "Mousquetaires Noirs". Une des plus séduisantes cour du faubourg.
Bien rénovée, plantée d’arbres, façades recouvertes de vigne vierge.
Photo.
Au n° 61 : Fontaine Trogneux, du nom
du brasseur du faubourg, alimentée par la pompe de Notre-Dame,
puis par la pompe à feu de Chaillot. Elle est l’une des quatre
fontaines qui furent mises en place avant 1724 sur les cinq dont
l’installation avait été envisagée, le 1er juin 1719 pour ce faubourg
entièrement dépourvu d’eau. Elles furent édifiées dans la rue
du Faubourg-Saint-Antoine à l’angle de la rue de Charonne, devant
l’abbaye, au carrefour Charonne-Basfroi et rue de Charenton devant
l’hôtel des Mousquetaires. La cinquième ne fut bâtie qu’en 1779 ;
ce fut la fontaine du marché Beauvau. La fontaine dégradée au
bout d’un siècle, a été reconstruite dans son style primitif en
1807. Pilastres doriques, mascarons en forme de tête de lion d’où
l’eau coulait jadis.
Au
n° 66 : Passage du Chantier, qui fait face à la fontaine. Aspect XIXe siècle. Gros pavés, trottoirs
étroits bordés d’ateliers de polissage et de vernissage, magasins,
vieux entrepôts de meubles. Il débouche au 55 de la rue de Charenton.
Au
n° 68 : Agence Wilmotte. L’ancien
entrepôt de meuble porte la griffe de l’architecte Jean-Michel
Wilmotte : verre transparent, menuiserie de métal noir.
Au
n° 74 : Cour des Bourguignon. Beau
porche avec des sculptures, des médaillons remarquables. Une immense
cheminée en brique se dresse au-dessus d’une verrière. Coup d’oeil
indiscret sur les plaques : un décorateur, un photographe,
des designers, le peintre Yvaral et la porcelaine d’Hermès ont
pris possession des vastes ateliers.
Au
n° 71 : Cour des Shadoks. A voir pour l'étrangeté qui s'en dégage.
Au
n° 75 : Cour de l’Etoile-d’Or. Trois étages de briques. La cour a gardé le petit pavillon de plaisance
qui, au XVIIe siècle, s’élevait entre cour et jardin. On parle,
dans les livres, d'un cadran solaire, gravé sur la façade en 1751,
mais je ne le vois pas...Au XVIIIe siècle, le jardin fut pavé
comme seconde cour, les écuries et les communs transformés en
ateliers et hangars à bois. Le nom de cette cour provient d’une
enseigne A l’Étoile d’Or. Photo.
Au n° 80 : Statue de St-Nicolas dans
sa niche de 1895, à l'angle de la rue Saint-Nicolas. Il veille
sur les passants. Au n° 10
de cette rue, on peut s’aventurer jusqu’au bel hôtel XVIIIe siècle,
fleurs au-dessus de l’entrée.
Au
n° 81- 83 : Cour des Trois-Frères. Elle
est restée très industrieuse.
Au
n° 89 : Cour de la Maison-Brûlée. L’entrée se distingue par trois beaux macarons ; son nom provient
d’un ours sculpté sur la façade du 95 rue de Faubourg-St-Antoine.
Au
n° 95 : Un ours
en relief est sculpté sur la façade.
Au
n° 98 : Au carrefour
de la rue du faubourg-Saint-Antoine et de l’avenue Ledru-Rollin
s’est tenu chaque samedi, en plein air, au XIXe siècle et jusqu’en
1914, un pittoresque marché de meubles, dit "la trôle". Le "trôleur" était l’artisan qui fabriquait
de toutes pièces un meuble qu’il vendait à un commerçant ou directement
au public le samedi ; la fabrication en série a tué le trôle.
On
dit que souvent, il vendait son travail pour seulement un peu
de pain, de soupe et de vin.
Des
n° 106 à 118 comprenant la rue Antoine-Vollon, le square Trousseau, les rues Charles-Baudelaire,
Théophile-Roussel, Emilio-Castelar et de Prague sont, depuis 1904,
sur l’emplacement de l’ancien hospice des Enfants-Trouvés.
Pendant
longtemps, les enfants trouvés dit "exposés" étaient
portés à l’Hôpital de la Trinité. Mais comme l’argent
manquait, les dons rares, et le nombre de ces enfants ne cessait
pas d’augmenter, on décida la construction d’un établissement
dont la reine Marie-Thérèse posa la première pierre en 1674 dans
la rue du faubourg. Le chancelier
d’Aligre, sa femme Élisabeth Luillier et le président
de Bercy donnèrent des sommes considérables pour l’installation
de cet hospice. C’est ici que furent provisoirement inhumés les
restes de la princesse de Lamballe, amie de Marie-Antoinette,
lors des massacres de septembre 1792.
Dans cette pieuse institution les jeunes filles apprenaient la broderie
et la couture et les garçons le tricot jusqu’à l’âge de la première
Communion. Ensuite ils apprenaient un métier. En 1839, les pensionnaires
sont envoyés dans d’autres établissements et l’hospice devient
un hôpital qui s’appelle tour à tour Ste-Marguerite, Ste-Eugénie,
puis Trousseau (du nom d'André Trousseau,
célèbre médecin né en 1801, mort en 1867) avant d’être démoli
en 1902 et reconstruit dans le XIIe arrondissement.
- Avant de quitter cet endroit, allons voir rue Charles Baudelaire, au
n° 24-26bis. La décoration
de la façade rappelle les vers de Verlaine : " Voici
des fruits et des fleurs..." des feuilles d’acanthe, des
chardons ont été sculptés dans la pierre par Georges Ardouin.
Une mosaïque de feuilles de vignes, de grappes de raisins court
à la hauteur des fenêtres du sixième étage. Ces loggias à colonnes
ioniques avec frontons cintré sont grandioses ! Ce bel ensemble
d’immeubles reçut le prix du Concours des façades en 1910.
- La prochaine fois nous continuerons dans ce quartier en
allant vers l'hôpital Saint-Antoine et nous nous arrêterons au
marché d'Aligre et plus loin nous
parlerons
du dernier lavoir municipal de Paris...
Sources :
En plus de mes travaux personnels, des compilations et des repérage de
lieux, j’ai utilisé les
ouvrages suivants : "Dictionnaire historique des rues
de Paris " de Jacques Hillairet. "Le 12e
arrondissement". Collection Paris en 80 quartiers. Mairie
de Paris.