Ohé! les sourds !


Discus: L'atelier d'écriture: Ohé! les sourds !


By Jean (Jean) on lundi 11 mars 2002 - 18h41:

quelques mots sur ces premiers dialogues de sourds… c’est souvent le cas de le dire.
Jean

By Clémençon Jean-Pierre (Jean_Pierre) on lundi 25 février 2002 - 01h08:
Un fragment de dialogue ,déja posté sur le forum mais qui, à mon avis, illustre la proposition......?


Une pièce quelconque sans fenêtre ni le moindre ornement, une table
minuscule, deux chaises métalliques, dans un coin un réchaud à gaz
posé sur un tabouret.
Pour tout éclairage, une ampoule nue pend au plafond.
Georges, la cinquantaine bien tassée, passe l'aspirateur.

Kristel .Trop maquillée, vêtue de noir, entre.

Georges après un moment de surprise et deux ou trois pas désordonnés
éteint l'aspirateur,
va vers elle pour l'embrasser, se ravise, fait un pas en arrière et
allume nerveusement une cigarette.
-Comment m'as-tu retrouvé ?
Kristel -à cause de la sculpture.
G -Mais tu savais bien que je n'habitais plus là.
K -Oui, mais c'est la seule chose dont je me rappelais !
G -Tu ne te souvenais pas de la rue aux loups ? Catherine m'a dit
que tu étais passée la voir..
K ( reste silencieuse. En entrant, elle s'est installée sur une
chaise de cuisine, les pieds sur le siège, les bras autour des jambes
et le menton sur les genoux. Elle n'en bougera pas jusqu'à la fin de
la scène).
K( sortant de sa rêverie) - après, j'ai été chez Yolande, elle m'a
donné ton adresse.
G -Mais pourquoi la sculpture ?
( entrouvre la porte et jette sa cigarette) -Il s'est encore passé
beaucoup de choses depuis.
K -(trop vite) -C'était maman ( après un silence , pour se
rattraper) - c'est toi qui me l'as dit quand j'étais petite.
G ( range l'aspirateur )-Quand ta mère tricotait, ça m'énervait,
(se parlant à lui-même) - toujours les mêmes gestes instinctifs,
le regard dans le vague, elle pensait à autre chose, ( lève les yeux
au plafond) - impossible de savoir à quoi. Elle était encore plus
insaisissable.
( se tournant vers le public) .- La vie est, elle aussi, faite d'une
succession de gestes idiots et, à la fin, on à froid dans le dos;
j'ai trouvé que le tricot c'était la même chose, mais que ça avait
l'avantage de protéger du froid; (s'échauffant)- j'ai modelé la «
tricoteuse » entourée de ruines, de carcasses de voitures, et de
fenêtres prisons. (avec fierté) - Maintenant elle est dans les guides
touristiques.
K-...J'ai faim !
Georges se dirige vers le réchaud ,casse deux oeufs et prépare une
omelette
Ça va ? j'ai que ça
Kristel ne répond pas, dévore le tout trop vite.
G-Tu veux encore quelque chose
K- Non. (après un silence en redressant la tête) -Tu l'aimais ?
G- Aimer quoi ?
K- Maman !
G- On a fait plein de choses ensemble, j'avais besoin d'elle,( se
tourne vers elle) comme j'ai besoin de savoir que tu existe
K- C'est pas ça que je te demande, je te demande si tu l'aimais !
G- Toi, tu n'as besoins de personne, ( insistant) -.de rien ?
K- je ne sais pas, peut-être que si, mais je sais pas de quoi .
G -(en aparté) Pourtant , à la fin , j'avais envie qu'elle meurt, je
ne supportait plus de la voir maigrir, de la voir souffrir.(ironique)
La morphine, c'est de la rigolade ça supprime pas la douleur, ça la
déplace. Les toubib ils soignent pas, ils charcutent, il cherchent,
ils s'en foutent de la tristesse , (criant) ils veulent trouver,
absolument trouver, mais trouver quoi ! La vie éternelle peut-être !
K-(hurlant)Arrête !
G -(calmé) Pourquoi tu n'a pas été la voir à la clinique ?

Janos se lève « Bon on arrête, c'est assez pour aujourd'hui, on
reprendra tout ça demain »
Il se tourne vers moi « qu'est-ce que tu en pense ? »
-« au début ,ça va trop vite, il faut créer une sorte de décalage
entre les personnages ,c'est seulement quand elle dit « j'ai
faim »,que ça doit faire retomber Georges sur terre ; il ne faut pas
être trop explicite ,c'est seulement à la fin de l'acte deux qu'on
commence à démêler tout ça.
L'histoire de l'omelette ça colle pas, il faudra trouver autre
chose. »

--------------------------------------------------


Janos --« Il faudra changer l'éclairage, k est trop « présente »
George parle avec le fantôme de sa fille.
Bon on reprend à......Pourtant, à la fin, j'avais envie qu'elle
meurt, »


.G -Pourtant, à la fin, j'avais envie qu'elle meurt, je ne supportais
plus de la voir maigrir, de la voir souffrir. La morphine, c'est de
la rigolade ça supprime pas la douleur, ça la déplace. Les toubibs
ils soignent pas, ils charcutent, ils cherchent, ils s'en foutent de
la tristesse, ils veulent trouver, absolument trouver, mais trouver
quoi ! La vie éternelle peut-être !
K-(hurlant)Arrête !
G '(calmé) Pourquoi n'as-tu pas été la voir à la clinique ?
K- (absente)J'sais pas. (La tête baissée, elle saisit une mèche de
cheveux qu'elle se met à examiner) je crois que j'avais peur,
(hésitante) tu ne m'as jamais demandé de venir avec toi.
(Redresse la tête) tu n'as pas répondu à ma question.
G- (marche de long en large) Quand elle était triste, quand elle
avait mal, je cherchais des tas de trucs pour qu'elle ait un peu de
bonheur, mais il fallait que je réfléchisse, que je me creuse la tête
(l'éclairage diminue, seul un spot fixé sur George maintenant
immobile l'isole au milieu de la scène) Je ne sais pas si je
l'aimais, mais j'aurais voulu être ce qu'elle aimait
c'était pas possible il fallait raboter le trop, développer
l'atrophié, éliminer l'inacceptable,
on ne se change pas par amour, il fallait peut-être que l'un des deux
disparaisse, mais pas comme ça non de dieu !
Pourquoi elle! Il y a des fois où j'ai pensé qu'il aurait mieux valu
que ce soit moi, tu ne serais peut-être pas devenue pute ! Mais on ne
choisit pas.
(La voix de K, agressive, dans l'ombre) mais, je ne sais pas vivre,
tu ne m'as jamais appris !
G( se parlant à lui-même)-sur terre le but est inconnu seules les
traces sont visibles
Ça doit être pour ça que j'aime la mer, là il n'est pas nécessaire de
plaire, de séduire ou de marchander
en mer, on ne force pas la main du vent, on ne marchande pas les
vagues L'étrave ne fatigue jamais, à chaque vague, elle se lève et
redescend et la trace éphémère du sillage ne laisse aucune blessure
sur l'eau,
Et doucement s'installe l'ordre subtil de l'indispensable, la beauté
se déshabille, quitte ses vêtements de hiérarchie
Si les gens sont malades quand ils partent en mer c'est parce qu'ils
ne veulent pas lâcher les derniers bouts de pouvoir qui leurs collent
encore au ventre, alors il faut qu'ils les vomissent.

jean-pierre

un bon texte JP sur le fond et l’idée… mais ceux-là s’entendent encore assez bien, je veux dire que leur latitude respective ne sont pas si éloignées notamment dans toute la 2eme partie :pour l’auditeur qui les écoute ils parlent de la même chose, même quand ils parlent d’eux-mêmes… entre eux-mêmes.
écris-tu pour le théâtre ?
Amitiés,
JB


By Yves_V (Yves_V) on lundi 25 février 2002 - 14h44:
A ) Bonjour, je suis bien rue des carpes
B ) Non, vous êtes une rue plus loin
A ) Mais comment pouvez-vous dire que je suis plus loin, vous venez de sortir de cet immeuble et ne savez donc pas d'où je viens. Je pourrais être une rue avant.
B ) Ce que j'en dis, c'est pour votre bien !
Un agent de police : C ) Vous avez des ennuis, Monsieur B ?
B ) C'est cette personne qui me demande où se trouve la rue des carpes et quand je la renseigne, elle s'offusque.
C (à A) ) Vos papiers.
A ) Je les ais oubliés.
C ) Suivez-moi au poste !

Au poste de police ......
L'agent rend compte à son supérieur ) Nous avons trouvé ce Monsieur rue d''une rue plus loin'
A ) Ah ! c'est pour ça !

Fin

salut Yves,
là nous sommes plutôt dans le quiproquo, non ? le « malaise » de l’absurde ?



By Antonella (Antonella) on lundi 25 février 2002 - 18h51:
Bonjour Jean, et merci pour ce nouveau sujet..Voici (voilà?) une tentative de dialogue..j'espère avoir suivi la consigne. Enfin, je te fais confiance, si ce n'est pas le cas, tu ne me l'enverras pas dire :o)) Salutations à toi..


- Passe-moi le pain, mon chéri, s'il te plaît.

- J'ai pas faim.

- ça manque un peu de sel, aussi, tu trouves pas?

- J'mange rien, ces derniers temps. Ya rien qui passe. T'as rien remarqué, évidemment, tu remarques jamais rien, de toute façon.

- Il est pas mal, mon rôti de veau. J'aime bien la nouvelle boucherie.

- Et j'dors plus non plus.

- La purée, j'l'ai faite moi-même. C'est quand même pas la même chose, hein?

- J'ai toujours mal à l'estomac, ça doit être un ulcère. Ecoute, il faut que je te parle.

- Tiens, prends un peu de salade. Elle est toute fraîche, j'ai fait le marché, ce matin.

- J'te dis que ça va pas, ça va plus. Il faut qu'on parle..

- Je t'ai fait ton dessert préféré, une crème brûlée, ça te fait plaisir?

- J'en peux plus de cette vie, j'te dis, j'peux pas continuer comme ça..j'ai rencontré quelqu'un, je te quitte, je suis venu te dire que je m'en vais. T'entends? je m'en vais..

- Oh, dis donc, Serge, t'as vu l'heure? Faut retourner au boulot. N'oublie pas ton casse-croûte, mon chéri. A ce soir..

- J'rentrerai pas, ce soir.

- On pourrait faire un scrabble avant d'aller se coucher, j'aime bien le scrabble..

La troisième histoire pourrait être celle du manque d'écoute, de la non communication, de la peur 'affronter la réalité en face, que sais-je encore..

Bien amicalement
Antonella

OK Antonella …. Mais je crois que nous sommes avec toi, qui dans cette cuisine n’y va pas avec le dos de la cuiller, réellement en présence de sourdingues au degré XXL… mais le dialogue ?? y a-t-il vraiment dialogue ? tu me diras qu’ils n’ont rien, plus rien à se dire…. A mon avis le « solitaire » va remplacer le scrabble.
Et curieusement… de façon inquiétante… on sent qu’elle est possible, réaliste et réalisable, cette scène là !
merci à toi
Jean


By Jacque G (Jg) on lundi 25 février 2002 - 22h47:
Ma réponse


J'vous demande pardon Mademoiselle, auriez-vous l'heure Svp

Non ! je ne supporte d'avoir quoi que ce soit autour du poignet

Tiens ! comme c'est curieux vous faites de l'allergie

Non ! pas du tout, mais je suis surtout allergique à la curiosité

Je suis comme vous, et je n'vous poserai plus une seule question ! Si vous êtes d'accord !

Très bien ! Et moi de mon coté, je n'vous répondrai plus ! Mais moi je peux vous en poser ! Vous allez ou ?

A paris ! comme vous je suppose !

C'est une question ?

Non ! C'est une supposition…Je vous ai dit que je ne vous poserai plus de question !

Oui je sais ! Et moi je ne dois plus y répondre… Mais ça c'est impossible !

A bon !

Ben oui ! Si vous ne me posé plus de question, moi je ne peux plus, ne plus y répondre ! Non ?

OuaiS! mais votre " Non ? " est une question !

"Non !" Bien sûr que oui ! Vous avez déjà oublié ? Je viens de vous dire que moi, je peux vous poser des questions, alors que je ne dois répondre d'aucune " questions posées " et venant uniquement de vous.

Voyons voyons ! Question posé ou Questions posées ! ( ?) Si j'ai le choix entre " Posées (é-e-s )" ou comme " posé (é) " je ne suis pas sûr d'avoir compris le sens et j'm'interroge !

Interrogez-vous si vous voulez et faite votre choix c't'une question de temps…


Ok ok ! Vous répondez donc, à toutes mes questions posées, mais sauf, lorsque je vous questionnerais posément…

Euh ! la je nage un peu ! Vous m'aidez SVP ?

Est-ce que je t'en pose moi des questions, Grosse Conne ?

salut JG,
bon là aussi… plutôt quiproquo et jeu sur les mots … le dialogue reste audible et pertinent dans l’échange pour chacun des participants ; en fait j’ai l’impression qu’ils se mettent d’accord pour ne pas l’être..
tu seras d’accord avec moi……… non non, c’est pas une question !

bien à toi
JB




By Martine (Martine) on mardi 26 février 2002 - 18h26:
Cétait sympa d'être venu...


Elle: dans sa chaise longue

Lui : un ami de passage


- toi ? salut
comment vas ?

- ... comme d'hab !

- t'as vu le ciel avec ces petits nuages blancs
qui filent
j'ai l'impression d'être dans une navette
spaciale !

- j'ai écrit un truc là-dessus c'est pas vieux
t'as pas lu ?
ça s'appelait "la tête dans ses rêves"

- j'ai lu sur les rêves un truc bizarre

- étrange comme j'étais sacrément en forme ce
jour-là

- dans mon histoire aussi c'était un rêve en
plein jour ... un couple

- j'avais du écrire ça au cours d'un week-end en
forêt avec une amie
je te le filerai

- merci ! ça se passait dans un moulin ...
tiens je pense aller faire une ballade avant le
soir au bois
près du lac aux canards et au vieux moulin

- j'ai horreur des canards et déteste les vieux
moulins
mais j'en ai peint dans le temps ... une fois
en vacances
avec ma cousine il faudra que je la ressorte
cette toile
un de ces quatre voir ce qu'elle vaut

- t'as raison au fond c'est pas terrible les
canards
autant rester-là

- bon j'ai rencart avec ma copine je file
merci pour ce bon moment
il faudra se revoir hein ?

- chaooooo c'était sympa d'être venu
à plus

ils ne purent plus se passer l'un de l'autre
eurent beaucoup d'enfants
vécurent longtemps et très heureux

M.

…. Bonjour Martine,
et bien ce n’est toujours pas vraiment ce que j’entendais par dialogue de sourds… ça c’est plutôt une conversation du « coq à l’âne »…. Peut-être faudrait-il encore plus de distance, moins d’accroches entre les réparties ?
je ne doute pas cependant de ta conclusion… que pourrait-il bien leur arriver ???
amicalement
JB


By cigale (Cigale) on mercredi 27 février 2002 - 07h33:
bonjour Jean et tous
voici mon dialogue de sourds


-- comme le vent souffle fort ce soir !

-- oui.

-- j'espère que ce ne sera pas une trop grosse tempête

-- hmm

-- j'aimais bien le vent avant cette tornade qui a fait tant de dégâts ! depuis, je ne peux m'empêcher d'avoir peur dès qu'il se fait violent...

-- il n'y a pas de raison ! et puis, cesse de trembler comme ça, c'est agaçant ! pense donc à autre chose


-- le soir de cette tempête, la chienne était encore avec moi ; heureusement ! c'était si réconfortant cette connivence qu'il y avait entre nous... je n'avais en tête que l'idée de rejoindre rapidement la maison et j'avais coupé au plus court, en passant par le bois. Avant de l'atteindre, j'ai jeté un regard dans le rétroviseur et de voir les phares des voitures qui me suivaient m'avait rassurée ; au moment où j'amorçais la courbe qui me séparait des premiers arbres, la chienne a brusquement émis un son étrange, guttural, empreint tout à la fois de terreur et de violence, qui m'a glacé les sangs et j'ai aussitôt freiné brutalement : j'ai à peine perçu dans le vacarme du vent un craquement tandis que le premier arbre s'abattait devant moi, tout contre la voiture, en travers de la route soudain devenue noire : les branches avaient complètement occulté les phares . Un nouveau regard dans le rétroviseur m'a montré les autres voitures qui fuyaient en marche arrière. Nous étions isolées, la chienne et moi, dans un noir dense, mais parfaitement "connectées".... je ne me suis pas sentie seule, alors...

-- oh ! tu sais ! c'est un pur hasard ! toutes ces histoires de sixième sens et de je ne sais quelles salades... je n'y crois pas, tu penses bien ! d'ailleurs on n'a jamais pu les prouver scientifiquement : il n'existe que des témoignages de gens, souvent exaltés, qui racontent, après coup, ce qu'ils veulent...

-- ...

-- il y a d'ailleurs tout autant de témoignages qui prouvent le contraire : des chiens qui ont attaqué sans raison, par exemple.... ce qui est parfaitement normal : un animal n'est qu'un animal et doit être considéré comme tel !

-- tu ne penses pas que c'est la façon de le considérer qui est déterminante ?

-- pas du tout, c'est l'instinct seul qui le détermine. Tu fais de la projection...


[un ange passe.......]


-- pourtant, quand je m'occupe de mes perroquets, par exemple, ils viennent dans mes mains, se promènent sur mon épaule, ne font jamais mine de m'attaquer, même par jeu...

-- allons donc ! mais réfléchis un peu ! c'est uniquement parce que tu leur donnes à manger !

-- mais non ! parfois je vais près d'eux sans rien leur donner ! nous jouons, nous nous regardons, nous communiquons, même si nous ne nous parlons pas ! je sens bien qu'ils sont contents que je sois là... et d'ailleurs, je le suis aussi...

-- mais que vas-tu encore imaginer ? qu'ils t'aiment ? qu'ils apprécient ta compagnie ? ils n'attaquent pas la main qui remplit leur bac de graines, c'est tout ! ils ne voient que ça, ne savent rien d'autre ! tu te racontes encore des histoires !

-- pourquoi alors a-t-on inventé le mot "apprivoiser" ? il indique pourtant quelque chose, une différence, un changement...

-- pff ! encore un mot romantique ! pour "faire joli" ! il s'agit de dressage pur et simple ! le réflexe conditionné ? tu connais ?

-- il n'esiste vraiment rien d'autre pour modifier un comportement ?

-- certainement pas


[l'ange passe encore...]


-- le vent souffle toujours aussi fort !

-- hmm

-- et chez les humains, c'est pareil ?

-- de quoi parles-tu là ?

-- du comportement : les humains aussi n'agissent que par réflexe conditionné ?

-- bien sûr ! l'homme aussi est un animal ! ce n'est pas parce qu'il a l'intelligence en plus qu'il fonctionne autrement ! son intelligence lui permet de le savoir, c'est tout !
bon, c'est pas tout ça, mais moi je bosse demain ! faut que j'aille dormir. Allez, on y va !
tu viens, ma chérie ?

ah Cigale …. Intéressant… mais décidément vous vous efforcez de me faire croire que le sujet ne pouvait que tomber dans l’oreille d’un sourd !
tes protagonistes sont sourds « sentimentalement » l’un pour l’autre mais je trouve qu’au point de vue discussion ils se suivent parfaitement…
bon, on pouvait peut-être l’entendre comme ça après tout ! personnellement je le voyais davantage au 1er degré.
T’embrasse sans parler
Jean


By Clémençon Jean-Pierre (Jean_Pierre) on jeudi 28 février 2002 - 09h41:
Ce matin, j'ai découvert avec satisfaction que le Big Mac était en promotion 3.65 euro!!!

cet événement est l'occasion rêvée copier un extrait de de CITY de A Baricco

-Salut.
-Salut , - dit shatzy.
-Qu’est-ce que vous prenez ?
-deux cheeseburgers et deux jus d’orange.
-Frites ?
-non merci.
-Avec des frites c’est le même prix .
-Ca ira, merci.
-Cheeseburger, boisson, frites, c’est la formule n°3- fit la serveuse en désignant une photo derrière elle .
-Jolie photo, mais on n’aime pas les frites.
-Vous pouvez prendre un double cheeseburger, formule n°5, il n’y a pas de frites et c’est le même prix.
-Le même prix que quoi ?
-Qu’un cheeseburger plus jus d’orange.
-Un double cheeseburger coûte le même prix qu’un cheeseburger simple ?
-Oui, si vous prenez la formule n°5.
-Incroyable.
-Formule n° 5 ?
-Non . On veut un seul cheeseburger. Un chacun. Pas de double cheeseburger.
-Comme vous voulez. Mais vous gaspillez votre argent.
-Ca ira , merci.
-Deux cheeseburger et deux jus d’orange, alors.
-Parfait.
-Dessert ?
-Tu veux un gâteau, Gould ?
-Oui.
-Alors ajoutez un gâteau, merci.
-Cette semaine, pour chaque dessert commandé il y a un deuxième offert.
-Splendide.
-Qu’est-ce que vous prenez ?
-Rien, merci.
-Vous « devez » prendre, c’est offert.
-Je n’aime pas les desserts, je n’en veux pas.
-Moi, je « dois » vous le donner.
-Comment ça ?
-C’est l’offre de la semaine.
-J’ai bien compris.
-Donc je « dois » vous le donner.
-Mais qu’est-ce que ça veut dire vous « devez » me le donner , j’en veux pas moi, j’aime pas ça, je ne veux pas devenir grosse comme Tina Turner, je ne veux pas mettre des culottes XXL, qu’est-ce que je dois faire, attendre la semaine prochaine pour manger juste un cheeseburger ?
-Vous n’êtes pas obligée de le manger. Vous prenez le dessert offert et vous ne le mangez pas.
-Et je le prends pour quoi faire ?
-Vous pouvez le jeter.
-LE JETER ? je ne jette rien moi, vous n’avez qu’à le jeter vous-même, tiens faites donc ça , vous le prenez et vous le jetez, okay ?
-je ne peux pas, je serais renvoyée.
-Bon dieu….
-Ils sont très sévères ici.
-D'accord,okay, on laisse tomber, donnez-moi ce gâteau.
-Du sirop?
-Pas de sirop.
-C'est gratis.
-JE SAIS QUE C'EST GRATIS MAIS J'EN VEUX PAS,OKAY?
-Comme vous voulez.
-Pas de sirop.
-Crème?
-Crème?
-Il y a de la crème si vous voulez.
-Mais puisque je ne veux pas de gâteau comment bon dieu pouvez-vous imaginer que je voudrais DE LE CREME?
-Je ne sais pas.
-Moi je sais, pas de crème.
-Pour le petit garçon non plus?
-Pour le petit garçon non plus.
-D'accord. Deux cheeseburgers, deux jus d'orange, un gateau sans rien--, ajoute-t-elle, poussant vers Shatzy deux choses enveloppées dans du papier transparent.
-Bon dieu c'est quoi ça?
-Chewing-gum, c'est offert, dedans il y a une boule de sucre , si la boule est rouge vous gagnez vingt chewing-gums de plus , si elle est bleue vous gagnez une formule n°6, gratis. Si la boule est blanche, vous la mangez et ça s'arrête là.De toute façon le réglement est marqué sur le papier.
-Excusez-moi un instant.
-Oui?
-Excusez-moi, hein...
-Oui.
-Mettons une chose absurde, que je le prenne, ce foutu chewing-gum, d'accord?
-Oui.
-Mettons une chose encore plus absurde ,que je le mâche pendant un quart d'heure et après je trouve une boule bleue à l'intérieur.
-Oui.
-Alors il faudrait que je vous l'apporte, toute pleine de salive, et que je la pose là, et vous me donneriez une formule n° 6 bien grasse , bien chaude , bien frite?
-Gratis.
-Et à votre avis, je mangerais ça quand?
-Tout de suite,je pense.
-...................

Et ça continue ainsi, encore pendant six pages;
je n'ai pas le courage de tous taper , mais ça ne manque pas d'intérêt!!!!!!!

oui sans doute JP mais encore une fois nous sommes là dans un dialogue difficile, c’est le moins qu’on puisse dire, mais certainement pas de sourds

By Laudine (Laudine) on jeudi 28 février 2002 - 21h13:
Cette scène est une émission radiophonique (imaginaire), "le Quart d'heure de vérité". Invité : n'importe quel ministre ...

- Monsieur le Ministre, nous connaissons tous votre ambitieux projet en matière de sécurité. Nos auditeurs demandent cependant davantage d'explications sur les moyens que vous voulez mettre en oeuvre. Comment vous y prendrez-vous, dans le contexte actuel, alors que la division règne entre les parties ?
- Vous savez, il y a quelque temps déjà, nous avions accordé une large audience sur cette question. Tous les acteurs sociaux ont été mobilisés mais nous avons manqué de temps pour mener à terme ces nouveaux concepts, compte tenu des échéances électorales qui mobilisent une grande part de nos énergies respectives. Oui, il faut laisser du temps au temps et notre programme sécuritaire ne peut s'envisager à court terme. La plupart des projets de grande envergure ne peuvent être assujettis à des impératifs de calendrier. Les idées cheminent avec le temps et se heurtent parfois à un sérieux problème de maturation.
- Pardonnez-moi de vous interrompre, Monsieur le Ministre. Nos auditeurs aimeraient que vous envisagiez une réponse concrète à des problèmes concrets qui se font plus urgents chaque jour.
- Tout à fait. D'ailleurs, il n'est pas inutile de rappeler que l'urgence rejoint souvent le concret. Certes, il y a un problème de terrain. Nos experts sont catégoriques sur ce point : il est imposssible de transformer les choses sans une connaissance approfondie du terrain. Nous oeuvrons jour après jour à la mise en place de mesures élaborées par des années d'expérience et les choses évoluent, croyez-m'en. Il est vrai que le train ne va pas aussi vite que le voudrait l'ensemble de nos concitoyens. Mais nous avons compris leurs inquiétudes et nous faisons tout pour accélérer un processus, qui, je le rappelle à nouveau, ne date pas d'aujourd'hui ...
- Quelles sont ces mesures justement ? Et que répondez-vous aux citoyens qui ne demandent qu'à être convaincus de votre bonne volonté ?
- Vous savez, cher Monsieur, l'ensemble des Françaises et des Français possède ce que j'appelle une intelligence démocratique de fond. Les questions qu'ils se posent rejoignent toujours les nôtres. Je suis parfois étonné de leur clairvoyance mais, finalement, je dois admettre qu'elles sont le reflet exact des questions que nous-mêmes, nous nous posons. Il y a une circulation à double sens de la démocratie, ce qui est un indice de son bon fonctionnement. Avec le temps, cette caractéristique s'affermit et me conforte dans l'idée que le pouvoir des hommes politiques de ce pays ne pourra jamais devenir autre chose que le savoir-faire de toutes les bonnes volontés ...
- Monsieur le Ministre, un auditeur nous demande si le point n°2 de votre programme, à savoir "une collaboration étroite entre police et gendarmerie sous l'égide d'un Haut Conseil de Sécurité" ne risque pas de jeter de l'huile sur le feu, en soulevant, notamment, la question des statuts différents entre les parties. Il souligne, d'autre part, que l'on conçoit mal comment ce Haut Conseil fonctionnerait.
- Oui. Ce point est abordé dans notre programme parce qu'il concentre tous nos efforts en matière de sécurité. Nous mettons surtout l'accent sur une problématique exigente de part et d'autre. Bien entendu, tous les acteurs sociaux sont concernés. Police et gendarmerie n'excluent pas la collaboration d'autres intervenants. Ce n'est pas une gageure. Dans les faits, pour se référer à une situation concrète, les aspirations de tous vont dans ce sens. Nous ne négligeons aucune piste qui puisse nous mener à la réalisation de tous ces efforts.
- Monsieur le Ministre, je vous remercie de votre participation. Chers auditeurs, nous nous retrouvons demain à la même heure pour un nouveau "Quart d'heure de vérité". Nous aborderons la question de la cohabitation avec Maxime Duchamp, auteur de l'ouvrage : "La cohabitation : dialogue de sourds ou nouveau défi pour la république ?"

salut Laudine,
bien vu… le thème du discours politique pouvait coller, en évidence, à ce sujet-là !
je laisserai Yves te parler mieux que moi de l’art de la rhétorique dans la stratégie démocratique J
je crois que pour être parfait, et ça n’aurait même pas paru louche, il aurait fallu que ton ministre ne reprenne jamais un seul des termes nom ou adjectif (sécurité, sécuritaire etc.) des questions de son interlocuteur.
Mais c’est bien vu et d’un réalisme et d’une vérité qui ne nous surprennent même pas !
Bien à toi
JB


By Tufaxo (Tufaxo) on jeudi 28 février 2002 - 21h24:
La clef tourne dans la serrure, en un discret cliquetis. Ils pénètrent dans la pièce enlacés, s’embrassant dans le noir ; ils tombent sur le lit. Leur corps à corps voluptueux se fait pressant. Ils halètent, leurs souffles chauds et bruyant se mêlent, ils se sentent.
De façon décidée, lentement, elle glisse sa main sur l’entrejambe de son pantalon : son sexe se raidit, elle s’émeut dans un gémissement.
- Cette nuit ,souffle-t-il, j’aimerais m’endormir dans tes bras et n’avoir pour couverture que la chaleur de ta peau, la douceur de tes jambes. Si tu en as envie, demain matin, nous jouirons.
- …
- …
- D’accord… à demain…
Elle se calme, il débande. Ils restent embrassés dans le silence et le noir. Ils se fondent l’un dans l’autre, deux chaires humaines au plus grand des rapprochements.
Alors que faire du reste, des papillonnages d’une société véreuse où quelques fleurs, noires de goudron, pleurent les brins du soleil ? Avec eux qui se touchent et essaient de se voir , dans ce noir, si profond…
Un vague sentiment de plénitude lui envahit le corps : ses jambes qu’il ne sent plus, sa poitrine qui lui échappe et sa lourde tête qui s’envole. Serein dans les bras de la fille, ils ne feront l’amour que le lendemain, avec les rayons naissants du soleil.
- Est-ce que tu crois que tu m’aimes ? hasarde-t-il.
Un silence - trente secondes peut-être - s’installe. C’est assez plaisant.
- Non… Pas vraiment. L’illusion ,peut-être… Je t’aime bien tu sais.
Et lui, d’une voix compréhensive :
- T’en fais pas. L’amour n’est qu’un éphémère, il vit quelques jours, ou quelques heures chez les plus fous, puis va s’éteindre dans le recoin d’une cuisine ou d’une salle à manger .Toutefois, il aura pondu des œufs partout dans la maison pour que puissent naître et exister d’autres membres de l’espèce, d’autres éphémères.

Au petit matin, le soleil, comme promis, vint les réveiller. Les soubresauts de sa lumière les mirent en mouvement. Ils furent entraînés vers des profondeurs humides et perdues –un peu comme celles du vide – dans un plaisir incroyable. Les jambes du garçon se raidirent : une sensation étrange lui massait brutalement l’estomac et remonta, lentement, lui comprimer la poitrine. Finalement, on vit doucement couler de ses yeux humides de chaudes larmes qui dansaient, cristallisées dans la froideur du matin.

bienvenue à toi Tufaxo,
oui et non… oui ton texte est intéressant et original, forme et fond… mais non, quant à la contrainte de l’atelier ! les dialogues ont la part maigre et même si tes « amoureux » sont assez étrangers ils ne sont pas sourds l’un à l’autre stricto sensu comme le suggérait la question… d’ailleurs le 1er échange introduit un « d’accord » qui résume ce que je veux dire.
Merci de cette participation
JB


By Pyjapois (Pyjapois) on vendredi 01 mars 2002 - 01h44:
Bon, je n'ai pas tout à fait suivi les instructions, but i'll be back!

- Bonjour monsieur.
- Bonjour monsieur le commissaire.
- Oh je ne suis pas encore commissaire.
- …
- Qu’est ce que vous voulez ?
- Et bien voilà, je voudrais que vous lanciez un avis de recherche.
- Une disparition ?
- Non, un avis de recherche.
- Mmh… bon il faut que je prenne des formulaires.
- …
- Je vous écoute, décrivez moi cette personne.
- Et bien voilà, alors c’est une jeune femme blonde, grande, aux yeux bleus, les cheveux bouclés, sportive, jolie, même très jolie, c’est important. Euh quoi d’autre…
- Son poids ?
- Allez disons 1.70m pour 52 kilos.
- Signes particuliers ?
- Euh… elle fait bien la cuisine, elle fait bien le ménage, elle fait bien l’amour, elle fait bien les coquilles st jacques, c’est mon plat favori. Et voilà, quoi d’autre…ah oui, elle aime le foot et elle supporte mon équipe.
- Mais dites moi, vous me décrivez la femme idéale, là. Quel est son prénom ?
- Oh le prénom c’est pas important, mais j’ai un petit faible pour les Marie, voilà si c’est possible.
- …
- Voilà et je suis pressé, ça fait trois ans que je me ruine en agence matrimoniale, avec vos moyens ça devrait aller vite.

tss, tss ; Pyjapois !
il faut en effet que tu relises les instructions…. Tu l’as piquée dans le dernier Vermot celle-là ?
elle est bien bonne quand même J
JB

- …

By Elisa (Elisa) on vendredi 01 mars 2002 - 15h54:
Bonjour à tous, et à Jean en particulier.
Ci-joint un petit texte pour l'atelier d'écriture,je ne sais pas du tout si c'est satisfaisant. La philosophie de l'histoire est le mépris des automobilistes hommes pour les
conductrices femmes(et enfants).

Deux conducteurs de voitures, un homme et une femme, s'arrêtent, après s'être croisés :

- Madame, vous conduisez comme un manche ! C'est pas permis, ça.

- Pourriez-vous m'indiquer où se trouve la Bastille ? je n'arrive pas à me repérer sur mon plan. Tenez, je vais vous montrer.

- Vous m'avez éraflé mon aile gauche, abîmé une roue,et, mais oui, en plus, bousillé un phare ! Ca ne roule plus. La direction est faussée.
Ah! ces chauffardes du dimanche! Quelle catastrophe!

- J'ai mon petit garçon dans ma voiture, il a faim, nous avons rendez-vous là-bas, d'habitude je me débrouille très bien dans Paris, mais là, je ne sais même pas où je suis.

- Vous ne devriez même pas avoir votre permis ! Je suis sûr que vous n'habitez pas Paris, alors n'y venez pas en voiture! Vous auriez pu me tuer !

- Vous permettez que je vous montre le plan, je suis sûre que vous allez m'indiquer ça en un clin d'oeil.

- Maintenant, il faut faire un constat, et moi qui n'ai plus de formulaire! Je ne vous en demande même pas, je suis sûr que vous n'en avez pas, paumée! Criminelle!

- J'ai du papier, vous avez sûrement un stylo, si vous ne voulez pas regarder mon plan, qui n'est pas neuf, ayez l'amabilité de m'en faire un vous-même, avec les noms des artères. Je suis pressée.

- Ah, ces femmes au volant, avec des enfants par dessus le marché, c'est à vous rendre fou! Je vais appeler la police, qui vous collera une bonne contredanse, et mettra votre voiture à la fourrière. Quand je pense que la votre n'est pas abîmée du tout, alors que vous êtes dans votre tort, c'est trop, je ne supporterai pas ça longtemps! Même pas de police d'assurance, ou elle ne sait pas où se trouvent ses papiers.

- Monsieur, c'est urgent, faites quelque chose pour moi, je compte sur vous!

- Et puis je m'en fous, je prends les grands moyens, je pousse ma voiture le long du trottoir, et je prends la votre. Allez, débarrassez-moi cette bagnole de ce môme! Si vous n'agissez pas, je vais le faire moi-même!
A maline, malin et demi

- Mais Monsieur, Monsieur! Qu'est-ce qu'il a ce mec ? Mon Guy, ça va ?

Jean saura très bien me dire si je respecte la consigne.

oui Elisa… consigne respectée au mieux : le dialogue est de sourds en effet.
Je pense que si tu avais donné, par exemple, « une histoire » à l’urgence de la femme (pourquoi va-t-elle où elle ne sait pas aller et pourquoi doit-elle y aller vite ?) c’eut été exactement ça… parce que le lecteur y trouverait son compte de tragique au delà de la tôle froissée… enfin je pense.
Et toi ?



By Micheline_B (Micheline_B) on samedi 02 mars 2002 - 17h10:
"Viens près de nous Marc" dit Jacques en se levant et en désignant un siège libre entre lui et son neveu.

"Bonne journée ?", poursuit-il, tandis que Marc lance un "Bonsoir" timide aux convives.

"Non merci, fait Marc en rougissant. Je désire arrêter de fumer mais ce n'est pas facile. Ce n'est pas la première fois que j'essaie. Il me faudra persévérer."

"Tu fais beaucoup de sports on dirait ?"

"Depuis que je vis à Paris, je suis plus stressé. Ce n'était peut-être pas le bon moment pour essayer d'arrêter."

Clin d'œil de mon amie Brigitte, sourire en coin de mon mari, froncements de sourcils de l'un ou l'autre.

"La cuisine est bonne, tu ne trouves pas ?" dit Jacques en écrasant sa cigarette dans le cendrier et en remerciant le garçon qui sert le poisson.

"Les activités sont trop rapprochées. Je n'ai pas le temps de souffler. A peine le temps de prendre une douche entre le stretching et le dîner", en-chaîne Marc.

Nouveaux sourires et nouveaux froncements de sourcils.

"Bon appétit à tous", lance Jacques.

"Les vélos sont pourtant de bonne qualité", poursuit Marc.

Ainsi, durant tout un repas dans un club de vacances, au gré de répliques inattendues, s'échangèrent sourires et regards interrogateurs. Les autres ignoraient encore que le convive amené par Jacques pour compléter la table était tout simplement mal entendant.

Jacques ne leur révélera que plus tard lorsqu'ils se retrouvent pour prendre un café au bar.

"Vous n'êtes jamais contents, conclut Jacques. Un soir, vous trouvez que j'ai choisi quelqu'un trop coincé, une autre fois quelqu'un trop intello ou encore quelqu'un trop fêlé."

Il faut dire que Jacques en ce temps-là savait s'y prendre pour repérer des "gentils membres" peu ordinaires et pour les inviter à notre table !

Micheline

histoire vraie Micheline ?
ouais… c’est à peu près ça … mais pour l’atelier tu devrais développer


By LibéLOL (Alain) on mardi 05 mars 2002 - 21h25:
[…]

...essai de dialogue Pluto ni chien nie tzsChéen...

Hubertas Blablas Cucurbitas de Gorgias, dit H.B.C.G.
Adrenaline de Linas-Monthléry : A.L.M.
Helen de Linas-Monthléry : H.L.M., soeur d'ALM
Zibeline de Gorgone-Zola : Z.G.Z.
Zorglobuline, alias Bullegroz : Z., père pute-hâtif de ZGZ
Mhirsut-Pile-Ami : M.P.A.

HBCG " - La répression d'Israël à Gaza est in à demi-cible !
HLM - Je me prendrais bien deux semaines à l'Espace du Possible...
Z - Le probable n'est pas toujours peau-cible.
HLM - Il ne faut jamais dire toujours.
ALM - Vous avez raison, ma chair : mais dire est toujours faux.
HBCG - ce pendu le con est toujours dans le vrai quelque part...
...ce qui est bien le K d'Israël !
ZGZ - Lait sans ciel est peau-cible...
...si vous me clouez nue au poteau de couleur.
HLM - Le zig-hommard est à la remorque ricaine...je répète...
...le zig-hommard est à la remorque ricaine...
ALM - Israël a gazé Gaza.
Z - Le zig n'est jamais bien loin du zag.
MPA - Houba, houba, hop...
HLM - Le gas oil est plus chair en euros
Z - mais le super est moins plombé.
ZGZ - Le ciel bas et lourd pèse comme un coup vert ...de rage.
HBCG - Orage, ô dés espoirs, ô vieil ace haine mie
queue neige temps vingt Q que pour ce tas tamis...
de misaine...Israël au tas pis...
MPA - Houba, houba, hop...
Z - 666 >< 999 X 69...je suis l'hanté Christ démonté cristaux...
...jouez aux bois...raisonnez musettes ...de ravitaillement...
HBCG -...en attendant Godot.
HLM - J'm'écluserais bien un p'tit godet
ALM - Une écluse sans perthuis
nous attendait depuis...
ZGZ - Donner plus à ceux qui ont moins !
Z - La grande illusion, c'était encore en noir et blanc?
ALM - Je préfère les blancs.
HLM - Une blanche vaut deux noires.
HBCG - Une double accroche s'impose après une pause.
MPA - Houba, houba, hop...
ZGZ - Je préfère imaginer qu'ils ont autant autrement.
Z - Différence...différence...il y a des taudis pour ça !
HLM - Tout dit or not tout dit, that is l'autisme attique.
ALM - Je dirais m'aime plus...l'attique attitude...
Z - Latitude et longitude sont les deux mam's'ailes de la géographie volante.
ZGZ - sinon c'est les enfermer dans une différence inférieure.
HBCG - Intérioriser l'inférieur...
Z - Atmosfrère, atmosfrère...est-ce que j'ai une gueule d'atmos, Sir ?
ALM - bloquer le développement inter-rieur
HLM - Le singe rieur est le plus proche cousin de l'hominien mine de rien.
MPA - Houba, houba, hop"...bis...ter...
...ad libide Laudine hom €;- o))

allons bon ! Alain nous fait de la résistance et reprend à son compte une formule éprouvée : « pom, pom, pom, pom, ici Londres… les français parlent aux français ! »
remarque il y avait un peu de ça… sauf que les sourds ne devaient pas être ceux qu’on aurait pu croire.


je colle ici le texte de Marie-Claire…. Un peu synopsis peut-être ?

Martine, seize ans se maquille copieusement devant la glace du salon, sa grand’mère l’observe depuis son fauteuil où elle tricote inlassablement.
---De mon temps les filles ne se maquillaient pas à ton âge, et où vas-tu encore ?
Martine chantonne et écoute d’une oreille les mots de la Mamie.
---Je vais à la boom de Marie, c’est son anniversaire.
---Une boom, une de plus dans ta semaine ,tu es déjà sortie deux fois, as-tu fini tes devoirs au moins ?
Martine ajuste son pull très moulant, se tourne et se retourne devant le miroir, seins pointés elle admire son profil.
---Pas mal hein ? je vais faire de l’effet avec ce nouveau pull, tiens et si je relevais mes cheveux c’est encore mieux, est-ce que Maxime sera là, la dernière fois je ne l’ai pas vu.
---Tu devrais être plus discrète dans ta tenue ma petite, tu n’attireras rien de bien avec cette allure d’aguicheuse, de mon temps…….
---J’aurais dû mettre ma mini- jupe en jean fendue sur le côté, pour danser c’est super avec les jambes que j’ai, plus le temps tant pis, je reste en pantalon !
---Martine peux-tu me donner le journal posé sur le meuble d’entrée ?
---Zut ! j’ai oublié mon sac dans la chambre ! Martine remonte l’escalier quatre à quatre, elle redescend en faisant un pas de danse sur chaque marche.
---Mon journal, tu y penses ?crie la Mamie .
Martine attrape le journal en passant et le jettes sur les genoux de la Mémé.
---De mon temps on était plus gentils avec ses grands parents, on aurait jamais jeté ainsi un objet demandé poliment !
Martine regarde sa montre---Oh lala il est déjà huit heures et Laetitia n’est pas encore passée me prendre, qu’est-ce qu’elle fabrique ? J’espère au fait que les parents de Marie sont partis au restaurant ce soir qu’on soit tranquille entre jeunes !
--De mon temps les parents ne faisaient pas les quatre volontés de leurs enfants, marmonne la Mamie en perdant deux mailles de son sempiternel tricot, on avait encore le sens de la hiérarchie !
--Mamie, rétorque Martine , faut vivre avec son temps, t’es rétro, mon temps à moi c’est pas le tien, faut évoluer, ouf j’entends Laetitia , bonsoir Mamie tu diras à Maman que je suis partie à la boom hein ? Elle, elle est encore en réunion, chacun son truc !
---Pas de sottises , fais attention à toi ma petite !
---T’en fais pas mamie, de mon temps y a la pilule !
--T’en fais pas, t’en fais pas elle en a de belle cette enfant, jusqu’à plus d’heure à flirter, boire peut être de l’alcool, et la drogue si ça tombe !
Martine et son amie se regardent d’un air entendu et sortent en riant.
La Mamie se retrouve seule hochant la tête puis elle se revoit à seize ans attendant son premier amoureux devant le jardin public, elle se rappelle les baisers ,les rendez-vous en cachette de ses parents, le rouge à lèvres mis hors de la maison, les mensonges pour les retards de ses retours chez elle…..

« de sourds » ? … pas tant que ça j’ai l’impression…Finalement, la Mamie et la Martine me semblent « spirituellement » sur des longueurs d’ondes qui semblent éloignées mais se recoupent pourtant, non ? je ne sais pas si c’était ton intention Marie-Claire mais ça pouvait en effet se traiter comme ça. Le récurrent « conflit des générations » : on se parle dans le vide mais on finit ou on finira par se comprendre.

Merci de ta participation.


ci après la participation de Ghislaine.

Voici ma contribution, peut-être un peu trop lisible, à votre atelier du mois de mars.
Ghislaine
Une table dans un salon de thé, quatre femmes et des mots, beaucoup de mots…et de vent qui remue les mots et les cœurs.
- Je ne comprends pas comment tu peux laisser cet homme prendre tout cet espace dans une vie qui…
- La vie c’est pas ce que tu crois, tu penses toujours que ton idée, parce qu’elle est tienne, devrait occuper le haut du pavé, c’est bizarre d’être comme ça !
– Moi, je crois que ce type n’est pas à la place où il devrait être, chacun a une place déterminée…
– Ce que je crois, moi, c’est que les femmes n’assument pas et assumer c’est d’abord et avant tout choisir !
– Un homme qui prend autant de place que ça dans ta vie ce n’est certainement pas une bonne chose, il faudrait que tu y réfléchisses !
– Je maintiens que ton point de vue n’est pas forcément LE point de vue et si les femmes n’assument pas c’est que le contexte socio-culturel-éducatif ne les aide pas beaucoup !
– Et quand je dis que tu y réfléchisses il faudrait que tu le fasses rapidement ou alors, cet homme, il te met ta vie en l’air : finies les copines, finies les sorties, fini le farniente et ce sera lui, lui, lui, à perte de vue, tu y as pensé à ça ? Quel désert !
- Et puis une place déterminée c’est quand même aussi une place que toi tu vas déterminer pour lui, tu ne vas tout de même pas le laisser faire place rase !
- Ca me fait penser à ce qui m’est arrivé avec Jean Paul au début, si je l’avais écouté…
– chacun a quand même le droit d’avoir un point de vue sur la question, moi je dis non à la neutralité ; ces filles qui disent – il faut faire des compromis – quand elles devraient exprimer haut et fort ce qu’elles ressentent, moi ça me fait gerber !
- Gerber, tu n’as que ce mot à la bouche. Gerber par ci, gerber par là, comme tu y vas…il s’agit pas de gerber mais de réfléchir, c’est ce que je n’ai pas fait avec Jean Paul quand il a voulu que j’arrête de voir mes meilleures copines parce que soi-disant on devait faire des choses ensemble ! Faire des choses ensemble peut-être mais total, au bout d’un an, il en avait marre de faire des choses avec moi et il s’est mis à téléphoner à tous ses anciens copains pour justement ne plus faire de choses avec moi. Alors crois-en mon expérience…
– C’est ça qui me fait gerber, au nom de l’amour - mais de quel amour je vous le demande moi ?- on fait prendre du fromage allégé pour du 60% de matière grasse !
– C’est comme Jean Paul avec ses copains. Pas une seule fois, mais pas une seule il m’a demandé si je voulais sortir avec eux. Il y a de quoi gerber…
– Au nom des compromis, on vit sous hypnose et quand on en sort, on regrette de ne pas avoir su voir où était la matière grasse et où était l’allégé !
– Tout à fait comme avec Jean Paul, ce salaud qui ni une ni deux m’a jetée quand j’ai commencé à faire entendre ma voix. Je voulais sortir mais…
- Seulement quand il faut en penser quelque chose parce qu’il y a urgence, alors là elles ont un peu de mal à s’organiser et il est trop tard alors elles vont pleurer dans le giron des copines.
– Ce crétin de Jean Paul, quand je pense que pas une seule fois, pas une seule il ne s’est inquiété de ce que je faisais toute seule quand monsieur allait au billard !
– Alors moi je dis halte là ! halte là ! Il faut pas mélanger amour et possession : quand on aime, on respecte et le respect c’est de ne pas faire prendre de l’allégé pour de la matière grasse !
– Ah ouais, c’est comme Jean Paul…
– Les copines elles vont pas toujours soigner les bobos, faut pas croire, elles ont autre chose à faire les copines !
– Et si vous m’écoutiez au lieu de parler de moi ? C’est quand même de moi qu’il s’agit non ?
– Toi ! toi ! Ma parole, si on t’écoutait, il n’y en aurait que pour toi ! C’est comme Jean Paul quand je lui disais…
–Tu nous emmerdes avec Jean Paul, laisse-la parler…
–Encore une histoire de tromperie sur la marchandise, on me fait acheter allégé alors que je voulais avec matière grasse !
– Taisez vous à la fin ! Je vous ai fait venir pour vous dire que je le quittais, c’est tout !
– Hein ? Tu aurais pu nous le dire plus tôt, ça nous aurait évité toutes ces histoires !


d’accord avec toi Ghislaine… le dialogue de sourds tourne souvent au brouhaha…
construction habile puisqu’on ne perd pas le fil dans le charivari des paroles ; bon c’est pas Jean qui va prendre en ces occurrences la défense de Jean-Paul mais quand même sa copine et les copines de sa copine n’ont pas l’air simples à gérer.
Un vrai dialogue en tous les cas, les mots et les tons y sont fort justes !
Merci de ce moment .
Amicalement
JB

 

 

By Clémençon Jean-Pierre (Jean_Pierre) on mardi 12 mars 2002 - 11h36:

un bon texte JP sur le fond et l’idée… mais ceux-là s’entendent encore assez bien, je veux dire que leur latitude respective ne sont pas si éloignées notamment dans toute la 2eme partie :pour l’auditeur qui les écoute ils parlent de la même chose, même quand ils parlent d’eux-mêmes… entre eux-mêmes.
écris-tu pour le théâtre ?
Amitiés,
JB

Merci Jean,
Il s'agit en effet plus d'un monologue que d'un dialogue, le deuxième personnage à plus un rôle de catalysateur qu'un rôle d'acteur, il y a ambiguité... fantôme inventé pour ne pas parler seul, déjouer la folie .....?
Non, je n'écris pas pour le théatre,(j'écris pour rien........ou juste un peu pour faire le ménage dans ma putain de tête........juste un peu pour être lu......) mais c'est une forme qui me plaît beaucoup.
amicalement
Jean-Pierre

By Yves_V (Yves_V) on mardi 12 mars 2002 - 17h18:

Salut Jean,

Ben ! .... Je savais pas que c'était si sérieux que ça !!!
La prochaine fois, j'promets, j'frais d'mon mieux pour éviter l'hors sujet.

Nom d'un zinc en bois, j'ai l'impression d'être un mauvais écolier, ou un incongru dans une salle d'attente qui ne sait pas ce qui l'attend.

Faut prévenir qu'on est noté, enfin, c'est moi qu'est pas dû bien m'informer.
Ca s'rait-y pas ça mon vrai dialogue de sourd ! ?

Amicalement

Yfig

By Antonella (Antonella) on mardi 12 mars 2002 - 18h31:

merci Jean pour ton commentaire. J'ai une autre idée à laquelle je travaille maintenant et j'espère qu'elle suivra de plus près la consigne..

Amitiés
Antonella

By Elisa (Elisa) on mardi 12 mars 2002 - 18h36:

Jean ,je suis tout à fait en acord avec toi sur mon essai(tu sais, les deux automobilistes...)
ça aurait été drôlement plus pathétique si la femme avait été pressée par une urgence importante, enfin tu me comprends... Tes commentaires sont toujours très pensés. Merci.

By Tufaxo (Tufaxo) on mardi 12 mars 2002 - 18h51:

Merci Jean d'avoir lu et commenté. J'avais collé ce texte un peu au hasard et c'est vrai qu'il ne répondait pas au sujet posé. Je cadrerai la prochaine fois.

Cordialement,
Tufaxo

By Clémençon Jean-Pierre (Jean_Pierre) on mardi 12 mars 2002 - 19h59:

"plus un rôle de catalysateur qu'un rôle d'acteur"
j'airais peut-être mieux fait d'écrire "catalyseur" .....la machine à relire démarre toujours à retardement ............ pardon!!!

By Laudine (Laudine) on mardi 12 mars 2002 - 22h30:

Jean, merci de ton appréciation. Je dois avouer que j'aurais bien aimé traîter un autre sujet mais je n'en ai pas eu le temps ...
Cordialement,
Laudine

By Jacque G (Jg) on mercredi 13 mars 2002 - 19h39:

Zut! j'avais même pas vu les commentaires hier...

Merci M'sieur Jean ;o)



 

By Marie_Claire (Marie_Claire) on jeudi 09 mai 2002 - 11h39:

Bonjour Jean, C'est sûr, j'ai trouvé beaucoup de textes plus convaincants que ma tentative ta critique est parfaitement justifiée! J'essaierai de faire mieux à l'avenir, tout dépend de tes thèmes, il est très difficile d'écrire sur "commande", mais cela oblige à se discipliner et respecter des règles , c'est constructif en ce sens. J'attends tes choix prochains mais pour le moment je reprends la route du sud pour 15 jours afin de revoir tous mes amis quittés après le deuil de mon mari qui m'a obligée à "remonter" vers mes enfants dans ce nord où le soleil me manque terriblement. J'apprécie beaucoup tes textes dans la revue"Dégaine ta rime" Amitiés à tous et à toi, Marie-Claire