Une peinture de Laurence de Sainte Mareville

Présentation de l'atelier

 

mars 2000 : "le lama et la montgolfière"

Contribution  de Jacqueline Maire

texte seul

texte commenté

 

 

Texte de Jacqueline Maire

Le lama dans la montgolfière

Om Mani Padme Hum
Fragiles bulles de prières
Flottant dans l'air raréfié
Minuscules montgolfières
Difficiles à identifier
Par le visiteur de passage
Qui ne croit
Selon le vieil adage
Qu'à ce qu'il voit.

Om Mani Padme Hum
Le lama de pourpre vêtu
Mouline dévotement
La roue qui répète têtue
L'incantation en cliquetant
Une supplique à l'Eternel
Cent fois la répètant:
Elle s'envole pure et belle
Cent fois: monotone et sincère.

Om Mani Padme Hum
Le lama de pourpre vêtu
Dans chaque monastère
Mouline ses incantations
Le vent glacé sur ses mains nues
N'altère point sa méditation
Et son corps de bonze ascétique
Tout de foi et d'amour
Miracle de métaphysique
Voilà qu'il s'élève à son tour.

Om Mani Padme Hum
Dans chaque bulle de prière
On le pressent
Le lama dans sa montgolfière
Ascende, incandescent
Tout de pourpre vêtu
Pareil aux oriflammes
Par le vent, déchiquetés, battus
Vibrant comme des flammes ...

Om Mani Padme Hum
Tibet ... Bhuttam ... Sikkim
Malgré la prison des murailles
Le lama noble et magnanime
Transcende le réel, au fi des représailles.
L'oppresseur le garde en joue
Croyant terroriser le martyr
Dont on voit sur les joues
Fleurir un doux sourire.

Om Mani Padme Hum
Le soldat debout dans sa fange
Le groin rouge de hargne
Tire ... et l'écho ne dérange
Que le vent gémissant par delà les montagnes
La balle fait s'épanouir Pourpre dans la poussière
Une fleur de lotus, et mourir
Le lama plongé dans la prière.

Om Mani Padme Hum
D'autres mains font tourner la roue
Dans l'air raréfié des montagnes
La poussière de sang est devenue boue
Cent fois la haine, cent fois la hargne.
Libéré le lama monte vers la lumière
Vers Gautama il s'élève invincible
Protégé dans sa montgolfière
Il est maintenant inaccessible.

Oum Mani Padme Hum.

Jacqueline Maire, Mars 2000

 


Texte de Jacqueline Maire commenté [les commentaires sont entre crochets.]
Le lama dans la montgolfière

Om Mani Padme Hum
Fragiles bulles de prières
Flottant dans l'air raréfié
Minuscules montgolfières
Difficiles à identifier
Par le visiteur de passage
Qui ne croit
Selon le vieil adage
Qu'à ce qu'il voit.

Om Mani Padme Hum
Le lama de pourpre vêtu
Mouline dévotement
La roue qui répète têtue
L'incantation en cliquetant
Une supplique à l'Eternel
Cent fois la répètant:
Elle s'envole pure et belle
Cent fois: monotone et sincère.

[Je remarque la répétition suggérée à la représentation et fournie texto.]

Om Mani Padme Hum
Le lama de pourpre vêtu
Dans chaque monastère
Mouline ses incantations
Le vent glacé sur ses mains nues
N'altère point sa méditation
Et son corps de bonze ascétique
Tout de foi et d'amour
Miracle de métaphysique
Voilà qu'il s'élève à son tour.

[Ces variations autour de la prière mette, je trouve, le lecteur en situation vivre la répétion incantatoire.]

Om Mani Padme Hum
Dans chaque bulle de prière
On le pressent
Le lama dans sa montgolfière
Ascende, incandescent
Tout de pourpre vêtu
Pareil aux oriflammes
Par le vent, déchiquetés, battus
Vibrant comme des flammes ...

Om Mani Padme Hum
Tibet ... Bhuttam ... Sikkim
Malgré la prison des murailles
Le lama noble et magnanime
Transcende le réel, au fi des représailles.
L'oppresseur le garde en joue
Croyant terroriser le martyr
Dont on voit sur les joues
Fleurir un doux sourire.

Om Mani Padme Hum
Le soldat debout dans sa fange
Le groin rouge de hargne
Tire ... et l'écho ne dérange
Que le vent gémissant par delà les montagnes
La balle fait s'épanouir Pourpre dans la poussière
Une fleur de lotus, et mourir
Le lama plongé dans la prière.

Om Mani Padme Hum
D'autres mains font tourner la roue
Dans l'air raréfié des montagnes
La poussière de sang est devenue boue
Cent fois la haine, cent fois la hargne.
Libéré le lama monte vers la lumière
Vers Gautama il s'élève invincible
Protégé dans sa montgolfière
Il est maintenant inaccessible.

Oum Mani Padme Hum.

[Je m'accorde, émue, à cette évocation, et je salue l'audace !]

Jacqueline Maire, Mars 2000