Je te vois avancer dans
ce monde désert
tu vas à pas dansés
tu guettes dans le vent le chant de cet oiseau que toujours tu entends
la nuit a réveillé l'étang embrouillardé
entre tes bras tendus je devine enlacé
solidement étreint
ce rêve blanc d'enfance aux reflets de lumière
qui toujours en toi danse
tout près
s'éclaire et bruit le miroir irisé
un feuillage chuchote au friselis du vent
l'eau doucement clapote en longs frémissements
dans la nuit qui murmure à petits sons feutrés
la nature alertée partout s'est ébrouée
et il pleut des rayons de lune qui voltigent
sur l'étang piquetés par des yeux de reinettes
et tu tournes et danses
imprimant ton vertige au rêve qui prend forme entre tes bras en fête
et vous virevoltez sur l'étang qui frissonne
le brouillard s'est taillé
tout alentour résonnent
les bourgeons éclatés dans de longs jets de sève
dans le ciel ébloui un soleil neuf se lève
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