Discus: L'atelier d'écriture: Atelier : vous avez dit "virgule" ?


By Jean (Jean) on lundi 28 janvier 2002 - 23h02:

Allons-y… une nouvelle proposition pour février ?

Il y a peu sur un des fils j’ai suivi sur ce forum une discussion qui traitait de l’utile ou de la vanité de la ponctuation….

Pourrait-on construire un paragraphe, un texte, d’une vingtaine de lignes, parfaitement clair dans la forme et intéressant sur le fond en utilisant la ponctuation sous contrainte ?… d’autant plus contrainte qu’on n’utilisera pas non plus le pronom relatif ni la conjonction, que la préposition sera évitée autant que possible et qu’on ne disposera que d’un seul point ( . ), d’un seul point-virgule ( ; ) et d’une demi douzaine de virgules ( , ).

  

By Jean (Jean) on dimanche 03 février 2002 - 21h30:

Bien…. Votre mère avait raison qui vous disait qu’à jouer avec les allumettes on finit toujours par se brûler !
Faudra-t-il faire durer vraiment cette proposition de l’atelier puisque si rapidement la démonstration semble faite qu’il est bien difficile de se passer de la ponctuation comme du moindre signe conventionnel quand on voudrait « écrire » ?

Quoiqu’on fasse la tentative d’écriture n’est que la représentation graphique, le dessin à dessein, du langage, sans autre intention que le traduire le plus correctement possible et quoiqu’il dise ou prétend dire du concret ou de l’abstrait, des choses ou des idées, des visions ou des sentiments ; cette représentation saurait-elle éluder l’inspiration, l’expiration, la reprise de souffle, l’exclamation, l’intonation du langage ?

Si l’écriture verticale d’un poème supprime parfois aisément ces signes là c’est bien parce que le « retour à la ligne » les remplace, signal pour signal… et « l’écriture » a y bien regarder n’invente rien, elle triche ! car comme le précisaient et s’y attellent encore quelques poètes à l’étroit dans leur peau ce n’est pas l’écriture mais le langage qui est à réinventer.

On peut d’ores et déjà se pencher sur les quelques participations qui se sont frotter à l’exercice.


By Antonella (Antonella) on mercredi 30 janvier 2002 - 13h30:

bonjour Jean,
Je dois encore t'avouer humblement que je suis un peu brouillée avec toute cette terminologie grammaticale..en effet, où commence la conjonction et où se termine la coordination? :o))
Alors, voilà, j'ai fait une première tentative qui doit être truffée de "fautes" par rapport à la consigne et si tu veux bien la corriger, me dire mes erreurs et les mots que j'aurais absolument dû éviter, je t'en serai reconnaissante et je le modifierai en conséquence.

Voilà ma tentative de texte :

Etre parents n'est pas seulement un bonheur totalement épanouissant contrairement à l'idée véhiculée par une société peu désireuse de s'avouer ses sentiments profonds comme de regarder la réalité en face, l'être humain étant trop souvent honteux de reconnaître la haine parfois suscitée par sa progéniture à cause de son énergie volée et de sa sphère intime violée, sentiment souvent fortement ressenti en particulier par les mères littéralement "dévorées", voire par les pères s'ils s'impliquent beaucoup au niveau éducatif, bien que les liens les unissant à leurs enfants soient selon moi d'un autre ordre, l'amour paternel étant à mes yeux fort différent de l'amour maternel pas tant dans son intensité mais bien plutôt dans ses racines, ceci étant évidemment une opinion personnelle absolument discutable et probablement déja abondamment discutée dans les milieux "psy" autorisés, tout ce discours un peu emberlificoté m'amenant à la conclusion suivante ; nos enfants ogres réveillent en nous des sentiments ambivalents, nous pouvons rejeter nos petits aussi fort que nous les aimons, ce constat honnête loin de toute culpabilité étant peut-être le premier pas en direction d'une "parentitude" saine.

Aïe, aïe, aïe, ça doit être catastrophique, mais j'ai pour circonstance atténuante de ne pas être dans la branche et d'avoir quitté les bancs de l'école depuis un certain temps déjà..merci de ta compréhension.
Amicalement
Antonella

merci Antonella,

je crois que ta participation évoque assez bien ce que je voulais dire : en contraignant l’écriture dans ce qu’elle pourrait a priori avoir de moins important nous contraignons notre langage et donc ce que nous voulons dire est forcément beaucoup moins clair.
De ton texte qui fait appel à des sentiments très forts et assez universels je retire une impression d’un salmigondis assez didactique, un rien confus, qu’il m’a bien fallu relire quatre ou cinq fois avant d’en tirer un peu de « moelle »..
Comme j’ai pu dans l’atelier précédent apprécier de manière très sensible la manière assez remarquable avec laquelle tu pouvais nous confondre et nous impliquer implacablement dans ton univers sentimental je te rejoins ici pour dire que si ce n’est pas vraiment catastrophique, en ce qui concerne ton « potentiel » indiscutable, ce n’en est pas loin…. Mais rassure toi, c’est absolument, résolument, complètement de ma faute et je t’en demande pardon. Pourrais-tu récrire tout ça en retrouvant ta pleine liberté et nous comparerons les choses ; je crois que ça se passera de tout commentaire.

Amitiés à toi


By Danleuten (Danleuten) on mercredi 30 janvier 2002 - 16h40:
Bonjour…

Jean, je ne peux pas résister...

Les chapeaux virgulent,

Chaque matin rouge rue amère l’homme incliné piétine les chapeaux distraits, abominablement stupide ainsi bouleversé, débusquant les têtes chahutées la nuit un peu pensive au tronc de l’asile épuisé où la camisole étrange vole un petit pas douteux page suivante difficilement lisible le visage pointé vers la folie ; point de suspension quand le chapeau travaille sa virgule, c’est ici la chapellerie a capella agitant vivement son pied mordu par l’hôtesse forestière, la raisonnable couleur trempée nue, véritable coiffure sanguine avalant toutes les voix songeuses roulées sous les melons fripés de l’homme piétinant toujours les loges cervicales, couvre-chefs jaune thé sournoisement feutrés, décidément vissés tels un képi fondant.

Dan

Salut mon Daniou, content de te voir là

je t’avoue que je t’aurais tout de suite reconnu dans cette façon de « travailler du chapeau ».
Bon… tu restes assez loin de la proposition très pragmatique de l’atelier où s’agissant de virgule nous étions bien dans le domaine de la ponctuation au 1er degré alors qu’il semblerait que ce fut pour toi un signe autrement perceptible, autrement envisageable, désignant autre chose tout comme ces autres virgules que sont les laissées inciviles au rebord des cuvettes hygiéniques.

Après avoir repris deux gardénal et un cran à la camisole peux-tu reprendre ton histoire en respectant la contrainte technique ? Tu devras alors objectiver qu’à la fin de l’hiver ce n’est pas à cause du vent du nord mais bien à cause du vol silencieux, rasant et crépusculaire des escargots tigrés que le dernier chou frissonne dans le potager désert.

Atchoum !!
Jean


By Jeanguy (Jeanguy) on mercredi 30 janvier 2002 - 18h05:
Jean,

Pour suivre Antonella sur le chemins des enfants. Et comme elle je n'ai jamais été un as de la subordonnée ni de la conjonction et je trouve qu'il y beaucoup trop de virgules. M'enfin, j'essaie quand même :

Ah ! Les enfants Antonella, avez-vous remarqué ceci : les instants de vrai bonheur que ces chenapans nous procurent, ne faut-ils pas aller les chercher dans ces moments extraordinairement si rares et voluptueux, ces moments où « OUF » il ne leur est rien arrivé, rien de grave je veux dire, ni amygdales ou végétations à extraire ou otites à répétition ou autres maladies à fièvres subites et violentes quasiment inévitables ponctuant leur vie et la nôtre au fil des nuits d’hivers et même d’été, pas trop de mauvaises notes à l’école ni chutes à vélo ou de l’arbre ou yeux au beurre noir et plus tard, mais n’y êtes-vous peut-être pas encore, ce sont les Ouf des rentrées nocturnes après les boums (mais comment appelle-t-on ça de nos jours), je parle de ces soirées à attendre, on leur avait pourtant bien dit d’être rentrés pour minuit et il est déjà minuit dix et on pense à la chute dans le canal tout proche ou à la mobylette sous une voiture ou pire encore mais Ouf vous entendez la clé dans la serrure; et puis plus tard ça continue toujours et encore, Ouf le divorce ne s’est pas trop mal passé, Ouf ils ne sont pas dans la charrette du dernier plan de licenciements. Alors je me dis qu’au nombre de Ouf poussés tout au long des années on peut mesurer le bonheur d’avoir eu des enfants

salut JeanGuy,

bonne idée de reprendre le chemin d’Antonella, ça m’aide à poursuivre la démonstration.
De toute évidence ton texte est d’emblée beaucoup plus accessible, lisible d’emblée veux-je dire, que celui d’Antonella auquel il répond… mais ! il y a un « mais » de taille ! il me semble aussi évident que tu as fait beaucoup moins cas de la contrainte qu’Antonella qui, scrupuleusement quant à elle, lui a sacrifié son « style ». En effet si la charge en signes de ponctuation est assez bien respectée et limitée elle est très avantageusement remplacée par le nombre des conjonctions… que je demandais de limiter dans les mêmes proportions afin de donner l’intérêt à cette tentative.
Ton paragraphe devrait donc être repris en supprimant autant que possible les « et », « ou », « mais » etc. sans pourtant rajouter trop de virgules ; c’est faisable mais tu vas vite te rendre compte que ce n’est pas une sinécure.

Amicalement


 

By LibéLOL (Alain) on mercredi 30 janvier 2002 - 20h41:

...Proustade ( essai )


Etait-ce mature émergeant prélude
précédant défiant l'insondable
indomptable vieillissement
son immense intense appétit
trop émoussé le vivre va dissimulé
années pyramide ivre accumulées
mini-récit l'anti-héroïne ottomane
son devenir lumière kleptomane
schtroumpfée pointue trop-lu-tu-tues;
aile-an le souffle libre délivre
Eve retrouvait lentement l'extrême
doigt-thé manifestivement
ce doux goût si longtemps perdu.
Relire les livres

AR_d_N 30-01-2002

salut à toi, Alain…

te connaissant comme je crois te reconnaître je suis à peu près sûr que ce « proustade » doit s’interpréter en « croustade » :

croustade :n. fém. Croûte de pâte feuilletée ou brisée, de pain de mie, qu’on garnit de diverses compositions (viande, champignons, etc.).

en effet virgules ou conjonctions ne modifieraient pas le goût fondamentalement.

Bien à toi ( l’ à matelas, of course)


By Clémençon Jean-Pierre (Jean_Pierre) on mercredi 30 janvier 2002 - 22h32:

C’était une maison avec un grenier sombre et difficile d’accès , un lieu interdit où il n’était possible de pénétrer qu’ en fraude , poussiéreux et sentant un peu le renfermé, suffisamment bizarre pour que le cœur batte très fort lorsque l’ on en franchit la porte, suffisamment complexe pour éviter d’ y poser des repères , remplis de boîtes de carton soigneusement fermées et se ressemblant toutes , de machines aux fonctions inconnues ou oubliées , de récepteurs radio d’ un autre temps , de boîtes ayant certainement autrefois servis à renfermer des biscuits , remplies , l’ une d’ actions de sociétés depuis longtemps disparues , l’ autre de “* lifde brifjes “ signés une certaine Blanche dont on ne parlais jamais mais dont le nom avait certainement été prononcé lorsque l’ on était tout petit ; il y avait aussi une boîte pleine de faux-cols amidonnés et de manuscrits dont seuls quelques mots étaient déchiffrables, un violon orné de minuscules incrustations de nacre , mais ne possédant que deux cordes; une clarinette aux tampons de parchemin mangés par les mites , un petit coffre-fort renfermant quelques pièces d’ argent et des médailles militaires .Derrière une collection impressionnante de ” lecture pour tous “ , il serait peut-être possible de découvrir une boîte à chapeaux remplie de boutons de toute sorte , deux ou trois petites aquarelles réalisées très certainement par un peintre amateur, mais soigneusement encadrées , une petite boîte de carton de grande qualité recouverte de caractères chinois et renfermant des morceau de camphre emballés six par six dans du papier de cellophane et qui malgré l’ emballage dégageraient une odeur forte et mystérieuse , laissant penser que toute la chine est baignée par cette odeur et puis il y avait aussi une planche qui craque , sur laquelle il ne fallait jamais marcher , de peur de signaler sa présence et des tas d’ autres choses accumulées , sans ordre apparent , comme une mémoire à déchiffrer .

je ne dois pas répondre à tous les critères , mais il n'y a que deux phrases , ça j' en suis sur,je pourrais peut-être enlever quelques virgules ......je ne sais pas si ça aiderait......
les conjonctions ou les prépositions je sais plus trop ce que c'est..............
mais les incultes peuvent peut-être jouer aussi..........

bonjour JP et merci de ta participation :

je suis d’accord avec toi et sûr avec toi sur le fait qu’il n’y a que deux phrases mais j’avoue que j’ai renoncé à décompter les virgules et les conjonctions.
Bon texte que celui-ci ; agréable à lire et d’une grande clarté jusque dans le fouillis du détail où jamais ne se perdent pourtant l’idée et les sensations de l’auteur… agréable et clair cependant parce qu’il n’a pas comme tu le pressens répondu à tous les critères imposés, loin s’en faut… et même en dégageant quelques virgules …. !!!
Mais ça ne fait rien puisque ça m’aide encore un peu à enfoncer le clou et la virgule.

Amitiés à toi Jean Pierre.



By Jacque G (Jg) on mercredi 30 janvier 2002 - 21h45:

Je suis pas sûr d'avoir compris...
Pas grave...
Inspirez un bon coup, que j' vous suscite un brin… et hop c'est parti...

Poètes et poétesses il y a des soirs comme ça ou j'aimerais bien vous dire, combien je vous trouve las et combien j'ris d'bon cœur, d'vous voir défigurer, des mots à contre sens, d'adverbes en s'figurant, d'vous savoir acrobates, sur des paroles en l'air ou y'a vraiment pas d'quoi, monter le chapiteau ou tant les regards s'éloignent, de tous vos temps qui passés, quitte à vous retourner, des jours auparavant.

salut Jacques
je ne sais pas si cette participation est une participation … je n’en dis rien donc


 
By Jacque G (Jg) on mercredi 30 janvier 2002 - 21h56:

Y'en à plus pour ce soir !:o))

By Jacque G (Jg) on mercredi 30 janvier 2002 - 22h06:

zut ! Pas de conjonctions ! Même pas lu s'truc avant!Et en plus, il faut vingt lignes? pfff ! bon , j'laisse les grands jouer, quand jack-coure...

j’ai donc bien fait de n’en rien dire

amicalement


By cigale (Cigale) on jeudi 31 janvier 2002 - 16h47:
bonjour à tous,


les idées s'effilochaient aussi, cerveau lentement embrumé lui racontant sa propre histoire à reculons, mélangeant les éléments les plus anodins, leur donnant parfois absurdement une importance prépondérante, parfaitement usurpée lui soufflait néanmoins une vague lucidité rémanente trop rarement présente, venant brusquement brouiller à nouveau quelques cartes, l'essoufflant chaque fois un peu davantage; c'est le temps pensa-t-elle, sa fuite se fait sentir lourdement, son poids m'écrase progressivement, je suis en train de rejoindre lentement la terre, périple terminé, je vais pouvoir bientôt arrêter les questions épuisantes s'enfilant les unes aux autres.

............. ouf !

By cigale (Cigale) on jeudi 31 janvier 2002 - 16h55:
ou alors ceci ?

Elle appréciait infiniment la légèreté ressentie à imaginer l'énorme masse métallique fendre l’air,traverser en rugissant les nuages,lui communiquer profondément ce léger frémissement la laissant imaginer être une bulle dérivant au-dessus du magnifique paysage se déplaçant lentement, admirable perspective paisiblement exposée toute entière à sa contemplation ;
elle oublia rapidement son environnement immédiat s'imaginant escalader librement l’espace extérieur complètement illuminé, commençant par investir l’aile comme elle aimait occuper l’extrême pointe d'un bateau, regarder l’eau scintillante se fendre, y plonger mentalement, vivre le merveilleux voyage dessus-dessous sans jamais se déplacer, suivant seulement ses yeux toujours curieux, délaissant un temps la carcasse inerte si pesante pour s’élancer dans ce fascinant univers.

ma cigale est astucieuse !

je n’ai pas émis de restriction quant à l’usage de ce faramineux participe présent ou de l’infinitif qui se foutent pas mal du pronom relatif et donnent le change… j’aurais dû
!

reste que même si ces paragraphes sont plus courts que ceux prévus, demandés, ils parviennent à surmonter la difficulté en travaillant la phrase de manière séquentielle mais progressive et toujours liée ; le vocabulaire assez riche et les qualificatifs ou adverbes abondants permettent en effet de tenir la longueur imposée…
c’est peut-être dans cette direction qu’il faut entrevoir une solution possible.

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je joins aussi deux autres participations reçues par mail de la part de Marie-Claire et de Ghislaine

« Vous avez dit virgule » Perplexité il faut choisir
virgule ponctuation joli petit trait courbé séparant les mots muselant brièvement la voix
virgule coquine désignant la mèche aguichante virgule accrocheuse virgule blonde brune rousse
virgule flottante scientique implacable précision électronique
montre -virgule maîtrisant sa verge à saillie unique crochet ignorant l’érotisme
bacille virgule sournois vibrion cholérique agitant élégamment ses cils trompeurs
virgule musicale agrémentant la partition sévère
point virgule coupant le texte impérativement
il me faut choisir la bonne , je suis indécise
Larousse numéro dix tu me perturbes
j’élimine la cholérique indésirable la lancinante montre virgule martelant impitoyable nos heures nos minutes nos secondes, j’écarte la scientifique virgule flottante inhumaine niant l’erreur ,
je garde la coquine élégant accroche-cœur elle me plaît la coquette soie vivante appelant la caresse,
je te garde également petite virgule littéraire ponctuante frisure mon souffle s’essouffle t’oublier c’est mourir la bouche sèche, enjoliveuse rendant aérienne la page encombrée je veux tes petits silences ils sont mes bienfaisants oasis ;
vous avez dit virgule, chut, je suis le petit silence doux léger venant calmer le vacarme des mots je suis le repos
m’oublier est folle hérésie je suis indispensable mon existence est réelle la preuve je parsème allègrement mon essai , vous aviez dit six virgules je n’ai aucun remords la supplémentaire est mon petit plaisir personnel .
Marie-Claire

merci Marie-Claire de votre participation.

Vous avez pris à la lettre cette histoire de virgule.. en fait dans cet atelier nous nous piquons plutôt de « technique », du moins dans cette proposition fallait-il le prendre ainsi.
Très sympathique cependant et tout compte fait pertinente votre tentative de justifier la virgule en prenant soin de l’éviter… pour votre plaisir personnel vous vous en êtes octroyé une supplémentaire mais pour le notre et vos prochaines participations que nous espérons nous vous accorderons toutes celles que vous jugerez utiles… et je vous fais confiance : ponctuation ou non votre envie et votre plaisir d’écrire ne peuvent nous échapper.. j’ai eu plaisir à vous lire et j’ai envie de vous relire.

Très sincèrement,
amitiés
JB



Ghislaine :

Voici le texte écrit en obéissant à votre contrainte.

La mort n'est pas noire
Je vous parle comme à une amie je ne vois pas beaucoup de monde je suis seule je regarde le monde vivre je vois le monde s’écarter Les vieux dérangent ils savent trop de choses ils regardent derrière la vie ils sentent la mort ils observent de leurs yeux de fouine les miettes de bonheur abandonnées ils perdent la tête ils laissent le corps prendre le place de l’esprit Leur corps les ronge ils regardent par le trou de la serrure les amants imaginés C’est leur vie cette gorge ouverte où passe le lit de la jeunesse la gorge se resserre se resserre la mort arrive, ils moisissent ils s’affaissent ils voient la maladie déchirer leur histoire Je vous parle comme à une amie, vos yeux surpris lisent la vieillesse de votre jeunesse vous ravalez votre orgueil vous m’observez vous déchargez votre jeune pitié compatissante vous parlez lentement vous prenez le temps vous vous adaptez vous êtes mes yeux vous êtes mon esprit réincarné vous êtes mes oreilles vous êtes le temps retrouvé Je vous laisse partir pourtant, vous avez votre vie mais votre absence m’est douleur, plus d’ouïe plus de vue plus de goût plus rien juste le souvenir disparu l’espace momifié ; la télévision branchée crache ses films reportages actualités je n’ai plus de désirs je veux mourir bientôt mourir fatiguée des souvenirs Je veux mourir le retrouver Il m’attend, moi sa femme- fiancée perdue retrouvée immobile sous la cire du temps moi sa vie moi sa mort il m’attend un jour il m’attend depuis longtemps, je vous parle mais je ne vous vois plus, je sens le fil se casser je respire à peine surtout ne pas le couper je suis le blanc aimé
Ghislaine

bienvenue et merci Ghislaine,

sans me répéter je vous apporterai les mêmes commentaires qu’à Marie-Claire.. obéissante comme vous le dites, vous avez supprimé les virgules, la ponctuation et le reste, sans aucune arrière pensée ; cependant même absentes on « sent » et on « s’impose » toutes les virgules manquantes dans votre très bon texte qui ne gagne rien à cet édulcoration, au contraire… d’ailleurs je le copie pour mon usage personnel et lui redonne toute la ponctuation qu’il mérite.

Merci à vous encore de ce bel effort d’écriture.

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Bref, pour revenir à la question posée dans la proposition (peut-on se passer de la ponctuation ?) force est de constater qu’affirmer « oui ! » semble une véritable gageure…. La bonne cause de la virgule paraît entendue.

Si quelques-uns veulent encore s’essayer à chahuter et proscrire la ponctuation qu’ils se dépêchent… je ne crois pas qu’on s’attarde bien longtemps sur le sujet… je réfléchis à un autre thème.

Salut à tous

Jean






_

 

By Elisa (Elisa) on lundi 04 février 2002 - 05h55:

Jean, encore un peu de boulot! Voici un texte, où les contraintes sont assez artificielles et pas toutes respectées.





Coulis de fraise

Mer de sable
Mer de frai
Goûteur d’huile
Huile d'olive
On en mangerait
Père, tu m’as faite
Puisse ton pouvoir se perpétrer
Communiquer
Aux miens, ils n'en ont pas besoin
Ta fermeté et ton prestige
Ton air divin
Ta nature de roi
En chocolat
Le souvenir de toi est si prégnant
Que je le caresse de son vin
Limpide
Diaphane vraie
Bucolique mystérieuse
Claire viveuse
Semblable différente
Mère fille
Apocalypse now
Grandie dans les blés
Sœur de théâtre
Femme joyeuse
Coulis de fraise
Reine des mûres
Atomes crochus
Univers noir sur blanc
Fin d'escapade...

Tu me dois un commentaire sur mon texte du précédent thème, je l'attends avec une certaine curiosité. Bien à toi
Elisa



Combien de fois avez-vous lu: "On est prier de ne pas marché sur la pelouse", ou "Ne pas marchez sur la pelouse"?

Brillants résultats pour l'éducation nationale et ses inénarrables ministres, tous auteurs d'impérissables réformes.

 

 

 

By LibéLOL (Alain) on lundi 04 février 2002 - 10h07:

...merci Jean...
...j'avais eu la flemme
( et non pas le flegme...encore moins le phlegmon )
de vérifier ce qu'était exactement une croustade...
...ça sent plutôt bon,
surtout si ça ne sort pas tout show
d'une "viennoiserie" indus !
...bien cordialement, b+...alain,
boulanger artisanal ( en un seul mot S.V.P.€ :-o)))

By Jeanguy (Jeanguy) on lundi 04 février 2002 - 10h39:

Merci Jean,
Ca y est je me souviens "Mais ou et donc or ni car "
Sans ajouter trop de virgule !!!!????

Ah ! Les enfants Antonella, avez-vous remarqué ceci : les instants de vrai bonheur que ces chenapans nous procurent, ne faut-ils pas aller les chercher dans ces moments extraordinairement rares, ces moments de « OUF il ne leur est rien arrivé », rien de grave je veux dire amygdales, végétations à extraire, otites à répétition , fièvres subites quasiment inévitables ponctuant les nuits d’hivers, pas trop de mauvaises notes à l’école sans parler des chutes à vélo, des yeux au beurre noir ramenés de l’école et plus tard, n’y êtes-vous peut-être pas encore, ce sont les Ouf des rentrées nocturnes après les boums (comment appelle-t-on ça de nos jours), je parle de ces soirées à attendre, on leur avait pourtant bien dit d’être rentrés pour minuit, vous regardez votre montre Bon dieu ! il est déjà minuit dix alors on pense à la chute dans le canal tout proche, à la mobylette sous une voiture, que sais-je encore quand soudain Ouf vous entendez la clé dans la serrure; peut-être dites-vous bon plus tard ça ira mieux, non non plus tard vous verrez vous en aurez encore des Ouf , des Ouf à la pelle à l'en veux-tu en voilà : Ouf le divorce ne s’est pas trop mal passé, Ouf ils ne sont pas dans la charrette du dernier plan de licenciements…
Alors je me dis qu’au nombre de Ouf poussés tout au long des années on peut mesurer le bonheur d’avoir eu des enfants.

Pas beaucoup mieux, n'est-ce pas.

By Jean (Jean) on lundi 04 février 2002 - 11h15:


T’as raison JeanGuy, dans l’esprit de la contrainte remplacer conjonctions par virgules et « lycée de Versailles »… ça le fait pas beaucoup mieux.

T’as bien raison Jean Pierre mais le gentil Marcel ne comptait pas aussi scrupuleusement ses virgules et conjonctions quand il déroulait ses phrases à longueur de page…

T’as bien raison aussi Antonella , c’est trop facile de proposer des trucs pareils sans avoir essayé soi-même… je m’y suis donc collé immédiatement en lisant ton message ce matin ! galère ! si j’ai contenu, sur vingt lignes, autant que possible la ponctuation je n’ai pu empêcher, même en les contrôlant, l’intrusion de plusieurs conjonctions, prépositions et autres relatifs ; je n’ai d’ailleurs jamais douté que sans cela la mission est quasi impossible… d’où ma proposition faramineuse.

Je vous livre ça un peu brut… puisque je vous le dois… et je vous promets d’oublier Proust dès maintenant, d’ailleurs je n’ai jamais été fanatique des madeleines et c’est encore Alain qui a raison, les croustades ça a quand même une autre gueule et une autre appétence.


Amicalement,
JB


humeur saisonnière

Chaque soir je regarde descendre du ciel printanier toujours mauve les grands voiliers de canards sauvages tourbillonnant entre les nuages de laitage rance étirés en camées jusqu’à l’horizon où va finalement se perdre mon regard étonné parmi les oiseaux multicolores disparus aussi vite qu’ils sont venus derrière l’écran mordoré des frêles épis floches de ce que je reconnais parfaitement être la roselière du bout du monde où tout un été durant nous avions su nous aussi planquer nos amours sauvagines ; souviens t’en de cet été sans heure où notre seul témoin fut le soleil faufilant ses rayons entre les hautes tiges comme on glisse un coup d’œil entre les planches mal jointes de la palissade d’un chantier interdit et souviens toi de la mer toute proche tirant à longueur lente de ses lames des plaintes aux galets qu’elle roulait sans cesse en cherchant à soutenir la rythmique harmonie de nos expirations-inspirations si parfaitement confondues qu’il me sembla possible d’envisager l’éternité puisque le temps lui-même, cet ennemi de toute chose, n’avait plus aucune prise sur l’instant où nous venions d’entrer sans que plus rien ni plus personne ne puisse nous faire douter de la perpétuité du mouvement régulier de nos cœurs l’un sur l’autre battant.

L’automne est revenu alors tu es partie, fille de l’air prédestinée, emportant sous ton aile la chanson du vent au violon dans les grands roseaux secs et depuis, quand au printemps le ciel pleut le soir des oiseaux de passage aux quatre coins de ma roselière embrumée, je me crève les yeux ainsi que l’espérance de te voir revenir à tire-d’aile te reposer un peu de tes courses infidèles au beau milieu du marais désolé et saumâtre de mon âme à jamais en hiver.

By Clémençon Jean-Pierre (Jean_Pierre) on lundi 04 février 2002 - 12h18:

Malgré de nombreuses années de plongée sous-marine et une certaine expérience de l'apnée, j'ai eu beaucoup de mal à attendre "sauvagine" sans apport d'oxygène. La deuxième plongée jusqu'au "temps lui-même" fut plus aisée, l'entraînement peut-être?
Une méthode à exploiter! Commencer avec deux lignes sans poses, ensuite trois puis quatre et ainsi de suite,une fois bien échauffé il serait peut-être possible d'en supporter un paquet!
Attention tout de même à l'ivresse des profondeurs;-))

By Philippe_V (Philippe_V) on lundi 04 février 2002 - 12h32:

lecteur semi-anonyme de votre atelier je me prend
au jeu de la proposition de ce mois-ci.

Voici un petit texte :


Intérieur aubergines

Espace continu champs asymptotes
La matière est vibratoire,
Colorée

Des motifs décoratifs réguliers
recouvrent la pièce,
Entièrement

La fenêtre découpe plat
Point fuite, ombres, lumières
C'est le vert le plus clair;
L'horizon

Une table distordue, éprouvante torsion
Un reflet miroitique
Lui rend l'illusion
Perspective

Elle encadre trois aubergines
Posées là,
Sustensives

Des lignes de motifs bleus
Imaginent une autre pièce
Retour de l'oeil,
L'intérieur ouvre plat

 

By Jean (Jean) on lundi 04 février 2002 - 21h48:

Bon, alors finalement il y a du rab….

Elisa , je reviens sur ton histoire de papa-roi-du-chocolat … oui d’accord mais comme on a dit, du moins comme je le pense, le retour à la ligne de l’écriture verticale vaut bien largement son pesant de virgules… en plus comme tu as choisi le principe de l’énumération, de la liste, je ne sais pas si je vais avoir assez de virgules dans mon PC pour remettre ton texte à l’horizontal….même en changeant le statut et le parfum de ton paternel.

Je te dois en effet un commentaire sur ton texte revu à la 1ere personne… je n’ai pas oublié

Amitiés à toi.


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Salut à toi Philippe V (c’est Vé ou 5 comme Le Long ?)

Je ne peux que te dire la même chose qu’à Elisa même si le style différent, plus lié, limiterait en effet l’éventuelle ponctuation, il demeure que le choix du « poème » dans sa typographie d’usage permet de dépasser, contourner à la ligne, la contrainte imposée sans y satisfaire vraiment comme le voulait la proposition. Cette sorte de dyslexie volontaire qu’affectionne parfois la prosodie, disons… plus contemporaine, permet sans aucun doute cette licence avec les encombrantes virgules dont on essaie de se passer depuis 8 jours sans résultat probant…

N’aurais tu pas cet œil si pertinent à travers lequel voient les peintres ?

Merci en tous les cas pour ces couleurs et ces prismes d’une très subtile observation.

JB


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Reprends ton souffle Jean Pierre … c’était pour rire ! en effet il faut appliquer une méthode et, comme tu le dis, tâcher de ne pas y perdre son fil d’Ariane au risque d’atteindre des profondeurs insondables d’où on ne remonte pas facilement et où pas un marsouin de passage n’aura l’idée d’aller vous repêcher.
Amicalement.

By Antonella (Antonella) on lundi 04 février 2002 - 22h58:

Il est super ton texte, Jean, très poétique, et tu respectes plutôt bien la consigne, il faut le dire. Seulement, le manque de virgules et de ponctuation en général m'a obligée à le lire pratiquement en apnée. :o))
Décidément, un texte, c'est un peu comme un homme : on ne l'empêche pas impunément de respirer à son rythme..

Toute mon amitié
Antonella

 

 



 

By Micheline_B (Micheline_B) on mercredi 06 février 2002 - 16h53:

Balayant mes rêves poétiques musicaux matériels charnus
Puis les chemins étranges prolongeant ces rêves
Je semble presque prisonnière;
Quelques ponctuations indésirables
Quelques mots maudits interdits rendent mes pas mesurés
Ma parole contrôlée mon inspiration timorée
Ma progression laborieuse mon expression peureuse,
Adieu conjonctions prépositions pronoms relatifs,
J'avance prudemment trop laborieusement
Bon gré mal gré cahin-caha,
L'ignorant je voyageais utilisant inlassablement une parole polluée,
Il me faut actuellement peser chaque expression
Chaque phrase ébauchée,
Je deviens tatillonne
Ma démarche est vaine fastidieuse
Ayant épuisé les signes,
O merci virgules alertes
O merci points parfois impératifs rarement inutiles
Virgules points vous êtes mes amis
Mes alliés mes complices je vous dis mon amour.


Micheline le 6 février 2002

 

By Elisa (Elisa) on mercredi 06 février 2002 - 18h48:

Voici peut-être le texte, on trafique l'ordinateur pendant mon absence, au secours!

La musique me rajeunit, m’exalte, elle m'ébobille, tantôt elle m’émeut aux larmes, tantôt c’est pour moi un brouhaha discordant. Ceci dit l’effet produit ne dépend pas du style de musique écouté, plutôt de mes états d’âme, réceptifs, sentimentaux, conviviaux, au contraire d’un besoin de solitude, de me refaire, de me recentrer sur moi-même, le violon me ravit, il faut dire que mon père en jouait très bien, mon fils écoute toutes sortes de musiques, classiques, folkloriques, aussi bien du rock, du jazz, des arrangements de Bach faits par un chef d’orchestre japonais, ceci pendant des heures, sur l’unique ordinateur de la maison ; j’ai la joie d’ouïr tout cela, me tenant dans la pièce d’à côté, et d’en profiter quand j’en ai envie.

A mon avis, c'est nul, mais tant pis

 

By Rolland rpavarotti (Rolland) on mercredi 06 février 2002 - 22h13:

J'essaie:

En cherchant pour cet atelier d'ecriture le mot le plus long de la langue francaise : "anticonstitutionnellement" dans notre grand dictionnaire Larousse (notre petit Larousse etant depuis quelque temps perdue j'ai du farfouiller pendant des heures entieres dans le grenier de ma tante Adele pour enfin trouver au milieu d'un bric-a-brac absolument inimaginable une copie beaucoup plus vieille: une tres ancienne edition offerte par ma grand-mere lors de mon quinzieme anniversaire il me semble bien ) je me suis retrouve nez à nez avec mon ami "anticonformiste", une vieille connaissance rencontrée sur les escaliers de l'Universite Saint Charles de Marseille pendant les belles annees soixante-dix, quand je dis "les belles annees soixante-dix" probablement je veux dire les annees d'une jeunesse incouciante passée au milieu d'une foule estudiantine en revolte contre un pouvoir jugé beaucoup trop dirigiste.
Pour en revenir a mon ami "anticonformiste" je dois vous avouer que cet ami en fait c'etait évidement moi; j'avais horreur des manifestations où l'on doit lever le poing comme un seul homme sous les instuctions de nouveaux generaux en uniforme bleu (blue-jeans), autoproclamés tout naturellement, j'avais également horreur de ce regime capitaliste aux valeurs si peu humanistes, ma solution se bornait à "vivre ma vie" de facon aussi independante que possible, d'essayer de vivre "à la Brassens" en fin de compte.

Amities,
Rolland

By Pyjapois (Pyjapois) on jeudi 07 février 2002 - 00h22:

Il y a de très beaux textes mais nous nous devons d’admettre que la virgule est très voyante quand elle n’est pas là s’il est encore possible de voir une invisibilité forcée par l’exercice et d’entendre le silence marqué par la respiration d’une ponctuation utile à la survie de quelques comédiens asthmatiques et assez fous pour se lancer dans une déclamation poussée d’une vingtaine de lignes nues de virgules et de points qui leur permettrait peut-être par ce biais d’entrer dans le livre des records et passer sur TF1 en compagnie de Vincent Perrault et du recordman du monde de l’avalage de saucissons de poney mort comme le deviendront ces jeunes comédiens inconscients du danger du fait de leur âge et de leur manque de connaissance dans la physiologie de l’appareil respiratoire humain qu’ils n’ont ainsi jamais étudié vu qu’ils se laissaient pousser les cheveux au cours Florent où les asthmatiques ne manquent pas d’après une étude récente sur le cours Florent et les asthmatiques qui ne sont pourtant pas aveugles et devraient voir qu’une absence de virgules ou de points peut rendre mortel un texte.

Je m’arrête là, je suis en manque.
On sent la virgule, on la marque, on la pose là où le correcteur d’un manuscrit cédillerait les espaces blancs. Cet atelier aura montré, enfin c’est mon avis et je le partage, que la virgule est vitale au texte et au comédien car oui, et c’est pas peu de le dire, sans la virgule, combien de comédiens suffoqueraient aux urgences après avoir déclamé 20 lignes d’un trait ?
La virgule devrait être remboursée par la Sécu.

Bravo à tous, je n’ai pas eu votre courage, ma virgule vous salue bien bas, elle est à vos pieds,.

 

 

 

 

 

By Jean (Jean) on jeudi 07 février 2002 - 15h30:

Deux mots encore puisqu’on a l’air de s’accrocher à la virgule.

By Danleuten (Danleuten) on mardi 05 février 2002 - 17h05:
[…]

(Pour les « fautes à la mode », une qui revient souvent aussi : « ceci dit » quand il faudrait dire « cela dit »…)

Daniou

ah voui !…. et qui qu’a dit ça à toi ? « ceci » conférant à ce qui est plus proche et « cela » plutôt à ce qui précède ou ce qui est plus loin, « cela » est mieux marié en effet avec « dit » mais la licence est d’usage et assez bénigne non ?

cela dit, c’est histoire d’en causer
.


By Micheline_B (Micheline_B) on mercredi 06 février 2002 - 16h53:

Balayant mes rêves poétiques musicaux matériels charnus
Puis les chemins étranges prolongeant ces rêves
Je semble presque prisonnière;
Quelques ponctuations indésirables
Quelques mots maudits interdits rendent mes pas mesurés
Ma parole contrôlée mon inspiration timorée
Ma progression laborieuse mon expression peureuse,
Adieu conjonctions prépositions pronoms relatifs,
J'avance prudemment trop laborieusement
Bon gré mal gré cahin-caha,
L'ignorant je voyageais utilisant inlassablement une parole polluée,
Il me faut actuellement peser chaque expression
Chaque phrase ébauchée,
Je deviens tatillonne
Ma démarche est vaine fastidieuse
Ayant épuisé les signes,
O merci virgules alertes
O merci points parfois impératifs rarement inutiles
Virgules points vous êtes mes amis
Mes alliés mes complices je vous dis mon amour.


Micheline le 6 février 2002

salut Micheline,

oui, t’as tout compris : une virgule vous manque et tout est « à peu près » !

j’aime bien ta façon très suggestive de nous l’expliquer.

t’as tout compris… mais t’as pas appliqué la contrainte ! mon p’tit doigt me dit que tu as triché exprès !

amitiés





By Elisa (Elisa) on mercredi 06 février 2002 - 18h48:

Voici peut-être le texte, on trafique l'ordinateur pendant mon absence, au secours!

La musique me rajeunit, m’exalte, elle m'ébobille, tantôt elle m’émeut aux larmes, tantôt c’est pour moi un brouhaha discordant. Ceci dit l’effet produit ne dépend pas du style de musique écouté, plutôt de mes états d’âme, réceptifs, sentimentaux, conviviaux, au contraire d’un besoin de solitude, de me refaire, de me recentrer sur moi-même, le violon me ravit, il faut dire que mon père en jouait très bien, mon fils écoute toutes sortes de musiques, classiques, folkloriques, aussi bien du rock, du jazz, des arrangements de Bach faits par un chef d’orchestre japonais, ceci pendant des heures, sur l’unique ordinateur de la maison ; j’ai la joie d’ouïr tout cela, me tenant dans la pièce d’à côté, et d’en profiter quand j’en ai envie.

A mon avis, c'est nul, mais tant pis

« ébobille » ? « ébaubie » veux-tu dire ?

oui je suis ébaubi ! non pas comme tu le dis, que ton texte soit nul, je ne le crois pas sincèrement… mais à part « le point et le point virgule » j’ai tout de même l’impression que des contraintes imposées tu t’es encore gentiment battue l’œil ! T’as raison… reste libre avant tout.

Bise à toi



By Rolland rpavarotti (Rolland) on mercredi 06 février 2002 - 22h13:
J'essaie:

En cherchant pour cet atelier d'ecriture le mot le plus long de la langue francaise : "anticonstitutionnellement" dans notre grand dictionnaire Larousse (notre petit Larousse etant depuis quelque temps perdue j'ai du farfouiller pendant des heures entieres dans le grenier de ma tante Adele pour enfin trouver au milieu d'un bric-a-brac absolument inimaginable une copie beaucoup plus vieille: une tres ancienne edition offerte par ma grand-mere lors de mon quinzieme anniversaire il me semble bien ) je me suis retrouve nez à nez avec mon ami "anticonformiste", une vieille connaissance rencontrée sur les escaliers de l'Universite Saint Charles de Marseille pendant les belles annees soixante-dix, quand je dis "les belles annees soixante-dix" probablement je veux dire les annees d'une jeunesse incouciante passée au milieu d'une foule estudiantine en revolte contre un pouvoir jugé beaucoup trop dirigiste.
Pour en revenir a mon ami "anticonformiste" je dois vous avouer que cet ami en fait c'etait évidement moi; j'avais horreur des manifestations où l'on doit lever le poing comme un seul homme sous les instuctions de nouveaux generaux en uniforme bleu (blue-jeans), autoproclamés tout naturellement, j'avais également horreur de ce regime capitaliste aux valeurs si peu humanistes, ma solution se bornait à "vivre ma vie" de facon aussi independante que possible, d'essayer de vivre "à la Brassens" en fin de compte.

Amities,
Rolland

salut Rolland, bienvenue à toi

c’est assez bien essayé… je me demande quand même si toutes les virgules qui manquent dans ton texte, indubitablement, ne font pas cruellement défaut quand il s’agit de le lire. Il suffirait peut-être de peu dans la tournure pour qu’on s’aperçoive un peu moins qu’elles ont été « oubliées ».
Qu’en penses-tu ?

Pour essayer de vivre « à la Brassens » le plus facile est peut-être de se laisser pousser les bacchantes, le moins aisé ce sont les accords glissés de 7eme en mineur, un rien jazzy, sur une guitare acoustique… puis après, avec ou sans virgule, mettre des mots dessus suffisamment pertinents et percutants pour que la jeunesse insouciante se prenne à vouloir vivre comme vous… c’est une bonne idée au demeurant.

Bien amicalement à toi
JB


By Pyjapois (Pyjapois) on jeudi 07 février 2002 - 00h22:
Il y a de très beaux textes mais nous nous devons d’admettre que la virgule est très voyante quand elle n’est pas là s’il est encore possible de voir une invisibilité forcée par l’exercice et d’entendre le silence marqué par la respiration d’une ponctuation utile à la survie de quelques comédiens asthmatiques et assez fous pour se lancer dans une déclamation poussée d’une vingtaine de lignes nues de virgules et de points qui leur permettrait peut-être par ce biais d’entrer dans le livre des records et passer sur TF1 en compagnie de Vincent Perrault et du recordman du monde de l’avalage de saucissons de poney mort comme le deviendront ces jeunes comédiens inconscients du danger du fait de leur âge et de leur manque de connaissance dans la physiologie de l’appareil respiratoire humain qu’ils n’ont ainsi jamais étudié vu qu’ils se laissaient pousser les cheveux au cours Florent où les asthmatiques ne manquent pas d’après une étude récente sur le cours Florent et les asthmatiques qui ne sont pourtant pas aveugles et devraient voir qu’une absence de virgules ou de points peut rendre mortel un texte.

Je m’arrête là, je suis en manque.
On sent la virgule, on la marque, on la pose là où le correcteur d’un manuscrit cédillerait les espaces blancs. Cet atelier aura montré, enfin c’est mon avis et je le partage, que la virgule est vitale au texte et au comédien car oui, et c’est pas peu de le dire, sans la virgule, combien de comédiens suffoqueraient aux urgences après avoir déclamé 20 lignes d’un trait ?
La virgule devrait être remboursée par la Sécu.

Bravo à tous, je n’ai pas eu votre courage, ma virgule vous salue bien bas, elle est à vos pieds,.

bonne nuit, Pyjapois !

C’est pas mal… je veux dire la conclusion (que je subodorais devoir être la tienne depuis une certaine discussion au bout d’un autre fil) ; pour « l’essai pur » force est de constater un petit problème de syntaxe vers la fin (du texte un peu court) et un certain abus de cette effroyable copulative qu’est le « et » qui, je le proclame haut et fort ici, sont bien éloignés du style très ponctué et pointu de tes participations, ici et là sur ce forum,… souvent un bonheur !

A bientôt
JB




 

By Antonella (Antonella) on jeudi 07 février 2002 - 19h57:

Ma seconde et dernière tentative...

Une des méthodes préconisées pour lutter contre le cafard (il en existe beaucoup) consiste à contempler attentivement sa propre image et à répéter longtemps et d'un ton monocorde la litanie suivante: je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien je vais bien...sur une vingtaine de lignes environ. Après ça, si on ne va toujours pas bien, mieux vaut aller se recoucher...Conclusion; que pense Jean de ma façon sournoise de détourner la consigne?

By Danleuten (Danleuten) on jeudi 07 février 2002 - 21h47:

« Cela dit » et jamais « ceci dit » ! La faute est au contraire de taille. Lire ce qu’en pense le Littré.
Ex :
« cela dit il faut bien constater que… »
« Ceci est mon testament. »
« Que dites-vous de cela (après avoir parlé).
« Que dites-vous de ce ceci » (en montrant une chose).

Dan (j’insiste).

By Jean (Jean) on jeudi 07 février 2002 - 22h20:

j'en pense que sur ces quelques 5 lignes (incomplètes) de "je vais bien" on compte une trentaine de ... "je vais bien" justement !
le problème est que pour celui qui ne connait pas tes qualités d'écriture, la virgule entre chacune de ces exclamations est quasi-obligatoire ; sinon, dès la trois ou quatrième comment saurait-il si tu prétends : "je vais bien " ou "vais bien je" ou encore "bien je vais" ? pour sa plus grande confusion.
Je pense donc que tu seras d'accord avec moi pour admettre qu'il manque ici : 30 X 5 X 4 (pour faire les 20 lignes) = 600 virgules et donc, de ce facteur 100 de la contrainte il ressort que .......... T'as perdu ! ;-)

à part ça comment vas-tu ?

amitiés

By Jean (Jean) on jeudi 07 février 2002 - 22h31:

« cela dit il faut bien constater que… »
« Ceci est mon testament. »

noooon ! Dan ! ne fais pas ça ! c'était pour rire !

« Que dites-vous de cela (après avoir parlé).

bah ... ça dépend !

« Que dites-vous de ce ceci » (en montrant une chose).

QUOI !!! c'est tout ce que tu me lègues !!! alors tu mentais quand tu disais m'aimer ?

Dan (j’insiste).

allez!!! ne saute pas et venez boire un coup toi et ton copain Littré... y aura Robert et pis La Rousse !

 

 

By Jean (Jean) on vendredi 08 février 2002 - 14h31:

By Philippe_V (Philippe_V) on vendredi 08 février 2002 - 11h06:

Jean,
Je reprend une dernière fois ce fil de dicussion
dans lequel tu me demande si j'ai l'oeil si
pertinent à traver lequel voient les peintre.
Je ne sais pas si mon regard est pertinent,
j'espère bien que pourra tu me le dire et en quoi
il l'est. En revanche (cela dit) j'ai l'impression
que je ne sai rien faire d'autre que regarder.
Mais je te renvoi l'ascenseur en parlant de
peintre tu étai très proche et je pense que tu
l'as compri, le contournement principal que j'ai
essayé de faire était de considérer le texte
entier comme un pronom, celui de Matisse, son
tableau : Intérieur aux aubergine.
Amitiés
philippe

oui, oui Philippe, j’avais cru renifler le fumet de cet intérieur là à travers ton texte où je soulignais la pertinence de ton œil pour la façon dont tu nous avais retracé ces couleurs et ces volumes si caractéristiques… d’où ma question.
Amitiés à toi et à bientôt.
JB

PS : peux-tu vérifier ton clavier : il me semble que la frappe du « S » y soit capricieuse… je n’avais pas remarqué la chose quand tu demandais : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos « textes » » … alors technique ou pas ?…. ;-)


 
 

 

By Micheline_B (Micheline_B) on dimanche 10 février 2002 - 09h33:

Dérogation festive autorisée ?

Féminine virgule tu as été tellement absente ces derniers temps
Je te repouse je te néglige
Excuse-moi
C'est un jeu c'est un exercice
Mes phrases deviennent fades insipides tristounettes
Aucune pause aucun rythme
Le nombre perd sa partie décimale
Le récit perd sa cadence
Reviens-moi belle douce tendre petite chose
Vivement ton retour
Après-demain mardi gras jour festif
Acclamerons-nous la virgule
Acclamerons-nous le point autre signe indispensable
Le point offre des éclairages neufs des parfums différents
Il fait avancer le récit
Après-demain mardi gras jour festif
Faisons-leur la fête largement somptueusement joyeusement
Après-demain mardi gras jour festif
Acclamerons-nous aussi les conjonctions prépositions pronoms relatifs
Après-demain mardi gras jour festif
Oserons-nous décrocher un peu