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En cette période de Carnaval, voici un travestissement
littéraire où se
joue une double contrainte d'écriture et de lecture : aux lecteurs d'en
décrypter les formes et la signification.
Amancio Tenaguillo y Cortázar
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le soleil du matin (La Demeure d'Astérion)
dois-je nommer ou couvrir d'un voile
la vérité nue
le moment venu dire le jour dire la
nuit
ici
me parviennent les rumeurs d'un autre monde les
murmures d'un ailleurs inconnu j'ai le
pressentiment d'un jeu &
je vais à la rencontre de
l'autre
ombre multiple visage anonyme j'ai croisé ton rire étoilé dans une
rue nocturne
ici
j'ignore ton nom & je veux oublier la fleur rouge sur le sable car
le moment n'est pas encore venu de tout dire car
l'écriture d'une lettre est
une supplication car
mes nuits sont des miroirs où mes jours se
répètent
détails de mon corps morceaux détritus d'une ville malade
elle & moi dans la
demeure transparente corrida de l'amour nous restons endormis & nos corps sont la
preuve du temps car la mort est aveuglante dans
le soleil du matin
Texte d'Amancio Tenaguillo y Cortázar
commenté [les commentaires sont entre crochets.]
[Cette identité ne manque pas d'aiguillon, il me semble (celui d'Éros ?);
je me prépare à des coïncidences stimulant l'incarnation.]
le soleil du matin (La Demeure d'Astérion)
dois-je nommer ou couvrir d'un voile
[Et nommer souvent recouvre d'un voile, oui ?]
la vérité nue
le moment venu dire le jour dire la
nuit
[Cette polysémie vibrante m'alerte.]
ici
me parviennent les rumeurs d'un autre monde les
murmures d'un ailleurs inconnu j'ai le
pressentiment d'un jeu &
[J'en admire le brio.]
je vais à la rencontre de
l'autre
ombre multiple visage anonyme j'ai croisé ton rire étoilé dans une
rue nocturne
ici
j'ignore ton nom & je veux oublier la fleur rouge sur le sable car
le moment n'est pas encore venu de tout dire car
[Oui, j'entends une voix, en lisant ces mots, je postule une personne
et sa densité émotionnelle, son intensité érotique... Tout dire ?
cette exhaustivité envisagée gonfle-t-elle cette ardeur ?]
l'écriture d'une lettre est
[Je pense fugitivement à la lettre écarlate.]
une supplication car
mes nuits sont des miroirs où mes jours se
répètent
détails de mon corps morceaux détritus d'une ville malade
elle & moi dans la
demeure transparente corrida de l'amour nous restons endormis & nos corps sont la
preuve du temps car la mort est aveuglante dans
le soleil du matin
[Je contemple la vanité de l'arène au soleil du matin.]
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