Une peinture de Laurence de Sainte Mareville

Présentation de l'atelier

 

janvier 2000 : "Le minotaure et le matador"

Contribution  de Amancio Tenaguillo y Cortázar

texte seul

texte commenté

 

 


En cette période de Carnaval, voici un travestissement littéraire où se
joue une double contrainte d'écriture et de lecture : aux lecteurs d'en
décrypter les formes et la signification.
Amancio Tenaguillo y Cortázar

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le soleil du matin (La Demeure d'Astérion)

dois-je nommer ou couvrir d'un voile

la vérité nue

le moment venu dire le jour dire la

nuit

ici

me parviennent les rumeurs d'un autre monde les

murmures d'un ailleurs inconnu j'ai le

pressentiment d'un jeu &

je vais à la rencontre de

l'autre

ombre multiple visage anonyme j'ai croisé ton rire étoilé dans une

rue nocturne

ici

j'ignore ton nom & je veux oublier la fleur rouge sur le sable car

le moment n'est pas encore venu de tout dire car

l'écriture d'une lettre est

 une supplication car

mes nuits sont des miroirs où mes jours se

répètent

détails de mon corps morceaux détritus d'une ville malade

elle & moi dans la

demeure transparente corrida de l'amour nous restons endormis & nos corps sont la

preuve du temps car la mort est aveuglante dans

le soleil du matin


 

Texte d'Amancio Tenaguillo y Cortázar commenté [les commentaires sont entre crochets.]

[Cette identité ne manque pas d'aiguillon, il me semble (celui d'Éros ?);
je me prépare à des coïncidences stimulant l'incarnation.]

le soleil du matin (La Demeure d'Astérion)

dois-je nommer ou couvrir d'un voile

[Et nommer souvent recouvre d'un voile, oui ?]

la vérité nue

le moment venu dire le jour dire la

nuit

[Cette polysémie vibrante m'alerte.]

ici

me parviennent les rumeurs d'un autre monde les

murmures d'un ailleurs inconnu j'ai le

pressentiment d'un jeu &

[J'en admire le brio.]

je vais à la rencontre de

l'autre

ombre multiple visage anonyme j'ai croisé ton rire étoilé dans une

rue nocturne

ici

j'ignore ton nom & je veux oublier la fleur rouge sur le sable car

le moment n'est pas encore venu de tout dire car

[Oui, j'entends une voix, en lisant ces mots, je postule une personne
et sa densité émotionnelle, son intensité érotique... Tout dire ?
cette exhaustivité envisagée gonfle-t-elle cette ardeur ?]

l'écriture d'une lettre est

[Je pense fugitivement à la lettre écarlate.]

 une supplication car

mes nuits sont des miroirs où mes jours se

répètent

détails de mon corps morceaux détritus d'une ville malade

elle & moi dans la

demeure transparente corrida de l'amour nous restons endormis & nos corps sont la

preuve du temps car la mort est aveuglante dans

le soleil du matin

[Je contemple la vanité de l'arène au soleil du matin.]
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