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    <title>Livres</title>
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    <description>Nos critiques, nos coups de cœur. Articles, analyses. Pour retrouver les critiques dans les archives du site : le coin des livres.</description>
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      <title>Livres</title>
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      <title>Une semaine de vacances, Angot</title>
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      <pubDate>Sun, 24 Feb 2013 03:28:48 +0100</pubDate>
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      <title>GLAS POUR L'ENCYCLOPÆDIA UNIVERSALIS VERSION PAPIER</title>
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      <pubDate>Mon, 19 Nov 2012 11:24:35 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2012/11/19_GLAS_POUR_ENCYCLOPDIA_UNIVERSALIS_files/page8image16352.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object001_3.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:290px; height:123px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;LA FIN DE L'EDITION PAPIER&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il reste 999 exemplaires de l'Encyclopædia Universalis. Le chiffre change tous les jours, visible sur le &lt;a href=&quot;http://www.octelio.fr/universalis_ultime_edition&quot;&gt;site de vente de l'EU&lt;/a&gt;. Ce sont les derniers. Après il n'y aura plus rien. Elle aura disparu. La version papier, comme ils disent, aura disparu. Voilà quelques jours que je le sais, et je ne sais pas ce que ça me fait. Je ne sais pas s'il faut se réjouir ou le déplorer. Je crois que j'aurais plutôt tendance à le déplorer. Parce que j'aime le livre et le papier. Parce que j'aime la couverture blanche. Parce que j'ai toujours aimé avoir cette Encyclopédie chez moi. Mais moi aussi, depuis longtemps, je suis passé au numérique. L'encyclopédie, elle est sur mon DVD, sur mon ordinateur, depuis des années.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nous sommes dans un restaurant de luxe à la Madeleine. J'ai été invité au déjeuner de presse, je suis venu. C'est rare, on le sait, que je fasse la démarche. Mais pour l'Encyclopædia, oui, pourquoi pas, malgré mon emploi du temps très chargé. Accueillis agréablement et chaleureusement par Hervé Rouannet, directeur général d’Encyclopædia Universalis. Déjeuner magnifique, ambiance feutrée. Des vins blancs merveilleux, malheureusement je ne peux pas trop y toucher, j'ai un rendez-vous juste après.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je m'attends à ce que l'on me vende le passage au tout numérique comme une évolution normale et positive. Ça ne rate pas. Qu'est-ce que l'on peut en dire ? On nous donne des chiffres, beaucoup de chiffres. Consciencieusement je note. Jusqu'à ce que je me rende compte que je me fous des chiffres, que ce n'est pas pour ça que je suis là.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je suis là pour en savoir plus sur les raisons qui. Mais elles sont évidentes. Elles ne sont pas dites, elles sont noyées dans le discours. Au bout d'une phrase on entend bien que cette partie de l'activité, l'édition papier, est tout juste profitable, je crois entendre le mot &amp;quot;neutre&amp;quot;. Les chiffres. 700 000 encyclopédies vendues depuis 40 ans. On nous donne une moyenne actuelle d'environs 2000 par an. Je me rends compte à l'écoute de ces chiffres (on a droit au chiffre d'affaire, au nombre d'employés etc.) que je n'avais aucune idée de l'impact réel de l'encyclopédie. On parle beaucoup des &amp;quot;institutionnels&amp;quot;. Les grands comptes, les scolaires. L'Encyclopædia Universalis, c'est un contenu de référence.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;UNE AFFAIRE DE DEUIL&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En finir avec le papier. Bien sûr, comment faire autrement ? Je ne me sers presque plus (mais encore un peu) de l'encyclopédie papier. Je me sers de l'encyclopédie chargée sur mon ordinateur. Aujourd'hui la proposition est l'accès au contenu par Internet. Je pose la question concernant les DVD. Oui, on va continuer, avec un soin particulier pour le packaging, de façon à rester l'ouvrage de référence.&lt;br/&gt;On nous parle enfin de ce qui me semble le plus évidemment faire question : la désacralisation. Le livre, les trente volumes magnifiques de l'ouvrage, la couverture blanche, les dorures, le papier, le soin particulier donné à la fabrication, l'odeur des pages, de l'encre, la qualité de la typographie, tout cela concoure de fait à donner un caractère sacré. Ne plus éditer sur papier, c'est désacraliser le texte, c'est le rendre plus accessible.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Quelque chose me heurte, précisément là. Tout d'abord l'aspect sacré du livre est également une forme d'accès au savoir, un accès par le désir. Le sacré est affaire de seuil, pas de marketing. Avec la fin de l'encyclopédie papier, le sacré devient affaire de deuil.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;DÉSIR NUMÉRIQUE&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On sonne le glas : voici l'institution du grand livre qui se meurt, qui disparait ; on n'en n'est plus au texte, mais au données ; plus au livre, mais au contenu. L'annonce en fanfare de la fin du livre par une de ses plus fortes institutions. Et que faudrait-il en dire ? Que c'est dommage ? Alors oui, c'est dommage, bien sûr, c'est dommage. Attraper au vol la dernière édition ? Pourquoi pas, mais le prix donne encore à réfléchir, bien qu'il ait beaucoup baissé ; on fait naître du désir, mais à y réfléchir, avoir l'encyclopédie, pour quoi faire sinon pour avoir accès à son contenu ?… Or le contenu est aujourd'hui accessible à 79€ par an. Dans les années soixante je me souviens que mon père vendait des encyclopédies au porte à porte. Pas celle-là, qui n'existait pas encore. Il y a quelque chose d'une perte. D'autant que le discours fait aujourd'hui une séparation forte entre le papier et l'écran, à dire que l'écran ne serait plus destiné à singer le livre, que les formes changent. La proposition d'une forme de type eBook ou pdf est ainsi rejetée, comme étant non pertinente techniquement ni économiquement. On entend bien que ce qui compte, ce sont les institutionnels, les scolaires, les régions, les accès par flux, par flot, par masse ; l'érudition individuelle ne représente rien ou presque comparée à la pulsion scolaire. Mais que je me rassure : j'aurai accès, nous aurons accès, individuellement, à l'encyclopédie, par Internet, pour une somme raisonnable. Comme si la connexion ne faisait pas de doute (on nous donne des pourcentages), comme si elle était toujours rapide, évidente, comme si elle fonctionnait toujours correctement. Espérons-le malgré tout.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En tant que directeur d'une revue point com, je ne devrais pas pouvoir déroger à l'inévitable évidence du texte en ligne ; pourtant je tique. Pour moi, l'un n'empêche pas l'autre. Le plaisir du papier n'interdit pas la nécessité du numérique. Ce qui importe, c'est la trace. Le numérique ne laisse pas de traces : la nécessité de l'électricité en signe l'inéluctable fragilité.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La concurrence est évoquée, celle de Wikipédia, vite rejetée par les convives. Pas de concurrence de contenu, s'il y en a une en termes d'accès. De fait, il ne s'agit pas tout à fait du même objet, du même projet, du même sérieux, du même désir. Toutefois cela revient forcément poser la question de l'économie numérique, du réseau, du gratuit, de l'esprit d'Internet. L'avenir ne dira rien : il sera ce que nous en ferons.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il reste encore quelques exemplaires de l'encyclopédie, et Universalia, le complément annuel, continuera d'être édité sur papier. Cette dernière édition est augmentée de quelques compléments, du type collector. On peut ne pas laisser passer le plaisir d'ouvrir les pages, de profiter encore du sacré, de plonger dans le précieux du livre, d'aimer l'objet et la maquette de Pierre Faucheux… Elle ne sera jamais réimprimée.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Il n'y a rien à dire, rien qu'à faire le constat de ce qui meurt. Ici sonne le glas du livre. Qu'il repose en paix. Ou qu'il renaisse de ses cendres.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Emmanuel Bing, 17 novembre 2012&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;À propos d’Encyclopædia Universalis&lt;br/&gt;Fondée dans les années 1960, Encyclopædia Universalis est une maison d’édition française indépendante, qui réalise un chiffre d’affaires de 7M€ et compte 48 collaborateurs en France. Son nom est associé à son produit éponyme : l’Encyclopædia Universalis, la plus importante des éditions culturelles généralistes de langue française. Aujourd’hui, après quarante-quatre ans de publication ininterrompue, l’entreprise se consacre entièrement au numérique.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Rouge assoiffée • Claudine Bertrand</title>
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      <pubDate>Sun, 9 Sep 2012 04:14:11 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2012/9/9_Rouge_assoiffee_Claudine_Bertrand_files/r_29135.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object001_2.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:343px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Le livre est rouge de je ne sais quel sang. Il me tient, m’enserre. Il est moi, terriblement, tant la proximité de ses mots à elle m'empoigne, et du rouge, du sang et de la rage, cette rage de nuit qui couve et qui s’ouvre de toutes les failles, déborde et coule, jaillit et rugit, tant ce qui se dit là m’est proche, de ces mots à elle, mots d’une femme. Une femme du Québec et du monde (toujours en voyage semble-t-elle, voyages comme une écriture vive sur la planète, voyages en elle-même, voyages à affronter ses précipices). Cette écriture me tient. C’est une écriture du bord des gouffres, de la rage pleine, de l’enfer, de l’envie ; plutôt du désir, désir tenace de vivre, et de ne pas laisser le monde quitte de sa présence rouge.&lt;br/&gt;Elle est la rage au monde, un temps, ce temps précieux pour vivre ; elle est une inscription dans le réel, une vraie vive. N’importe quelle parole ne peut pas être dite, et l’on sent comment celle-ci, dans cette force puisée d’où, de quels enracinements, de quelles déchirures, pourrait pourtant les dire toutes.&lt;br/&gt;Les thèmes m’empoignent (certains sont les miens également, toujours d’autre manière bien sûr, mais là une telle proximité, si étonnante) ; il y a la force du texte ; sa crudité ; parfois des jardins, des perles, « Brillant dans le petit matin / les perles de givre / s’attachent aux poils soyeux » ; avant que la rage ne regagne du terrain ; la perte d’une dent ; « Pourquoi t’éclipser / quand j’entre dans la chambre / que cherches-tu à nier / ton sexe de femme » ; je voudrais mettre en musique ces textes si je pouvais ; je voudrais les entendre chanter d’une voix profonde et grave, d’une voix sûre et sérieuse de femme ; « Après de petits grognements / un homme descend à la mer / une nouvelle vague se déploie ».&lt;br/&gt;Il y a une simplicité dans ces textes, une évidence, mais une évidence d’entre les lignes, une évidence de ce qu’il y a à ne pas dire, mais à transmettre d’autant plus crument, d’autant plus sereinement qu’il n’est nul besoin d’explication pour ne plus tout à fait bien savoir de quel bord on vibre.&lt;br/&gt;J’écoute la vibration de cette femme et je fais corps avec son écriture. D’une façon si étonnante : j’y entends une mer de flux et reflux, rouge, noire ; une mer odorante et femme ; j’y entends comme rarement dans ce siècle ce qu’il en est d’une écriture ; elle me vient de ce pays que je ne connais pas et que j’aime pourtant, qui depuis si longtemps m’interpelle avec insistance ; je devais lui parler de la rage : voilà qui est fait. Rage rouge d’écrire et d’être.&lt;br/&gt;Je lis la poésie de Claudine Bertrand comme avec la passion d’une vraie rencontre. On ne peut pas toujours tout se dire ou tout savoir. Une écriture du sensible qui emprunte au haïku le subtil (Chutes de voyelles), mais à Rimbaud aussi dans le simple de la prose (je ne dis pas : c’est comme du Rimbe, hein ! Je dis qu’il y a, là aussi, de l’encre et du sang ! Âcre ! Bon sang !)…&lt;br/&gt;« Chacun porte en soi une île. On y trouve un refuge ou un naufrage. Mes yeux veillent depuis le petit matin : ils voudraient rencontrer le tremblement lumineux des vôtres. »&lt;br/&gt;Quelque chose me renverse et me laisse coi, comme échoué sur une plage sensible. Il y a là cette mesure de l’intime qui, seule, me convient à lire. Je vis maintenant avec cette poésie. Je lis.&lt;br/&gt;« J’écris du plus loin de la douleur. Du ventre qui vacille. / Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Se dérobe une part de réalité. / Mes mots suivent le trajet des circuits nerveux en de saintes ellipses. » (Ailleurs en soi).&lt;br/&gt;Je regrette que le livre, édité chez TYPO – poésie, se délite. Preuve peut-être de ma rage à le lire et à le vouloir ouvert ; il m’en faudra d’autres exemplaires. Rouge assoiffée est un recueil de textes choisis dans l’œuvre déjà conséquente de Claudine Bertrand. Une belle préface de Louise Dupré.&lt;br/&gt;Il y a parfois des textes et des êtres importants qui traversent votre vie. Claudine Bertrand fait partie de ceux là.&lt;br/&gt;Emmanuel Bing - 9 septembre 2012&lt;br/&gt;Éditions TYPO, 2011, 400 pages, ( Librairie du Québec 30 rue Gay-Lussac 75005 Paris )&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Pensées en désuétude • Fany Cosi</title>
      <link>http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2012/8/25_Pensees_en_desuetude_Fany_Cosi.html</link>
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      <pubDate>Sat, 25 Aug 2012 12:53:41 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2012/8/25_Pensees_en_desuetude_Fany_Cosi_files/image_19135.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object003_2.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:343px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Depuis des mois et des mois j'ai ce livre en souffrance dans la pile. Je l'ai ouvert. Dès que je l'ai reçu, je l'ai ouvert. J'ai commencé à le lire. J'ai commencé à en penser quelque chose. Et puis les livres se sont empilés. Je ne pouvais pas y revenir. Je ne pouvais pas revenir à ce livre, je ne pouvais pas revenir à la question qu'il me posait. Il ne me laissait pas indifférent, c'était déjà ça. En dire quelque chose, c'était prendre un risque, et ce risque était celui de déplaire à son auteur ; or, pour une raison subtile, je ne voulais pas prendre ce risque. Voilà donc ce qui me retenait.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je ne suis pas très sûr du titre : il ne me donne guère envie d'y pénétrer. Je n'aime pas beaucoup la couverture. Pourtant le dessin n'est pas mal. C'est le graphisme qui dessert le livre. Cela n'est pas bien grave au regard du texte.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Fany Cosi a une écriture ; et quelque chose qui se trame sous le texte.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&amp;quot;Inceste. Elle en avait assez. De tourner. Dans sa tête. Des scénarios. Sans queue ni tête.&lt;br/&gt;Des scénarios passés. D'une petite enfance. Mal passée.&lt;br/&gt;........&lt;br/&gt;Elle en avait assez. De revivre dans ses rêves. Sans trêve. Des moments périmés.&lt;br/&gt;Elle en avait assez. D'alimenter dansle coin de son cerveau. Une petite enfance en peau de chagrin. Passée. Mal.&lt;br/&gt;Elle en avait assez. De tourner en rond. En perdition. Dans un présent absent. Dans un lointain sans fin.&lt;br/&gt;Elle en avait assez. De se débattre. Battre contre une petite enfance. En défaillance. En conséquence. Passée. Mal. Dans un lointain sans fin.&amp;quot;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Oui, il y a là quelque chose, une douleur, une blessure. Une force aussi. Un courage à tenter de se dire. Une violence dans l'écriture. Elle se bat, avec les mots, avec le ventre, avec la mort. Elle se bat contre les mots, contre le texte, un texte qu'elle déchiquète qu'elle découpe, qu'elle amortit ainsi, peut-être pour qu'il fasse moins mal. Il y a une violence, une férocité. Parfois des accalmies.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je regrette une certaine systématique dans la coupure, dans la hachure du texte, qui semble avoir été faite après coup, alors qu'il aurait mérité un véritable travail, dans le questionnement de ce qu'il y aurait à ne pas dire, dans un questionnement de l'écriture, à quoi de toute évidence la belle jeune femme qui se cache derrière le pseudonyme de Fany n'est pas étrangère.&lt;br/&gt;C'est ici un texte de sang et d'amour. Une tristesse, mais aussi une énergie violente en butte à un réel trop dur.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On la trouvera et la retrouvera, sous son nom véritable j'espère, nonobstant Pessoa, dans les rayons des libraires, pour d'autres livres encore.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pensées en désuétude&lt;br/&gt;Fany Cosi&lt;br/&gt;170 p&lt;br/&gt;Prix : 15,20 €&lt;br/&gt;Éditions Edilivre&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Emmanuel Bing - 250812</description>
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      <title>De mon sang • Amanda Hocking</title>
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      <pubDate>Sat, 25 Aug 2012 12:16:27 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2012/8/25_De_mon_sang_Amanda_Hocking_files/covers.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object002_2.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:343px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Je n'arrive pas à lire Amanda Hocking. Je m'intéresse à la luxueuse plaquette qui m'a été fournie avec le livre. Il y est dit qu'elle est millionnaire grâce à Internet, qu'elle a publié son texte sur la toile et qu'elle est devenue célèbre comme ça. Avec le néologisme Bit-Lit, on accèderait à un nouveau genre de littérature. Belle aventure, donc. On vente son talent indéniable pour raconter des histoires. On raconte son âge, son chien, son colocataire. On raconte le livre : &amp;quot;Le jour où Alice rencontre Jack, la jeune fille ne s’attend pas à voir sa vie basculer. Il suffira d’une discussion autour d’un café en pleine nuit pour qu’elle se sente proche du jeune homme. Alice n’avait jamais rencontré quelqu’un comme lui, aussi sûr de lui, agaçant et rassurant à la fois. Puis Alice rencontre le frère de Jack, Peter. Il l’attire comme un aimant, bien malgré elle – et malgré lui. Car il semble la détester d’emblée. Mais hésiter entre deux garçons n’est pas ce qui pouvait arriver de pire à Alice... Le secret qu’elle découvrira changera sa vie à jamais.&amp;quot; &lt;br/&gt;On apprend que ce sont des vampires. On est donc bien à la mode.&lt;br/&gt;Je ne parviens pas du tout à m'intéresser à ce texte, ni à cette jeune femme milliardaire. L'écriture est une suite de lieux communs à l'américaine, j'ai du mal à savoir si c'est la traduction qui grossit le trait ou si le texte est effectivement tout à fait lâche, sans portée. Des dialogues de série TV à n'en plus finir. Je ne vois ni les lieux, ni les personnages. Rien. L'impression qu'ils sont dénués de toute profondeur. Non, je ne m'intéresse pas à ce genre de littérature, pas du tout. Il n'y a pas d'écriture. L'impression d'un vide sidéral. J'ai bien conscience que je ne suis pas le bon public pour cela. Que cette fille s'amuse avec ses histoires et ses millions, après tout, pourquoi pas ! On assiste tout de même avec ce genre d'ouvrage à la lente destruction, décomposition, du gigantesque travail d'écriture et d'intelligence de Proust, Joyce, Woolf, Kerouac, Sarraute, Beckett, Simon, Kafka, Lowry et de tant d'autres qui ont fait la littérature, la vraie.&lt;br/&gt;Désolé, Amanda. Vous êtes sans doute charmante, mais votre livre ne m'intéresse pas. Je ne crois pas qu'une quelconque Bit-Lit, si elle s'origine de ce genre d'ouvrage, puisse contribuer le moins du monde à la littérature. Mais il n'y a pas à désespérer : peut-être que cette jeune femme se mettra un jour au travail.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;De mon sang&lt;br/&gt;Amanda Hocking&lt;br/&gt;316 p&lt;br/&gt;Traduit de l’anglais (États-Unis) par Florence Cogne Prix : 15,20 €&lt;br/&gt;Éditions Castelmore&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Emmanuel Bing - 250812</description>
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      <title>HENRI MATISSE, ROMAN • ARAGON</title>
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      <pubDate>Sun, 28 Nov 2010 04:57:38 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/11/28_HENRI_MATISSE,_ROMAN_ARAGON_files/519EAXAYZPL._SS500_.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object195.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:321px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Peut-être cette ré-édition vous a-t-elle échappé ?&lt;br/&gt;En 1971 Aragon publie sous ce titre un luxueux livre d'art en 2 tomes. Il est peu diffusé et réservé à une petite élite. Gallimard a repris  textes et illustrations dans une édition accessible à tous.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les 60 premières pages du livre consistent en une alternance de dessins de Matisse et d'articles d'Aragon sur le peintre. Le tout dans le tohu-bohu. C'est l'accouchement d'une idée, d'un rêve de rencontre directe avec le peintre. ( rêve qui va se concrétiser enfin en 1941).&lt;br/&gt;La phrase s'interrompt, interroge, revient en arrière, laisse en suspend, digresse, se reprend, repart...... Les détails insolites , en apparence insignifiants (mais presque toujours signifiants) se mêlent aux méandres tragiques de l'Histoire, butent inlassablement sur une date: 1941.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le texte alors se structure , clair, lucide, réfléchi, profond.&lt;br/&gt;Au fil des pages, à partir de personnages apparemment hors sujet – comme Pétrarque ou James Joyce – Aragon remet inlassablement sur le métier le sujet de son &amp;quot;roman&amp;quot;, Henri Matisse. Matisse n'est d'ailleurs pas uniquement &amp;quot;sujet&amp;quot;, puisqu'il intervient, omniprésent, par ses re-lectures et ses commentaires en marges des textes d'Aragon, ses lettres inédites, ses dessins, ses tableaux.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le tout est tissé dans un apparent désordre: &amp;quot;je reviens sur mes pas. Je les compte et je m'y perds. Je reviens sur mes pas...&amp;quot; A vous de faire  le tri entre quelques souvenirs alambiqués, quelques arguties oiseuses (genre défense et illustration de l'homme Aragon) et les textes subtils, riches, intelligents, qui sont légion.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Subjectif, personnel, émouvant, ce roman se lit comme...un roman.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;                                                                                                Viviane Bloch&lt;br/&gt;</description>
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      <title>Comment Jesus est devenu Dieu • Lenoir</title>
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      <pubDate>Sun, 28 Nov 2010 04:51:05 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/11/28_Comment_Jesus_est_devenu_Dieu_Lenoir_files/51bOvnD6ZUL._SS500_.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object001_2.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:343px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;Frédéric Lenoir&lt;br/&gt;Edition Fayard (2010)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;D'une façon vivante, pédagogique, en chapitres courts, Frédéric Lenoir nous présente l'homme Jésus, ce que l'on sait de sa vie, comment ses disciples l'ont perçu puis comment et pourquoi cette secte marginale du judaïsme s'impose peu à peu comme religion à part entière.&lt;br/&gt; Le mérite de l'auteur, outre le fait que sa documentation paraît sérieuse, est de nous faire avancer pas à pas, comme dans un roman, dans cette histoire complexe et fabuleuse.&lt;br/&gt;Fin du 1er siècle Suétone, Pline l'Ancien, Tacite et surtout Flavius Josèphe font allusion à Jésus et confirment la réalité de son existence tout comme les Evangiles et les écrits de Paul.&lt;br/&gt;Les Evangiles de Marc (écrit à Rome vers l'an 60), de Mathieu, de Luc (qui s'adresse aux chrétiens d'origine païenne, vers l'an 80) rappellent à tous que Jésus est Juif ainsi que ses disciples, qu'il réalise les promesses et les prophéties de l'Ancien Testament, que l'enfance de Jésus est enracinée dans le judaïsme mais que ses idées ont une portée universelle.&lt;br/&gt;Paul se fait connaitre par ses épitres; il sillonne l'Asie Mineure en infatigable promoteur du christianisme (qui ne porte pas encore ce nom). C'est un personnage étrange, né dans une riche famille de marchands juifs, citoyen romain. Juif très pieux il manifeste d'abord une farouche hostilité, presque fanatique, aux idées de Jésus avant d'être &amp;quot;illuminé&amp;quot; par la Vérité de Jésus qu'il défend alors avec le même fanatisme.  (Lire à ce sujet le livre d'Alain Decaux: &amp;quot;Paul, avorton de Dieu&amp;quot;) &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Jésus apparaît donc comme un juif pieux, se réclamant de ses racines, un réformateur s'inscrivant dans la tradition juive. Inclassable, il prend ses idées chez les pharisiens, les esséniens, ou chez Jean-Baptiste. Libre de toute attache il fait une interprétation personnelle de la Torah. Idéaliste, il prône l'amour du prochain comme l'avait fait Hillel avant lui, et qui avait résumé la bible en une phrase: &amp;quot;ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fit&amp;quot;. Il enseigne les Ecritures avec brio, il guérit, fait des miracles, clame son intimité avec Dieu...&lt;br/&gt;Il laisse planer un doute sur son identité, ne se faisant jamais cependant l'égal de Dieu.&lt;br/&gt;Il s'intitule lui-même &amp;quot;Fils de Dieu&amp;quot;. Ce terme,- qui est utilisé dans la Bible (Livre de Daniel) et dans le monde antique pour évoquer les anges, les patriarches, les rois, pharaon ou empereur -, peu à peu change de sens dès le 2ième siècle, impliquant dés lors une  relation unique avec Dieu.&lt;br/&gt;Pour la première fois, dans l'Evangile de Jean, rédigé au tout début du 2ème siècle, Jésus est assimilé à Dieu lui-même: &amp;quot;Au commencement était le Verbe. Et le Verbe était auprès de Dieu. Et le Verbe était Dieu... et le Verbe s'est fait chair. Et il a demeuré parmi nous.&amp;quot; La théorie de l'Homme - Dieu est née. Avec une certitude, la résurrection de Jésus, le débat sur son identité ne fait que commencer.&lt;br/&gt;Car, dès lors, d'énormes questions vont se poser à la nouvelle religion en gestation: comment Dieu peut-t-il s'incarner tout en gardant son statut totalement  transcendant ? Dieu peut-il mourir et souffrir ? Comment concilier humanité et divinité en une seule personne, ou sinon peut-on encore parler de monothéisme? Pendant quatre siècles ces problèmes vont secouer le christianisme naissant et vont perdurer tout au long de son histoire.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les premiers prédicateurs se rendent compte que les païens sont plus réceptifs à leurs messages que les juifs. D'où une question: faut-il assouplir les règles du judaïsme pour les attirer ? L'ensemble des disciples accepte finalement un compromis qui va irrémédiablement écarter les Chrétiens de leurs racines juives. Un événement historique va aggraver encore la rupture: en 70 Rome s'empare de Jérusalem, détruit le Temple, ruinant ainsi la classe sacerdotale qui exerçait le pouvoir religieux et politique dans le pays. Les judéo-chrétiens quittent Jérusalem creusant du même coup un fossé géographique entre eux et les pharisiens soucieux d'unité nationale.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Vers 250, nombre de païens rejoignent les chrétiens dans leur croyance en Jésus, Etre surnaturel.&lt;br/&gt;Les chrétiens s'organisent, sortent de la clandestinité, implicitement admis comme un groupe puissant par l'Empire romain. Ils mettent en place des structures solides, une Eglise hiérarchisée, solide, efficace, la Grande Eglise, qui devient majoritaire en Asie mineure, en Egypte du nord, autour de Carthage.&lt;br/&gt;A son avènement en 312 l'Empereur Constantin (par ailleurs admirateur des chrétiens) décide, en bon politique, d'appuyer son autorité vacillante  sur cette structure solide et moralement forte. Coup de pouce du destin, - ou de l'Histoire -. &lt;br/&gt;C'est encore Constantin qui contribue à renforcer l'unité de la Grande Eglise, l'incitant fortement à clarifier son orthodoxie et à lutter contre des courants théologiques multiples et importants: Nazaréens, Ebionites, tenants de Marcion  - le premier excommunié de l'Eglise pour avoir nié la généalogie juive de Jésus-, Gnosticistes - qui font de Jésus un être mystique détaché de toute réalité historique, se réservant à une élite d'initiés (hérétiques! Clame la Grande Eglise), Manichéistes -adeptes de Mani qui se veut &amp;quot;illuminateur&amp;quot; surpassant Jésus - ...., Arianistes qui, de plus en plus nombreux, suivent le théologien Arius: il  s'appuie sur la philosophie grecque et refuse de considérer le Christ comme l'égal de Dieu, seul éternel et incréé. Le Verbe, c'est à dire le Fils, est divin mais subordonné à Dieu. Ce n'est pas la croyance de la Grande Eglise. Celle -ci a maintenant un pape. Sous la pression de Constantin elle s'insurge contre ce qu'elle considère comme une hérésie dangereuse pour sa cohésion et réunit le premier concile de son histoire, à Nicée, en 325 pour imposer son premier dogme.&lt;br/&gt;D'autres conciles auront lieu, de nombreux schismes seront éradiqués, de nombreuses querelles et de nombreuses haines s'exacerberont avant que l'orthodoxie doctrinale de la Grande Eglise s'affirme  peu à peu et qu'elle présente un visage unifié lors du concile de Chalcédoine en 451. Dans cette édification le rôle des Empereurs romains pèse d'un grand poids.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Ce livre historiquement instructif amène la lectrice  que je suis à un certain pessimisme; le christianisme  n'est- il pas toujours à la fois humble, charitable, persécuté mais aussi  intolérant et persécuteur suivant les époques? Les  dogmes rigides qu'il s'impose ne sont-ils pas à la fois gage de solidité,  mais aussi source de conflits internes et de rejet ?&lt;br/&gt;L'humanité ne semble pas meilleure aujourd'hui qu'au temps de Jésus et les religions - de façon générale - ne semblent pas contribuer à créer un monde plus serein. Mais cette réflexion n'engage que moi. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;							                    Viviane   Bloch - novembre 2010</description>
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      <title>Lettres à Nathanaël</title>
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      <pubDate>Mon, 8 Nov 2010 11:18:12 +0100</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/11/8_Lettres_a_Nathanael_files/photo.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object197.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:187px; height:300px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Excellent ouvrage, simple et clair, qui reprend les thèmes principaux, cruciaux, de la psychanalyse, sous un angle à la fois précis, juste et sans fioritures, laissant le lecteur se reporter aux textes tout en le guidant avec patience et ténacité sur les chemins théoriques ardus de l'analyse.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La présence de Lacan dans ce texte, et la façon dont Liliane Fainsilber nous permet de l'aborder paisiblement, y est tout à la fois fondamentale, radicale, et rendue aisée par l'écriture sans détours de la psychanalyste.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Je craignais que l'adresse au lecteur et le principe épistolaire destinés à structurer l'ouvrage ne me le rendent indigeste, mais on oublie très vite ces facilités pour entrer dans le vif d'un sujet dont on perçoit tout le cœur que l'auteur met à le rendre accessible sans l'édulcorer.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Emmanuel Bing&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Lettres à Nathanaël&lt;br/&gt;L'harmattan 2005&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Une invitation à la psychanalyse&lt;br/&gt;Ce livre invite à une relecture des textes de Freud et de Lacan. Dans ce champ de la psychanalyse, tout comme l’amour ou la haine, la ferveur est un affect. Au siècle des troubadours, cette ferveur, dérivée du latin fervor, évoquait bouillonnement, ardeur, chaleur. &lt;br/&gt;En référence à la gaie science des poètes, je souhaiterais pouvoir partager, avec chaque lecteur, cette ferveur de la psychanalyse, qui, seule, lui permet de survivre.Liliane Fainsilber a été une analysante de Jacques Lacan. Accompagnée par lui, elle est ensuite devenue psychanalyste. Depuis 2004, elle a créé un groupe de travail sur Internet, « Le groupe des cinq psychanalyses ». Elle est aussi responsable du site :« Le goût de la psychanalyse » : &lt;a href=&quot;http://perso.wanadoo.fr/liliane.fainsilber/&quot;&gt;http ://perso.wanadoo.fr/liliane.fainsilber/&lt;/a&gt; &lt;br/&gt;</description>
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      <title>Aesculapius</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:49:22 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_Aesculapius_files/9782081225442FS.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object017_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:348px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Se sentant menacé, Jehan Fauvel, mire très connu possède une pierre mystérieuse qu’il confie à son ami l’évêque d’Alençon.&lt;br/&gt;Peu après, il est soumis à la question pour avoir pratiqué des accouchements sans douleur. En fait  cette pierre intéresse au plus haut point le pape et son entourage.&lt;br/&gt;Sa fille Héluise doit soudoyer un garde pour tuer son père et lui épargner de nouvelles tortures. &lt;br/&gt;La  jeune lettrée  ayant appris le latin, le grec, l’astronomie, les mathématiques la médecine doit pour se protéger partir sur les routes habillée en homme. Elle prend sous sa protection un jeune garçon Huguelin et rencontre une comtesse obscure, des puissants  qui abusent de leur position et des pauvres hères sans espoir.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans ce roman,  Andréa Japp restitue l’époque noire de l’inquisition avec ses personnages inquiétants, une bête monstrueuse, des énigmes et des trahisons, des héros et des bourreaux.  Au suspens, s’ajoutent de fausses pistes dans lesquelles le lecteur se laisse prendre avec plaisir.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Aesculapius&lt;br/&gt;Les mystères de Druon de Brévaux.&lt;br/&gt;Andréa H. Japp&lt;br/&gt;Flammarion&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>Anges</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:47:12 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_Anges_files/14389.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object016_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:209px; height:306px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;Anges&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans une autre vie Colline  ne pesait pas 109 kilos, et n’était pas meurtrière. Elle  se nommait Lynn et était l’un des mannequins les plus recherchés de la planète. Sa vie était un conte de fée version téléréalité. Mais on ne rit pas dans le monde de la mode. On ne vit pas non plus. Alors un jour elle plaque tout et revient se cacher en Normandie, se lançant un défi impossible : s’offrir un ange pour son usage  personnel.&lt;br/&gt;Les sceptiques diront que trouver un ange n’est pas chose aisée. C’est vrai mais pas quand on a l’habileté de Colline qui ne désire qu’un castrat : un ange sans péché, sans désir, sans sexe. Du moins le croit-elle dans son délire.&lt;br/&gt;Employée dans une boutique de bricolage, elle est sous contrôle judiciaire  pour enlèvement et séquestration sur un jeune garçon mais sa vie est tranquille, son patron n’est jamais là et ses fenêtres donnent juste sur la pension Saint Joseph pour garçons. Ca tombe bien mais la tâche n’en est pas moins ardue et parfois Colline se réveille après d’épouvantables cauchemars : celui de ses anges ratés  dont elle a gardé les attributs dans des bocaux de formol. &lt;br/&gt;Au début de sa quête mystique en effet, elle était maladroite et plus d’un jeune garçon est monté directement au ciel dans des souffrances dantesques. Les trois premiers  morts pendant la purification  l’ont été à cause de sa maladresse. Elle s’était servie d’un fer à souder et d’un sécateur. Ensuite elle est passée aux pinces coupantes et au fer à repasser. Pas plus efficace, les « élus », une bonne dizaine  tout de même continuaient de disparaître. &lt;br/&gt;Et puis apparaît David, 13 ans, beau comme un chérubin. Il est à la pension, elle correspond avec lui par SMS enflammés, il tombe amoureux d’elle jusqu’à ce qu’elle lui donne rendez-vous et qu’il découvre l’enfer. Le vrai.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Le premier roman de Julie Grelley est implacable de cruauté, de calcul, de folie. En psychopathe d’une rare intelligence, Colline trompe son monde et surtout elle-même en stratège absolu.&lt;br/&gt;Elle a fait de la prison, elle a payé sa dette à la société et ses problèmes viennent de son expérience traumatisante de mannequin. C’est tout, elle  a changé et n’a plus rien à se reprocher.&lt;br/&gt;Entre mysticisme et schizophrénie Julie Grelley n’épargne aucun mécanisme mental de son héroïne dérangée à ses lecteurs pas plus que les détails sanguinolents des meurtres pudiquement nommés « purification ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Si des dizaines de thrillers paraissent chaque année sur le thème de la pédophilie masculine, rares sont ceux qui abordent le thème encore plus tabou des femmes prédatrices d’enfants. &lt;br/&gt; Julie Grelley réussit sur cette  réalité plutôt ignorée un roman dérangeant d’une grande puissance qui tient en haleine du début à la fin entre suspens, démence et mysticisme.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Julie Grelley&lt;br/&gt;Anges.&lt;br/&gt;Albin Michel 184p&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette chronique est parue dans le Magazine des livres&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>UN CRI POUR DEUX</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:37:30 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_UN_CRI_POUR_DEUX_files/9782226195739g.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object013_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:316px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Armel a eu une sœur jumelle, morte à sa naissance. La jeune gouvernante au service de la famille aime tant le petit garçon que l'enfant qu'elle mettra au monde avant de mourir dix ans plus tard se nommera Armelle.&lt;br/&gt;Dès lors Armel n'aura d'autre obsession que de retrouver la petite fille qu'il verra une fois à un an puis de suivre de loin la jeune fille, la jeune femme, la femme mûre. Il l'accompagnera toute sa vie durant, saura tout ou presque d'elle, son mariage, la naissance de son fils, son divorce. &lt;br/&gt;Se renseignant par des amis communs ou grâce à des annuaires, il la suit, la rencontre sans se découvrir et surtout fantasme  sur cette Armelle qui dans son esprit a remplacé la jumelle perdue.&lt;br/&gt;S'interdisant tout autre attachement, il vit dans l'espoir hypothétique qu'un jour ils seront réunis pour toujours. Mais rêver est bien plus confortable que forcer une rencontre et c'est dans la plus grande tradition romantique que l'auteur laisse à la dernière page la porte d'une rencontre largement ouverte. Ces deux destinées réunies soixante années durant par le seul amour d'une femme  qui a rejoint trop jeune le royaume des ombres vont-elles enfin se trouver ?&lt;br/&gt; Le héros qui a mené son existence en évitant de rencontrer l’autre,  terrifié par la réalité qui se serait alors substituée au rêve va-t-il sauter le pas de la réalité ?&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans ce roman à deux voix, Joël Schmidt invente une histoire qui est peut-être réelle : il a bien eu une jumelle mort-née, la fille de sa gouvernante tant aimée se nomme bien Joëlle, mais il n'en sait pas  beaucoup plus. A-t-elle connaissance de son existence, lit-elle ses livres avec dévotion, a-t-elle, elle aussi les même sentiments ambivalents que lui à son égard ? Impossible de le savoir. &lt;br/&gt;Alors il imagine, il fait de Joëlle, sa muse, son inspiratrice, sa Princesse des songes. Cette femme aimée et impossible à aimer puisque jumelle,  aussi idéalisée soit-elle, ne peut être sienne.&lt;br/&gt;Toute la force du livre de Joël Schmidt réside dans cette quête de l'idéal, cette fuite vers l'avant que même la rencontre tant désirée ne résoudrait pas puisqu'elle serait incestueuse.&lt;br/&gt;Il y a trois décennies déjà, Joël Schmidt abordait le thème de la gémellité perdue dans Casino des brumes. Aujourd'hui, à soixante dix ans, il raconte une histoire d'amour universelle. Celle de  l'amour romantique, jamais déçu, toujours pur puisque voué à n'être pas consommé ailleurs que dans les songes.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Joël Schmidt&lt;br/&gt;Un cri pour deux&lt;br/&gt;Albin Michel, 204p.&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>GUIDE DE L’INCENDIAIRE...</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:35:05 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_GUIDE_DE_LINCENDIAIRE..._files/guide-incendiaire.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object012_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:327px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;GUIDE DE L’INCENDIAIRE DES MAISONS D’ECRIVAINS EN NOUVELLE ANGLETERRE.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A cause d’un tout petit mensonge concernant un acte commis bien des années auparavant, la vie tranquille de Sam Pulsifer va se transformer en enfer.&lt;br/&gt;Il a certes dans jeunesse incendié accidentellement la maison d’Emile Dickinson et tué deux personnes, mais il a effectué dix longues années de prison et a racheté sa faute.&lt;br/&gt;Lorsqu’il rencontre la femme de sa vie il omet donc de l’informer de ce détail. Quant à la question légitime qu’une jeune mariée peut se poser au sujet de ses beaux parents, il lui répond qu’ils sont morts, alors qu’ils habitent à quelques kilomètres.&lt;br/&gt;Bien sûr, le destin va frapper et Sam Pulsifer se retrouver un jour devant le fils des gens qu’il a tué, ne s’étant jamais remis d’être devenu orphelin à plus de quarante ans. &lt;br/&gt;A partir de ce moment-là, le roman va devenir un joyau d’humour noir. Brock Clarke, un enseignant en littérature va faire voler en éclats tous les codes sociaux avec en premier lieu le rapport que l’on a avec ses parents. Les parents du héros sont alcooliques, infidèles, menteurs, manipulateurs. Sous des dehors policés, il s’aperçoit qu’ils lui ont toujours caché la verité  et que ce n’est pas un hasard qu’il les ait ainsi zappés un moment de sa propre vie.&lt;br/&gt;Son père « veillait tard, buvait du vin en cubitainer et s’inquiétait des lettres manquantes comme un autre père pourrait veiller tard, boire du café et s’inquiéter de son fils ou de sa femme disparue ». Le monde à l’envers. Quant à sa mère, elle boit tout autant  et si elle se soucie en apparence un plus de lui, c’est franchement à contretemps.&lt;br/&gt;Tandis que Sam se pose la question « combien peut-on avoir de parents dans une vie », le vieil orphelin choisit ceux de Sam comme père et mère par défaut et les incendies de maisons d’écrivains reprennent dans la région. Embrasements naturellement imputés au héros qui dans ce monde devenu fou, dans une famille ou « pas trop près semblait être devenue à la fois la devise et la malédiction »  n’a même plus la force de se défendre.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Guide de l’incendiaire des maisons d’écrivains en Nouvelle-Angleterre.&lt;br/&gt;Brock Clarke&lt;br/&gt;Albin Michel, 428p.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Chronique parue dans le Magazine des livres de septembre 2009&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>INTRUSION&#13;</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:32:46 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_INTRUSION_files/9782845633568.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object011_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:343px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;Médecin brillant, spécialiste des pathologies du comportement, Cyrille Blake mène une vie rêvée : mariée à un chercheur nobélisable d’ici quelques semaines, ayant créé sa propre clinique, tout va pour le mieux. Ses recherches la passionnent, son mari a tout de l’homme idéal.&lt;br/&gt;Jusqu’au jour où elle reçoit un jeune homme en consultation, Julien Daumas. Il va mal a des problèmes d’insomnie, de mémoire. Rien de bien inquiétant pour l’experte qu’elle est.&lt;br/&gt;Fait troublant, Julien semble bien la connaître, lui demande pourquoi elle  fait semblant de le considérer comme un étranger, lui affirme qu’il la préférait en blonde.&lt;br/&gt;Elle tombe des nues, ne se souvient absolument pas de lui et lui donne rendez-vous pour le lendemain. Rendez-vous auquel il ne viendra pas bien qu’il ait laissé en évidence la clé de son appartement sur le bureau de la jeune femme.&lt;br/&gt;Perplexe, elle consulte ses archives et découvre qu’elle l’a bien soigné dix ans plus tôt alors qu’elle était interne. S’aperçoit dans la foulée qu’elle a oublié tout un pan de son passé, dont un voyage à Bangkok alors qu’elle était jeune mariée.&lt;br/&gt;Son inquiétude est à son comble. Devant la détresse de son mari qui souhaite la faire soigner, ce qu’elle traduit par interner, elle se lance dans une enquête sur sa vie, la mémoire, les manipulations dont elle a pu être victime à son insu. Elle repart à Bankok afin de retrouver les pièces manquantes du puzzle.&lt;br/&gt;Pour son premier roman, Helena Sender, journaliste à Sciences et Avenir maîtrise les codes du thriller dans lequel elle mêle les mystères de la mémoire, l’éventuelle possibilité d’introduire de faux souvenirs, les essais scientifiques, les rebondissements inattendus et surtout le fait inquiétant qu’en matière de neurologie, la science n’en est qu’à la préhistoire. Intrusion porte un titre on ne plus approprié et ne cesse d’inquiéter bien longtemps après avoir refermé la dernière page.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Elena Sender &lt;br/&gt;Intrusion&lt;br/&gt;XO editions, 411p.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette chronique est parue dans le Magazine des livres de mars 2010&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>LE DERNIER RENDEZ-VOUS</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:29:17 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_LE_DERNIER_RENDEZ-VOUS_files/9782259211833.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object010_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:352px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Pierre est veuf, Marie a vécu un chagrin d’amour dont on ne se remet que lentement. Vingt ans les séparent. Ils se croisent à Florence où Pierre est revenu admirer une fois de plus « l’Annonciation ».&lt;br/&gt;Pris d’un malaise, lui le battant qui a des problèmes cardiaques doit se reposer un moment. Marie lui propose son aide. Il vont prendre un café et l’existence prend pour eux un nouveau départ, une seconde chance. &lt;br/&gt;Pierre qui se sentait encore jeune prend conscience que « la tête dit une chose, le corps une autre ». Marie devine  « qu’il a du être un homme d’action ». Il a été architecte, a tout réussi, sauf ses rêves d’être un véritable artiste. Marie, elle à cinquante et un ans a toujours vécu comme une adolescente. Son seul ancrage est une petite maison en Italie.&lt;br/&gt;Et c’est comme deux jeunes gens qu’ils vont s’aimer entre l’Italie, la Californie, la Grèce. Un beau rêve éveillé où le vieil homme retrouve la maladresse de ses quinze ans avant le premier rendez-vous, mais où point l’urgence de l’âge, la possibilité de la dernière fois à chaque page. &lt;br/&gt;Sur la côte ouest, il loue une moto pour « faire la route » mais déjà l’euphorie des débuts de l’histoire est terminée &lt;br/&gt;Marie reprend ses appareils et immortalise sans fin la mer, les oiseaux. Ses photos sont exceptionnelles. On lui demande un reportage, elle fait un aller-retour en France. Pierre lui recommence à peindre. Avec l’illusion  qu’il sait feinte de la jeunesse qui revient, la réminiscence du passé, de mai 68.&lt;br/&gt;Complicité, partage, rires, cette histoire qui pourrait n’être qu’une belle romance est une réflexion sur l’âge, sur la mort, la dernière expérience. A-t-on droit a une deuxième chance lorsque la première, celle de la vraie jeunesse et de ses inévitables erreurs sont passées ? Dispose-t-on de deux vies dont la première serait le brouillon de la seconde ?&lt;br/&gt;Peut-être. Dans le meilleur des cas. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Catherine Briat a imaginé dans ce roman à deux voix,  très maîtrisé ce que serait « une belle fin de vie » libérée des pesanteurs de l’habitude, sans ancrage dans la vie quotidienne. Son « dernier rendez-vous » est une métaphore sur le temps qui passe, un questionnement  quasiment philosophique sur l’existence. La mer, la nature sont très présents. Les personnages ne se fixent jamais, comme réunis dans une bulle fragile. Pierre ne supporte plus son appartement parisien, il a besoin comme elle de l’immensité du grand large. Ils sont en permanence dans les allers retours de l’espace et du temps, de la réflexion laïque et spirituelle. Pierre qui a toujours été agnostique prend  de la distance,  comprend qu’il s’est perdu dans le travail sans réaliser le chef d’œuvre architectural dont il rêvait.&lt;br/&gt;Le grand mystère de la condition humaine s’impose à lui. Trop tard ? Il va partir à nouveau, dans cette »insupportablité de lui-même », devenir une comète qui passe dans le ciel. &lt;br/&gt;La réussite du roman, hommage au père de l’auteur tient dans ce fil tendu à l’extrême entre la fin de vie inexorable mais qui  peut-être belle parfois et la fuite comme seule solution,  la lumière que l’on ne craint plus.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Catherine Briat&lt;br/&gt;Le dernier rendez-vous&lt;br/&gt;Plon, 200p.&lt;br/&gt;Cette chronique est parue dans le Magazine des livres de mars 2010&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>Le grand Carmouzier</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:27:26 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_Le_grand_Carmouzier_files/9782351640999.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object009_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:306px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;Qui ne se souvient de Patrick Carmouze, à sa grande époque complice préposé aux ratages des émissions de Christophe Dechavanne ?&lt;br/&gt;Chaque objet qu’il présentait, chaque gag qu’il tentait, tombait lamentablement à l’eau provoquant le rire du public. De cette particularité, l’auteur en a tiré un néologisme,  la Carmouzerie, soit l’incapacité de faire fonctionner un objet relevant de la plus haute technologie ou très quotidien. En bref l’échec qui généralement provoque le rire.  L’histoire contemporaine ou non est naturellement composée de Carmouzeries et ce dans tous les domaines. Patrice Carmouze se fait une joie de réunir les ratages et stupidités en tout genre. En politique lorsque Ségolène Royal déclara de retour des Etats Unis : « j’ai inspiré Obama et ses équipes m’ont copiée ! » ou Bertand Delanoë : «  le vrai changement au Ps  ce serait de gagner ! ». &lt;br/&gt;Mais il n’y a pas que les hommes politiques de gauche qui inspirent Carmouze, François Feldman qui lors d’un télethon s’écrie « Allez tout le monde debout ». Léger froid dans la salle. Le Concorde, Vietnam industriel, le parfum bic qui fait un flop. Les scandales politiques ont également amusé l'auteur : le scandale du Rainvow warrior, l’affaire des avions renifleurs, les ministres nommés par erreur : Xavier Deniau, Jean-Michel Boucheron ; ceux qui n’ont fait qu’une visite éclair au gouvernement : Léon Schwartzenberg, une semaine, JJSS, douze jours.&lt;br/&gt;Les morts,  annoncés prématurément : Marcel Dassault, Monica Vitti, Pascal Sevran Et puis les ratages en tous genres Chantal Goya chez Patricck Sabatier, Jacques Chirac qui déclara en 1997 « je porte un toast en l’honneur de l’URSS ».&lt;br/&gt;Les journalistes ne sont pas épargnés n'ont plus : «  le bébé à deux têtes se porte bien » (Le soir Marseille) ; un type qui tue sa femme n’est pas vraiment un assassin » (le nouvel obs), un père de 18 enfants assassiné à Strasbourg place des orphelins…&lt;br/&gt;Les Carmouzeries sont innombrables, pas forcément indispensables mais franchement drôles. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Patrick Carmouze&lt;br/&gt;Le grand Carmouzier&lt;br/&gt;Chiflet &amp;amp; cie&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>LE ROMAN DE L'ETE&#13;</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:22:10 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_LE_ROMAN_DE_LETE_files/couv.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object008_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:303px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;John, ancien assureur, futur écrivain  réunit toutes les conditions pour mener à bien l’écriture d’un bon roman à « l’ancienne » à la Modiano, à la Le Clézio : une confortable maison donnant sur la mer dans le Cotentin, du temps, des moyens financiers et l’envie d’écrire.&lt;br/&gt;Ne lui manque que le sujet . Malgré sa bonne volonté « ça vient pas ». Vaincu par l’angoisse de la page blanche mais enchanté ou désabusé par les conversations de ses proches, il en arrive à imaginer un livre qui ne serait qu’une succession d’incipit…&lt;br/&gt;Car le véritable problème de John, est en fait son entourage, très présent : son voisin d’abord, un beauf obtus qui le harcèle pour obtenir la permission de creuser une fenêtre qui donnerait sur la mer et le jardin de John. &lt;br/&gt;Ensuite,  sa fille  qui s’invite avec son ami musicien sans « sexytude » et une superbe italienne qui ne la laisse  pas indifférente. Une ancienne maîtresse qui se rappelle  à lui. Le maire UMP, vrai nouveau riche et ancien comparse qui ne lui laisse aucun répit  afin qu’il assiste à la soirée d’ouverture de sa salle des fêtes Jacques Prévert. Un « vrai » écrivain, présentateur de télé accompagné de son nègre est de passage pour la promo de son livre. John doit à tout prix les connaître.&lt;br/&gt;S’ajoute à ce tableau un couple bobo sympathique politiquement correct, Emmanuelle et Vincent, un groupe d’ados de banlieue plus vrais que nature et en vedette américaine le président Sarkozy lui-même.&lt;br/&gt;Autant d’obstacles à l’écriture du roman du siècle.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Nicolas Fargues est très à l’aise dans la description de ces personnages représentatifs de la société française, dans la traque des ridicules de l’époque, du langage parlé, des nouveaux modes de vie, de la vieillesse qui arrive. Il est aussi crédible quand il emprunte le langage  pseudo branché « t’es sur facebook ? » que le parler prolétaire de son voisin,  ou encore celui des ados de banlieue « Hé kéjéfé ? » ou les « tu m’étonnes » d’Emmanuelle, scandalisée que John ait pu voter Sarkozy tout en déplorant que la gauche n’existe plus.&lt;br/&gt;Rien n’échappe à la sagacité de Fargues : ni le cynisme des uns, ni l’arrivisme des autres, ni la fatuité de ceux qui se sentent arrivés, ni la cruauté de la vie qui passe et laisse les rêves et la beauté des femmes au bord de la route.&lt;br/&gt;Dans ce roman différent de ses précédents, moins personnel peut-être sauf si l’on voit en John un double de l’auteur, le romancier excelle en observateur ambitieux et sans pitié. Comme dans ses précédents romans, l’humour est toujours là, mais la gravité peut être plus assumée de ce livre démontre une fois de plus que « l’enfer, c’est les autres » et que le talent de Fargues n’est plus à démontrer.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;LE ROMAN DE L’ETE&lt;br/&gt;Nicolas Fargues&lt;br/&gt;POL 324p.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Chronique parue dans le Magazine des livres de novembre 2009&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>LES DERNIERS JOURS DE STEFAN ZWEIG</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:19:30 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_LES_DERNIERS_JOURS_DE_STEFAN_ZWEIG_files/9782081231894.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object007_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:336px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;En 1941, alors qu’il a fui l’Allemagne depuis longtemps déjà, que sa vie n’est plus qu’errance, remords et champ de ruines, Stefan Zweig s’installe à Pétropolis en Argentine. Il espère enfin écrire, être tranquille après l’Angleterre, les Etats-Unis, ou il était devenu le « Premier Consul des Juifs Apatrides ». A New York, il avait retrouvé le « tout Berlin et le tout Vienne » ayant perdu de sa superbe. Des gens, des anciens amis désespérés ne cessant de lui quémander un appui pour un visa. &lt;br/&gt;Il est à bout, il s’en veut de ne pas donner suite, et prétexte la maladie de sa femme asthmatique pour partir loin. &lt;br/&gt;Il pressent que « 1941 serait l’année la plus épouvantable de l’histoire et 1942 pire encore ». Le monde qui l’avait sacré écrivain, est mort, la plupart de ses proches également. Il fuit, hanté par ses rêves et ses manques. Joseph Roth qui avait eu le courage de lutter contre le Reich vient le visiter la nuit et avec lui toute la barbarie nazie qui a éliminé sa femme schizophrène &lt;br/&gt;A Pétroplis, la vie est plus douce, le climat plus clément, mais les nouvelles terribles. Tout le ramène au passé : quand il déballe ses livres, la joie d’en retrouver certains fait place à l’amertume : s’il a pu conserver le manuscrit original de l’œuvre de Mozart,  le journal de Beethoven lui, est tombé entre les mains de Goering, tout comme les quatre mille autographes, les lettres de Rilke, les manuscrits de Goethe…&lt;br/&gt;En décembre 1941, tandis que sa femme se réjouit de l’entrée en guerre de l’Amérique. Il apprend les rafles et l’assassinat de dix mille juifs à Minsk Les jours heureux reviendront lui dit-elle, mais il n’y croit plus, lui qui « a la mort pour unique compagne ».&lt;br/&gt;Zweig a-t-il vraiment voulu se reconstruire, oublier en s’installant à Rio ? A lire Laurent Seksik, rien n’est moins sûr. Peut-être a-t-il seulement voulu donner quelques mois de plus à son histoire d’amour avec Lotte, mais son suicide semble annoncé.&lt;br/&gt;C’est toute la force du roman : l’un des plus grands auteurs du XXème siècle sait qu’il ne retrouvera plus son monde disparu à jamais et n’a pas envie d’une autre vie. Pas l’énergie surtout. Il a trop manqué aux siens, n’est pas resté, ne s’est pas battu. Il a perdu l’estime de lui-même et ni l’écriture ni l’amour ne peuvent lui rendre le goût de la vie. Même l’idée « d’écrire des livres qui ne seront pas la proie des flammes » ne le sauve  de lui-même. Il est parvenu au bout du chemin.&lt;br/&gt;En réinventant les derniers mois de la vie de Stefan Zweig, Seksik met l’accent sur la tragédie de celui qui ne supporta pas de  vivre l’horreur à distance  en spectateur impuissant et préféra disparaître avec son dernier amour.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Les derniers jours de Stefan Zweig&lt;br/&gt;Laurent Seksik&lt;br/&gt;Flammarion, 187p.&lt;br/&gt;Cette chronique est parue dans le Magazine des livres de janvier 2010&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>MATCH  ALLER.</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:17:30 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_MATCH_ALLER._files/9782081214095.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object006_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:328px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour son second roman,  Match aller, Julien Capron imagine une intrigue policière sur fond de tournoi de rugby. 11 meurtres, 22 joueurs, trois tueurs.&lt;br/&gt;L’inspecteur Fénimore Garamande va devoir se mesurer à des assassins lettrés qui n’hésitent pas à placer la première citation d’Héraclite dans la bouche d’une des victimes : « Contre le feu se changent toutes choses et contre toutes choses le feu, comme les biens contre l’or et l’or contre les biens ».&lt;br/&gt;Match aller prend donc des allures d’un grand jeu de piste policier autour de Méduse et de Persée. L’enquête  de Garamande, riche en rebondissements n’a rien à voir avec les thrillers contemporains mais tient à la fois du feuilleton populaire et mythologique&lt;br/&gt;En reliant trois mondes étrangers, le rugby, la mythologie et le meurtre en série l’auteur a voulu écrire le premier opus d’une série qui tienne le public en haleine. Partant du constat que « le sport fédère et que beaucoup de gens repensent leur appartenance par rapport au sport », se référant ainsi au grand mouvement populaire de 1998, Julien Capron a imaginé un roman au suspens efficace tenu par son écriture baroque et foisonnante. &lt;br/&gt;Match aller est un livre de passion. Aussi flamboyant que singulier. L’auteur attendu au tournant de ce second roman, toujours le plus difficile confirme son talent unique de conteur inclassable.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Match aller&lt;br/&gt;Julien Capron&lt;br/&gt;Flammarion, 562p.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Chronique parue dans le Magazine des livres de septembre 2009&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>Mauvaise fille</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:15:07 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_Mauvaise_fille_files/ref%3Ddp_image_0ie%3DUTF8%26n%3D301061%26s%3Dbooks.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object005_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:216px; height:216px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mauvaise fille,  Louise  est enceinte alors que sa mère atteinte d’un cancer va mourir. Elle n’a pas le droit de porter la porter la vie alors que sa mère s’en va. A ses yeux, elle est « cinglée, mauvaise, une catastrophe ambulante, un bloc de culpabilité, une punition ». Elle refuse d’allaiter en pensant au sein manquant de sa mère, le jour de l’enterrement, elle prend huit Prozac, s’habille avec un T Shirt ACDC de son mari. Qu’importe.&lt;br/&gt; Avant lorsque sa mère était encore en vie, elle volait dans les magasins,  piquait les affaires de sa belle-mère que celle-ci lui aurait volontiers donné pour elle sa mère adorée et libre. Mauvaise fille ou mauvaise mère ? Sublime mannequin des années soixante dix, Isabelle Doutreluigne  s’est vite abîmée dans l’alcool et la drogue, entourée de marginaux. Elle n’avait d’autre credo que la liberté. Oubliait d’aller chercher sa fille à l’école « c’est pas grave, tu as cinq ans, tu es grande et tu as toujours ton adresse autour du cou ». La laissait jouer avec « les médocs, les seringues et le shit », la laissait finir les verres d’alcool à six ans. Pas grave, sa beauté l’affranchissait de toutes contraintes. Sa gentillesse, son exubérance, son irresponsabilité faisait partie de son charme.&lt;br/&gt;Heureusement son père veillait. Bien que divorcé, il l’aidait, était toujours présent pour elle. Pour sa fille aussi qu’il élevait ne la laissant à sa mère  que de temps en temps puis plus tard, n’hésitant pas à faire un aller retour New York, Paris New York en vingt quatre heures pour voir quelques minutes sa petite fille à la maternité. Ce père qu’elle vénère.&lt;br/&gt;Dans ce chassé croisé poignant entre la vie te la mort, le portrait de cette mère qu’elle veut réhabiliter, Justine Lévy  hésite en permanence entre le drame et l’humour salvateur : le médecin mondain fier de soigner l’ex femme d’une personnalité, le prêtre déçu qu’à l’enterrement ne soient présents que des SDF alors qu’il s’attendait à une assemblée de people et de journalistes, le thanathopracteur qui a fait à sa mère une « bonne mine de travelo ».&lt;br/&gt;Mais derrière ce portrait se dessine en fait la vraie question : que signifie être une mère, qu’est ce que la maternité, que transmet-on ? L’enfant aurait-elle été plus heureuse si elle avait une mère plus conventionnelle ? Sans doute pas. Et Justine-Alice se pose la question la plus terrible qui soit : «  il m’arrive de me dire qu’elle est tombée malade pour qu’on se rapproche enfin ».&lt;br/&gt;Mauvaise fille est un livre grave dans lequel Justine Lévy se met à nu comme dans son tout premier roman écrit à vingt ans, « Le rendez-vous » qui déjà parlait de cette mère hors-normes. Elle ne s’épargne rien, cherche à comprendre qui était sa mère avec lucidité. Est sans cesse à  l’affût.  Y-a t-il une recette pour devenir mère à son tour ?&lt;br/&gt;Avec son écriture nerveuse, son honnêteté, sa lucidité, Justine Lévy n’est définitivement plus « fille de » mais  l’écrivain brillant, que l’on avait un peu oublié avec le tapage médiatique qui avait entouré la parution de son second roman. Un auteur accompli de trente cinq ans absolument pas en paix avec elle-même mais qui a sans doute écrit avec sa douleur l’un des meilleurs livres de l’année.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Justine Lévy&lt;br/&gt;Mauvaise fille&lt;br/&gt;Stock,&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette chronique est parue dans le numéro de septembre 2009 du Magazine des livres.&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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      <title>MES ILLUSIONS DONNENT SUR LA COUR.</title>
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      <pubDate>Sat, 16 Oct 2010 09:11:59 +0200</pubDate>
      <description>&lt;a href=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Entrees/2010/10/16_MES_ILLUSIONS_DONNENT_SUR_LA_COUR._files/mes-illusions-donnent-sur-la-cour.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ecrits-vains.com/EV/Livres/Media/object004_1.jpg&quot; style=&quot;float:left; padding-right:10px; padding-bottom:10px; width:172px; height:263px;&quot;/&gt;&lt;/a&gt;A priori le livre de Sacha Sperling a tout pour agacer : dix huit ans, beau gosse, fils de Diane Kurys et Alexandre Arcady, le jeune homme  s’ennuie entre l’Ecole Alsacienne, l’Ile Maurice et la Mamounia. &lt;br/&gt;De plus, présenté dès le printemps comme le nouveau Sagan (référence qui commence à dater) ou le clone de Beigbeider, il est de ces ouvrages que l’on rechigne à ouvrir. Ce qui serait dommage car le jeune écrivain fait preuve d’une grande maturité. &lt;br/&gt;Dans ce roman d'apprentissage, Sacha Sperling évoque ses tribulations arrosées de vodka, saupoudrés de cocaïne avec son meilleur ami-amant Augustin, ses histoires brèves et glauques avec des filles, ses relations tendues ou ténues avec ses parents divorcés. &lt;br/&gt;Photographe renommée,  sa mère l'a eu &amp;quot;toute seule&amp;quot;  et pense que l’argent remplace plus ou moins un père et l’amour ou le temps qu’elle lui consacre. Certes il connaît son géniteur mais ne partage rien avec lui et sa vie à l'orée de la classe de troisième part à la dérive. &lt;br/&gt;Entre films pornos regardés sur un portable, branlette à deux, refus des cours, les deux ados vivent le malaise adolescent exacerbé par l’argent, internet, le portable. &lt;br/&gt;Ainsi un soir, désœuvré, un peu jaloux, le narrateur, bi-sexuel comme Augustin ne supportant pas la nouvelle conquête de son ami, Martine, lui envoie un SMS de rupture avec l’accord amusé de celui-ci qui n’a qu’un commentaire « j’aime qu’on m’aime ». &lt;br/&gt;Manque de chance, Martine est amoureuse de lui, elle tentera de se suicider dans la nuit. Les deux garçons n’en sauront rien, ils partent le matin même en vacances en Tunisie et le portable d'Augustin n’a plus de batterie.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans ce premier roman, un certain romantisme encore à décrypter se mêle au cynisme le plus cruel . Avec des phrases courtes et percutantes Sacha Sperling met en scène des jeunes très paumés qui retournent leur violence contre eux-mêmes, ce qui est classique mais en n’épargnant pas leurs alter ego, ce qui l'est moins. Certaines scènes sont d’une violence stupéfiante, emblématique de leur malaise où  la dureté des rapports le dispute au désespoir de ces ados à la vie en apparence dorée. &lt;br/&gt;l’auteur  possède un ton, un style, son texte fourmille de phrases violentes et parfois très belles : « il faut accepter que ma vie soit vide de moi et pleine de lui ».&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mes illusions donnent sur la cour est un livre captivant,  un peu maladroit dans les dernières pages où l’auteur affirme sans convaincre qu’il n’est en rien autobiographique.&lt;br/&gt;Pourtant il ne fait aucun doute que son second roman sera très attendu alors que le premier donnera des frissons aux parents d’ados qui  comme le héros,  sortant d'une nuit blanche chaotique s'ennuie durant un cours sur Voltaire. Se détestant,  trouvant qu’il « pue l’alcool, la clope et les hormones il « quitte la salle de classe de la salle sans plus d’états d’âme.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sacha Sperling&lt;br/&gt;Mes illusions donnent sur la cour&lt;br/&gt;Fayard 260p.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette chronique est parue dans le numéro de septembre 2009 du Magazine des livres.&lt;br/&gt;Brigit Bontour</description>
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